 {"id":7,"date":"2012-11-02T20:12:35","date_gmt":"2012-11-02T19:12:35","guid":{"rendered":"http:\/\/chanin.cluster015.ovh.net\/?page_id=7"},"modified":"2012-11-08T16:29:15","modified_gmt":"2012-11-08T15:29:15","slug":"la-vie-en-alpage","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/la-vie-en-alpage\/","title":{"rendered":"la vie<\/br> en alpage"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/vachalpage.gif\" alt=\"\" width=\"376\" height=\"270\" align=\"center\" border=\"0\" \/><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#1\">1.La vie rurale <\/a> <a href=\"#1\">en montagne<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#2\">2.La vie sur l&rsquo;alpage<br \/>\n<\/a><a href=\"#2a\">2a. Les travaux en alpage<br \/>\n<\/a><a href=\"#2b\">2b. Le combustible<br \/>\n<\/a><a href=\"#2c\">2c. L&rsquo;eau<br \/>\n<\/a><a href=\"#2d\">2d. Le mobilier<br \/>\n<\/a><a href=\"#2e\">2e. Le transport<br \/>\n<\/a><a href=\"#2f\">2f. Le climat<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#3\">3. Bibliographie<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"#contact\"> Contact<\/a><\/p>\n<h3 align=\"left\"><a name=\"1\"><\/a>1.La vie rurale en montagne<\/h3>\n<p><span class=\" lettrine\">L<\/span>es familles \u00e9taient nombreuses, et plusieurs g\u00e9n\u00e9rations vivaient rassembl\u00e9es dans la ferme familiale. Cela faisait trop de monde pour pouvoir vivre sur les seules bonnes terres autour des villages. En effet le long hiver impose de faire une r\u00e9serve de foin tr\u00e8s importante, ce travail est le plus commode dans les environs du village, car l&rsquo;altitude (vers 1500 m et 1700 m) favorise la pousse de l&rsquo;herbe, et que le transport est moins long jusqu&rsquo;aux vastes granges. L&rsquo;objectif de l&rsquo;exploitation \u00e9tait d&rsquo;atteindre une autarcie maximale. Et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s charg\u00e9 en travail pour les hommes et pour les terres. Il fallait produire les l\u00e9gumes, les pommes de terre, le grain, et le foin pour toute l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Les terres d&rsquo;en bas ne suffisaient m\u00eame pas, et il fallait aller faire les foins en altitude en fauchant \u00e0 petit rendement de l&rsquo;herbe rase. Afin de r\u00e9server les pr\u00e9s les plus rentables pour la production du foin, les b\u00eates sont conduites pour p\u00e2turer le plus haut possible, elles suivent en fait la repousse de l&rsquo;herbe apr\u00e8s la fonte de la neige. Les b\u00eates sont sorties en avril ou mai aux alentour du village, en juin il est possible de les conduire dans le chalet d&rsquo;alpage de moyenne altitude qui est vers 1700-1800m, puis en juillet dans le chalet d&rsquo;altitude (2100-2300 m). Au d\u00e9but septembre, lors des premi\u00e8res neiges, les b\u00eates sont redescendues au chalet interm\u00e9diaire pour un moins puis tout le monde retourne au village.<\/p>\n<p>Ce concept d&rsquo;alpage est tr\u00e8s ancien, ainsi de nombreux noms de lieux d&rsquo;alpage ne peuvent s&rsquo;expliquer qu&rsquo;\u00e0 partir du latin et non pas du patois, de l&rsquo;italien ou du fran\u00e7ais. Actuellement diff\u00e9rents facteurs font qu&rsquo;il n&rsquo;est plus n\u00e9cessaire de se d\u00e9placer dans les chalets d&rsquo;alpage. D&rsquo;abord il y a l&rsquo;exode rural a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement fort dans ces r\u00e9gions o\u00f9 le travail est trop dur. En montagne, les rendements sont bien entendu plus bas qu&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral possible de faire qu&rsquo;une seule r\u00e9colte dans l&rsquo;ann\u00e9e, et elle est relativement maigre, elle demande plus de peine (les machines sont plus petites ou m\u00eame inutilisables), et le risque d&rsquo;accident est plus important.<\/p>\n<p>La Suisse a prot\u00e9g\u00e9 ce travail en montagne par des subventions, afin de donner les m\u00eames chances aux exploitations de plaine qu&rsquo;\u00e0 celles de montagne. Ils ont pu ainsi pr\u00e9server les exploitations et les produits traditionnels. En France, dans les r\u00e9gions \u00e9quip\u00e9es pour le ski le travail agricole (surtout estival) se compl\u00e8te bien avec un travail li\u00e9 au tourisme hivernal. Dans ces r\u00e9gions, l&rsquo;exode rural a \u00e9t\u00e9 limit\u00e9, permettant de conserver l&rsquo;exploitation des terres pas trop difficiles \u00e0 travailler. Mais l&rsquo;alpage a rarement conserv\u00e9 son caract\u00e8re, soit il est sur-\u00e9quip\u00e9 pour le ski, soit il est \u00e0 l&rsquo;abandon.<\/p>\n<p>L&rsquo;alpage a \u00e9t\u00e9 progressivement abandonn\u00e9 (en tout cas dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Arvan) \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 60. L&rsquo;apparition des parcs \u00e9lectriques permet de laisser des b\u00eates en altitude sans surveillance permanente, les vaches laiti\u00e8res \u00e9tant conserv\u00e9es aux alentours de la ferme du village (il y a maintenant assez de terres en bas). Cet abandon de l&rsquo;habitat en alpage est compr\u00e9hensible : si c&rsquo;est tr\u00e8s agr\u00e9able et apporte un charmant d\u00e9paysement pour le citadin d&rsquo;aller habiter dans des conditions rustiques plus proche du campement que du confort, c&rsquo;est tout \u00e0 fait autre chose pour celui (celle) qui est forc\u00e9 d&rsquo;y habiter de fa\u00e7on permanente pendant plusieurs mois pour son travail. Seuls quelques chalets accessibles par une piste ont pu garder leur vocation originelle, mais ils ne sont en g\u00e9n\u00e9ral plus habit\u00e9s depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es puis qu&rsquo;il est alors plus confortable de redescendre au village apr\u00e8s le travail avec les b\u00eates. Quelques chalets de moyenne altitude ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en villa de vacance, avec agrandissement des fen\u00eatres, cr\u00e9ation d&rsquo;ouvertures sur le toit ou dans le pignon pour am\u00e9nager la grange, construction de chemin\u00e9e ma\u00e7onn\u00e9es, cr\u00e9pit de ciment ou cr\u00e9pis faussement rustique, chaudrons transform\u00e9s en jardini\u00e8re accroch\u00e9s sous le toit, volets avec des Z peints en rouge, la pose de frisette vernie, c&rsquo;est sans doute tr\u00e8s confortable, mais, c&rsquo;est aussi , d&rsquo;une autre mani\u00e8re la mort d&rsquo;un chalet d&rsquo;alpage, et d&rsquo;un go\u00fbt tr\u00e8s discutable par son m\u00e9pris du style de construction et de vie de la montagne de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Les chalets dont l&rsquo;acc\u00e8s est plus difficile, en particulier les chalets de haute altitude ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s. M\u00eame si leur construction est bien faite, ils ne tiennent pas ind\u00e9finiment sans entretien. D\u00e8s qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment commence \u00e0 se d\u00e9grader, une br\u00e8che et faite dans la d\u00e9fense contre le climat violent de montagne et la d\u00e9gradation est rapide. Il suffit qu&rsquo;une t\u00f4le manque sur un toit, ou qu&rsquo;une porte soit ouverte pour que le chalet soit pratiquement condamn\u00e9 \u00e0 tr\u00e8s court terme \u00e0 cause du vent et des intemp\u00e9ries. Actuellement, il ne reste que tr\u00e8s peu de chalet d&rsquo;alpage en \u00e9tat correct comme t\u00e9moins de ce cette vie montagnarde. Au jug\u00e9, sur 10 chalets d&rsquo;altitude pr\u00e9sents sur les photographies a\u00e9riennes et les cartes d&rsquo;apr\u00e8s guerre, il en a seulement un o\u00f9 il reste quelque chose de r\u00e9cup\u00e9rable. En moyenne altitude, il en reste peut \u00eatre cinq, dont un a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en pavillon.<\/p>\n<p>Le conseil G\u00e9n\u00e9ral de Savoie ne fait rien pour aider \u00e0 reconstruire ou conserver ce patrimoine hors des zones des parcs. Ils ne sont \u00e0 m\u00eame ni de donner une subvention, ni de conseiller sur l&rsquo;architecture traditionnelle locale, et visiblement, ils n&rsquo;imposent pas de normes strictes sur la construction en montagne de b\u00e2timents modernes, ni sur la transformation des maisons traditionnelles. Si le bilan n&rsquo;est pas tr\u00e8s brillant du point de vue architectural dans cette r\u00e9gion, du point de vue de l&rsquo;environnement, cela va mieux, la cr\u00eate faisant la fronti\u00e8re sud de la Savoie est assez peu ab\u00eem\u00e9e par les am\u00e9nagements de ski, et assez peu pollu\u00e9e par les avions de tourisme. Cela rend cette r\u00e9gion int\u00e9ressante pour la sauvegarde de chalets d&rsquo;alpage, sur l&rsquo;un ou l&rsquo;autre versant. Le conseil G\u00e9n\u00e9ral des Hautes-Alpes est beaucoup plus attentif \u00e0 la sauvegarde de son patrimoine, cela lui permet d&rsquo;avoir conserv\u00e9 des villages entiers sans que des transformations ou des cr\u00e9ations ne g\u00e2chent l&rsquo;aspect ext\u00e9rieur. Le CAUE du 05 subventionne la r\u00e9fection des toitures avec une couverture traditionnelle, et poss\u00e8de la comp\u00e9tence lui permettant de donner des conseils en architecture traditionnelle. Cette politique a permis de conserver au pays de montagne de ce d\u00e9partement des artisans capable de fabriquer et de poser les mat\u00e9riaux traditionnels. En Savoie, pour trouver des bardeaux et des poutres correspondant aux sp\u00e9cifications traditionnelles, il m&rsquo;a fallu expliquer en d\u00e9tail ces sp\u00e9cifications \u00e0 tous les professionnels contact\u00e9s.<\/p>\n<h3 align=\"left\"><a name=\"2\"><\/a>2. La vie sur l&rsquo;alpage<\/h3>\n<h4><a name=\"2a\"><\/a>2a. Les travaux en alpage<\/h4>\n<p>Les femmes et les jeunes enfants habitent tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9 au chalet sans redescendre. Les t\u00e2ches principales sont li\u00e9es \u00e0 la production et au travail du lait. Ce travail est assez important et doit se faire tous les jours quel que soit le temps. Il faut ainsi garder les b\u00eates (vaches, ch\u00e8vres, parfois des moutons), les rentrer dans le chalet et les traire deux fois par jour, \u00e9cr\u00e9mer le lait, faire le beurre et le fromage tous les jours. Une des corv\u00e9es quotidiennes est de sortir le fumier, quel que soit le temps. Traditionnellement, cela se fait avec une sorte de brancard (caisse sur laquelle est fix\u00e9e de chaque c\u00f4t\u00e9 par des barres permettant de la porter \u00e0 deux), la brouette n&rsquo;est apparue que r\u00e9cemment. Le fumier est ensuite transport\u00e9 dans les terres avec le mulet. A c\u00f4t\u00e9 de cela, il faut cr\u00e9er et entretenir un petit potager, nourrir quelques cochons, faire du foin dans les meilleurs coins de l&rsquo;alpage.<\/p>\n<p>Les hommes montent environs une fois par semaine avec le mulet pour apporter du ravitaillement, et plus souvent au moment de faire les foins en altitude, car il faut alors en descendre la plus grande partie au village. L&rsquo;herbe est coup\u00e9e d\u00e8s 5 ou 6h du matin par les hommes \u00e0 la faux, ce travail qui \u00e9puise un d\u00e9butant en 1\/2 heure peut \u00eatre maintenu par un professionnel des journ\u00e9es enti\u00e8res. La lame est aiguis\u00e9e avec une enclume et un marteau (pour rattraper les trous faits par les pierres dans le tranchant), puis avec une pierre mouill\u00e9e dans une poche en bois pleine d&rsquo;eau. Quand le foin est sec et retourn\u00e9 (par les femmes et les hommes), des gros ballots d&rsquo;une trentaine de Kg sont constitu\u00e9s, le lien de ces barillons est constitu\u00e9 d&rsquo;une barre de bois de 1m environ perc\u00e9e de trous dans lesquels passent trois cordes. Le n\u00cfud qui permet de serrer le foin contre cette barre est une simple cl\u00e9 faite autour d&rsquo;une clavette en bois. Le barillon est transport\u00e9 sur le dos (gr\u00e2ce \u00e0 la barre tenue au niveau des \u00e9paules) jusqu&rsquo;au chemin o\u00f9 le mulet prendra le relais. Un mulet transporte 2 ou 3 barillons.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 20, des c\u00e2bles a\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s afin de descendre rapidement ces barillons dans la vall\u00e9e sur une poulie. Ces c\u00e2bles arrivaient soit directement dans la grange, soit dans un pr\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9. Le barillon descendait \u00e0 vive allure sur ce c\u00e2ble, et les poulies \u00e9taient remont\u00e9es toutes ensemble un jour suivant. Parfois deux c\u00e2bles successifs \u00e9taient n\u00e9cessaires pour descendre du chalet d&rsquo;altitude jusque en bas. Cette id\u00e9e montre le caract\u00e8re tr\u00e8s entreprenant de ces agriculteurs, tendre un c\u00e2ble de 1 ou 2 Km dans la montagne n&rsquo;est pas une mince affaire, et ce c\u00e2ble repr\u00e9sentait un investissement important pour un foyer qui n&rsquo;avait pas beaucoup de liquidit\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, pratiquement aucun c\u00e2ble n&rsquo;est encore utilis\u00e9, alors qu&rsquo;ils l&rsquo;\u00e9taient encore il y a 10 ou 20 ans. Les c\u00e2bles sont souvent d\u00e9pos\u00e9s au sol, car le propri\u00e9taire serait responsable d&rsquo;un accident qu&rsquo;il provoquerait. Il serait aujourd&rsquo;hui difficile d&rsquo;avoir l&rsquo;autorisation de poser de tels c\u00e2bles aujourd&rsquo;hui, car ils sont dangereux pour les h\u00e9licopt\u00e8res. Les cartes de l&rsquo;IGN les signalent g\u00e9n\u00e9ralement.<\/p>\n<h4><a name=\"2b\"><\/a>2b. Le combustible<\/h4>\n<p>Le chalet d&rsquo;alpage d&rsquo;altitude peut \u00eatre de 100 \u00e0 300 m plus haut que la limite sup\u00e9rieure des arbres. Aussi est-il n\u00e9cessaire de monter le bois \u00e0 br\u00fbler. La meilleure solution est de couper les aulnes nains (arcosses) au printemps (qui montent un peu plus haut que les \u00e9pic\u00e9as, jusqu&rsquo;\u00e0 presque 2000m), de constituer des fagots, <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/PortagBois.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/PortagBoisp.jpg\" alt=\"\" width=\"282\" height=\"380\" align=\"Right\" border=\"0\" \/><\/a>puis de les monter \u00e0 l&rsquo;automne au chalet, quand ils sont d\u00e9j\u00e0 un peu moins lourds. Ils termineront de s\u00e9cher dans la grange, et seront parfaits \u00e0 la saison prochaine. Il est aussi possible de monter du bois coup\u00e9 dans la for\u00eat en contrebas, le bois est \u00e9galement tr\u00e8s dense et m\u00eame l&rsquo;\u00e9pic\u00e9a est alors un bon combustible.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle un mod\u00e8le de po\u00eale \u00e0 bois en fonte est partout utilis\u00e9. Il chauffe tr\u00e8s bien, et permet de faire la cuisine dans des chaudrons dont le fond plus \u00e9troit est fait pour s&rsquo;adapter aux ouvertures. Le po\u00eale est bien plus pratique que la chemin\u00e9e qui laisse \u00e9chapper une trop grande part de la chaleur dans le conduit. Le po\u00eale est allum\u00e9 le matin, pour faire le caf\u00e9 et chauffer le lait, et une soupe est mise \u00e0 mijoter, elle y restera toute la journ\u00e9e, le soir le feu s&rsquo;est \u00e9teint et la soupe n&rsquo;a plus qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre r\u00e9chauff\u00e9e. Selon l&rsquo;importance du chalet, le po\u00eale \u00e0 de 1 \u00e0 4 trous. Au lieu des anneaux qui sont courants pour la surface d&rsquo;une cuisini\u00e8re \u00e0 bois, une sorte de couvercle de r\u00e9cup\u00e9ration d&rsquo;une seule pi\u00e8ce est utilis\u00e9. Ces couvercles sont plus rapides \u00e0 enlever ou \u00e0 remettre que les anneaux. Les po\u00eales de cette \u00e9poque sont pratiquement tous aujourd&rsquo;hui en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat, car m\u00eame en retirant le tuyau l&rsquo;hivers, la condensation et l&rsquo;humidit\u00e9 font rouiller le fond du po\u00eale, les portes et les anneaux se cassent. Ce mod\u00e8le de po\u00eale peut encore \u00eatre achet\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une fabricant italien qui en fait d&rsquo;exactes r\u00e9pliques (voir la Quincaillerie Marisa \u00e0 Modane).<\/p>\n<p>La bouse s\u00e9ch\u00e9e est \u00e9galement un tr\u00e8s bon combustible, br\u00fblant doucement (et sans odeur). La bouse est s\u00e9ch\u00e9e en briques dans des moules, ou directement sur les t\u00f4les du toit (mais l&rsquo;acidit\u00e9 de la bouse fra\u00eeche oxyde les t\u00f4les). Le bois \u00e9tait surtout utilis\u00e9 pour allumer le po\u00eale, puis la bouse prend le relais.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9clairage se faisait principalement \u00e0 la bougie. L&rsquo;\u00e9t\u00e9 la question de l&rsquo;\u00e9clairage ne se pose vraiment que dans l&rsquo;\u00e9table (qui n&rsquo;a pratiquement pas de fen\u00eatre). Depuis les ann\u00e9es 60, des lampes et des r\u00e9chaud d&rsquo;appoint \u00e0 gaz sont souvent utilis\u00e9s. L&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 n&rsquo;est jamais pr\u00e9sente, ni fournie par le r\u00e9seau, ni produite sur place.<\/p>\n<h4><a name=\"2c\"><\/a>2c. L&rsquo;eau<\/h4>\n<p>Un chalet d&rsquo;alpage a <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Tono.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/ptono.jpg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"443\" align=\"Right\" \/><\/a>n\u00e9cessairement une source \u00e0 proximit\u00e9, cela est indispensable pour l&rsquo;habitation et pour les b\u00eates. Si la source n&rsquo;est pas directement contre le chalet, l&rsquo;eau du toit est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les ch\u00e9neaux dans un tonneau. Cette eau n&rsquo;est pas bue par les hommes, mais sert aux b\u00eates et \u00e0 la lessive etc&#8230; L&rsquo;eau courante n&rsquo;est pas install\u00e9e dans le chalet, mais la source est am\u00e9nag\u00e9e.<\/p>\n<h4><a name=\"2d\"><\/a>2d. Le mobilier<\/h4>\n<p>En plus du pr\u00e9cieux po\u00eale, la <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Interieur.html\">pi\u00e8ce d&rsquo;habitation<\/a> comprend :<\/p>\n<ul>\n<li>une petite table, g\u00e9n\u00e9ralement de taille modeste, elle permet \u00e0 4 personnes de manger. Pour la compl\u00e9ter en cas d&rsquo;affluence, il y a parfois en plus une table \u00e0 un pied qui peut \u00eatre relev\u00e9e contre le mur quand elle ne sert plus.<\/li>\n<li>des si\u00e8ges, en g\u00e9n\u00e9ral des chaises, et des petits bancs \u00e0 une place qui servent \u00e9galement pour traire.<\/li>\n<li>un ou deux lits en bois, remplis de foin recouverts d&rsquo;une toile. Parfois le lit est clos de rideaux coulissant sur un fil de fer, et exceptionnellement de planches, la chaleur et l&rsquo;intimit\u00e9 sont ainsi am\u00e9lior\u00e9es. Seuls les femmes et les enfants dorment de mani\u00e8re permanente l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans le chalet, les hommes passent pour le ravitaillement, faire les foins, descendre les tomes et le beurre. Quand ils dorment au chalet, ils dorment dans le foin de la grange.<\/li>\n<li>un petit buffet sert de rangement. et des \u00e9tag\u00e8res. Derri\u00e8re le po\u00eale, un banc permet de mettre \u00e0 s\u00e9cher ce qui en a besoin.<\/li>\n<\/ul>\n<h4><a name=\"2e\"><\/a>2e. Le transport<\/h4>\n<p>Le mulet (p\u00e8re : \u00e2ne, m\u00e8re : jument) est champion pour le transport en montagne. Sa taille assez grande le fait la plupart du temps pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne, et contrairement au cheval il a le pied montagnard et il ignore le vertige. Il y a de bons mulets et des mulets qu&rsquo;il est presque impossible de mener, \u00e0 cause de leur caract\u00e8re, aussi est-il n\u00e9cessaire de l&rsquo;essayer avant de l&rsquo;acheter. Un mulet transporte de 50 \u00e0 80 kg, selon la longueur de la course. L&rsquo;hiver il permet de remorquer un tra\u00eeneau pour le transport des charges (fumier, foin), cela permet de le rentabiliser un peu, car un mulet mange deux fois plus de foin qu&rsquo;une vache. Il reste tr\u00e8s peu de mulets en activit\u00e9 dans l&rsquo;Arvan. Autrefois des \u00e2nes \u00e9taient aussi utilis\u00e9s, ils mangent moins et sont eux aussi assez endurants, et peut \u00eatre moins d\u00e9licat au point de vue sant\u00e9.<\/p>\n<p>Le propri\u00e9taire du mulet ne montait en fait jamais dessus, car il circule tr\u00e8s rarement sans charge tant \u00e0 la mont\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 la descente. A la mont\u00e9e, celui qui le m\u00e8ne peut se laisser tirer en prenant la queue dans la main.<\/p>\n<p>Les chemins ancestraux sont excellents par leur pente r\u00e9guli\u00e8re. Il est possible de retrouver les anciens chemins sur les cartes (avec l&rsquo;altim\u00e8tre) et les photos a\u00e9riennes anciennes, puis de les remettre en \u00e9tat. Ils \u00e9taient maintenus en bon \u00e9tat par le passage des b\u00eates qui broutent les rejets en bordure du chemin, et labourent avec les sabots. Les passages ravin\u00e9s \u00e9taient entretenus manuellement. Si l&rsquo;alpage n&rsquo;est plus utilis\u00e9, les chemins sont souvent envahis par les arbres, les buissons, les rhododendrons. Il est facile de couper cette v\u00e9g\u00e9tation avec un fort \u00e9lagueur d\u00e9multipli\u00e9 (cet instrument ressemble \u00e0 un coupe boulon, les cisailles non d\u00e9multipli\u00e9es ne suffisent pas), et \u00e0 la scie \u00e0 b\u00fbches. Certains passages ont \u00e9galement besoin d&rsquo;un coup de faux. Pour les passages ravin\u00e9s, on peut utiliser la \u00ab\u00a0pioche savoyarde\u00a0\u00bb qui comprend une large panne.<\/p>\n<p>Il est important de remettre en \u00e9tat, et de suivre ces chemins m\u00eame \u00e0 la descente, parce qu&rsquo;ils limitent le ravinement, et parce qu&rsquo;ils sont beaux. Eux aussi font partie du patrimoine montagnard et sont le t\u00e9moin de la vie d&rsquo;alpage. Dans la mont\u00e9e, leur r\u00e9gularit\u00e9 permet de porter de lourdes charges qu&rsquo;il serait bien difficile de monter sans chemin.<\/p>\n<h4><a name=\"2f\"><\/a>2f. Le climat<\/h4>\n<p>La temp\u00e9rature moyenne annuelle est de l&rsquo;ordre de 2 \u00e0 3 degr\u00e9s, elle est en juillet de 7\u00b0 environ. Il peut neiger \u00e0 toute \u00e9poque, mais l&rsquo;\u00e9t\u00e9, cette neige ne tient pas plus que quelques jours. Elle \u00e9tait particuli\u00e8rement dangereuse pour les bovins, qui glissent parfois dans la pente. Le soleil peu filtr\u00e9 rend tr\u00e8s agr\u00e9able tout rayon de soleil, tellement plus merveilleux dans l&rsquo;air vif de l&rsquo;altitude que en basse altitude. En cas de temp\u00eate, le vent peut \u00eatre tr\u00e8s fort et l&rsquo;orage redoutable.<\/p>\n<p>Le climat limite la p\u00e9riode de v\u00e9g\u00e9tation \u00e0 3 mois en haute altitude d&rsquo;alpage, mais alors, le temps s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re et l&rsquo;explosion de fleurs qui a lieu en juin \u00e0 1500 m, monte progressivement sur les pentes pour arriver en juillet dans les alpages. Le surp\u00e2turage autour du chalet et le long des chemins provoque la destruction de l&rsquo;herbe et un trop grand apport d&rsquo;azote. Ces conditions favorisent la croissance d&rsquo;une sorte de plantes assez hautes surnomm\u00e9es chapeaux \u00e0 cause de la largeur de leurs feuilles rondes qui les rend utilisables comme b\u00e9ret de fortune. M\u00eame des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s la disparition totale du chalet, cette v\u00e9g\u00e9tation persiste et d\u00e9signe les lieux d&rsquo;alpages oubli\u00e9s de fa\u00e7on plus durable m\u00eame que le terrassement.<\/p>\n<h3 align=\"left\"><a name=\"3\"><\/a>3. Bibliographie<\/h3>\n<ul>\n<li>Roger ISOARD, Habiter la montagne, L&rsquo;homme et la nature, Lyon La Manufacture<\/li>\n<li>Olga NOVEL-TERRIER, Les alpages avant l&rsquo;or blanc, mon village dans les ann\u00e9es cinquante, En Savoie la vie quotidienne des montagnards, 42120 Le Coteau, \u00c9ditions Horvath<\/li>\n<li>Thierry MARGUERITAT , Construire et r\u00e9nover la charpente et la toiture, R\u00e9nover sa maison, 42120 Le Coteau, \u00c9ditions Eyrolles<\/li>\n<li>Maisons paysannes de France: N\u00b0 101 sur la couverture en bardeau de bois. 3 rue L\u00e9o Delibres 75116 PARIS.<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.fromage-beaufort.com\/\" target=\"_blank\">Syndicat du fromage de Beaufort<\/a><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/bofor.jpg\" alt=\"\" width=\"68\" height=\"50\" align=\"Right\" border=\"0\" \/><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/ecmorsma.edres74.ac-grenoble.fr\/annecy\/la%20vache\/tslvache.htm#race\" target=\"_blank\">Tout sur les vaches<\/a>, et en particulier sur les abondances et les tarines<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1.La vie rurale en montagne 2.La vie sur l&rsquo;alpage 2a. Les travaux en alpage 2b. Le combustible 2c. L&rsquo;eau 2d. Le mobilier 2e. Le transport 2f. Le climat 3. Bibliographie Contact 1.La vie rurale en montagne Les familles \u00e9taient nombreuses, et plusieurs g\u00e9n\u00e9rations vivaient rassembl\u00e9es dans la ferme familiale. Cela faisait trop de monde pour &#8230; <a title=\"la vie en alpage\" class=\"read-more\" href=\"http:\/\/chanin.net\/index.php\/la-vie-en-alpage\/\" aria-label=\"En savoir plus sur la vie en alpage\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":2,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-7","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7"}],"version-history":[{"count":15,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":261,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7\/revisions\/261"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}