 {"id":34,"date":"2012-11-02T21:43:20","date_gmt":"2012-11-02T20:43:20","guid":{"rendered":"http:\/\/chanin.cluster015.ovh.net\/?page_id=34"},"modified":"2012-11-08T16:31:42","modified_gmt":"2012-11-08T15:31:42","slug":"le-chalet-de-chanin","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/le-chalet-de-chanin\/","title":{"rendered":"le chalet<\/br> de Chanin"},"content":{"rendered":"<ul>\n<li><a href=\"#1\">1. Situation<br \/>\n<\/a><a href=\"#1a\">1a . Situation g\u00e9ographique<br \/>\n<\/a><a href=\"#1b\">1b. Le climat<br \/>\n<\/a><a href=\"#1c\">1c. La flore et la faune<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#2\">2. Histoire<br \/>\n<\/a><a href=\"#2a\">2a. la m\u00e9moire<br \/>\n<\/a><a href=\"#2b\">2b. les c\u00e2bles<br \/>\n<\/a><a href=\"#2c\">2c. Les traces d&rsquo;anciens chalets<br \/>\n<\/a><a href=\"#2d\">2d. La datation des chalets<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#3\">3. La vie quotidienne \u00e0 Chanin<br \/>\n<\/a><a href=\"#3a\">3a. l&rsquo;alpage<br \/>\n<\/a><a href=\"#3aa\">3aa. le plan du chalet<br \/>\n<\/a><a href=\"#3b\">3b. L&rsquo;am\u00e9nagement<br \/>\n<\/a><a href=\"#3c\">3c. Le travail au chalet<br \/>\n<\/a><a href=\"#3d\">3d. L&rsquo;alimentation<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"#contact\">Contact<\/a><\/p>\n<p align=\"Center\"><a href=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2003\/Actu0307\/Meije.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2003\/Actu0307\/Meijep.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"263\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<h3 ALIGN=left> <A NAME=\"1\">1. Situation<\/A> <\/h3>\n<h4><A NAME=\"1a\">1a . Situation g&eacute;ographique<\/A> <\/h4>\n<p><span class=\" lettrine\">L<\/span>e Chalet de Chanin se trouve &agrave; 2200m d&rsquo;altitude sur une importante  croupe herbeuse dominant le village d&rsquo;Entraigues dans la commune de Saint  Jean d&rsquo;Arves, le long de la sauvage vall&eacute;e de Valfroide. Si l&rsquo;on continue  cette ar&ecirc;te d&rsquo;herbe vers le haut, l&rsquo;on rencontre d&rsquo;abord la trace d&rsquo;une  dizaine de chalets jusqu&rsquo;&agrave; 2300m dont il ne reste aujourd&rsquo;hui plus  que des vestiges plus ou moins importants des trois murs enterr&eacute;s,  puis un grand replat &agrave; 2400m qui redescend m&ecirc;me un petit peu  portant le nom du plan de la gouille, et les pentes m&egrave;nent enfin jusqu&rsquo;au  sommet de la Cime des Torches qui culmine &agrave; 2958m.<br \/>\n  <P> Chanin se trouve &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me sud de la Savoie, &agrave; quelques  pas du point de rencontre des trois d&eacute;partements de la Savoie, de  l&rsquo;Is&egrave;re et des Hautes Alpes. La commune est Saint-Jean d&rsquo;Arves, qui  se trouve entre la ville de Saint-Jean de Maurienne et le col de la Croix  de Fer permettant de passer sur Grenoble (l&rsquo;&eacute;t&eacute;). Vous pourez  situer Chanin sur cette <A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Karte.html\">carte de la  Savoie<\/A>. <\/p>\n<p>  <P> La situation du chalet de Chanin est assez exceptionnelle &agrave; plusieurs  titres. D&rsquo;abord par sa hauteur. Rares sont les chalets qui se trouvent dans  cette r&eacute;gion &agrave; plus de 2000m, et 2200m est g&eacute;n&eacute;ralement  l&rsquo;extr&ecirc;me limite de l&rsquo;altitude &agrave; laquelle on rencontre des chalets.  Sur le plateau de Montrond au pied des Aiguilles d&rsquo;Arves, le chalet le plus  &eacute;lev&eacute; est celui de la Motte &agrave; 2180m, au-dessus d&rsquo;Albiez  les chalets ne vont gu&egrave;re plus haut que 1800m, avec seulement le Coin  Giroud &agrave; 2020m sous le col des masses. Sur l&rsquo;autre versant de la Basse  de Gerbier, en redescendant des Aiguilles d&rsquo;Arves vers Entraigues, les chalets  les plus &eacute;lev&eacute;s sont ceux des aiguilles d&rsquo;en haut &agrave;  2200m et ceux du Col &agrave; 2280m. Il faut signaler aussi le petit chalet  de l&rsquo;Arc &agrave; 2300m sous le col de l&rsquo;Infernet, mais il ne s&rsquo;agit en fait  que d&rsquo;une petite cabane ne comprenant pas toutes les installations d&rsquo;un chalet  d&rsquo;Alpage (grange et &eacute;curie). Cette altitude extr&ecirc;me s&rsquo;explique  par des conditions privil&eacute;gi&eacute;es de climat, d&rsquo;exposition au  soleil et de qualit&eacute; de terre qui fait que l&rsquo;herbe est abondante et  grasse &agrave; une altitude o&ugrave; elle commence ailleurs &agrave; &ecirc;tre  rare. <\/p>\n<p>  <P> Cependant, l&rsquo;altitude du chalet de Chanin fait de toute fa&ccedil;on qu&rsquo;il  se trouve la plus grande partie de l&rsquo;ann&eacute;e sous la neige. Suivant  les ann&eacute;es, ce n&rsquo;est que vers la mi juin ou le d&eacute;but de juillet  que la neige est vraiment partie, elle retombe facilement tout au cours de  l&rsquo;&eacute;t&eacute; lors de temps particuli&egrave;rement mauvais, mais sans  tenir, et la neige revient vraiment en pouvant durer plusieurs jours au cours  de septembre. Cela fait qu&rsquo;un chalet comme Chanin ne pouvait pas &ecirc;tre  le seul chalet d&rsquo;alpage d&rsquo;une famille. Il y avait alors deux niveaux d&rsquo;alpage,  dont Chanin &eacute;tait le second, utilis&eacute; en gros pendant les mois  de juillet de d&rsquo;ao&ucirc;t. Le premier alpage allant avec le chalet restant  de Chanin se trouvait aux Ram&eacute;es, chalet aujourd&rsquo;hui d&eacute;truit  se trouvant dans un ensemble important d&rsquo;une dizaine de b&acirc;timents  group&eacute;s, &agrave; 1650m d&rsquo;altitude sur le bord du chemin montant &agrave;  Chanin. Ce chalet &eacute;tait utilis&eacute; d&rsquo;abord au printemps, en mai,  puis en redescendant lors des premi&egrave;res neiges en septembre. Ce chalet  des Ram&eacute;es ne comprenait qu&rsquo;une &eacute;table surmont&eacute;e d&rsquo;une  grange, sans endroit d&rsquo;habitation. Ce chalet n&rsquo;&eacute;tant qu&rsquo;&agrave; 3\/4  d&rsquo;heures de marche de l&rsquo;habitation principale, apr&egrave;s la traite du  soir ils rentraient au Villard passer la nuit en laissant les b&ecirc;tes  dans l&rsquo;&eacute;table des Ram&eacute;es o&ugrave; ils les retrouvaient pour  la traite du matin. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;autre particularit&eacute; de la situation de Chanin est qu&rsquo;il se trouve  sur une ar&ecirc;te. En effet, ceux qui construisaient les chalets dans les  temps anciens se pr&eacute;occupaient rarement de la vue qu&rsquo;ils auraient  pour se mettre plut&ocirc;t l&agrave; o&ugrave; ils pouvaient trouver le  meilleur p&acirc;turage. Or les meilleurs p&acirc;turages sont le plus souvent  dans des creux, dans de vastes vallons, ou sur des pentes pas trop abruptes  et bien expos&eacute;es. Chanin sur son ar&ecirc;te est donc original, mais  cela tient d&rsquo;abord au fait que l&rsquo;ar&ecirc;te m&ecirc;me de Chanin est originale.  Elle est en effet particuli&egrave;rement vaste, formant comme une grosse  croupe herbeuse isol&eacute;e au milieu des autres montagnes. Et si la largeur  de cette croupe est importante, sa pente n&rsquo;est pas tr&egrave;s forte, pour  &ecirc;tre finalement nulle au plan de la Gouille. Par contre, les bords  de la croupe de Chanin sont tr&egrave;s escarp&eacute;s. Sur le c&ocirc;t&eacute;  Est, vers Valfroide, la pente devient rapidement &agrave; plus de 45 degr&eacute;s  pour finir en falaises, et de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, apr&egrave;s avoir  pass&eacute; le petit torrent de Coirnavan, et la pente d&rsquo;herbe du m&ecirc;me  nom, se trouvent les escarpements infranchissables surplombant les ruisseaux  du Py et du Vallon. Donc finalement, pour exploiter ces riches p&acirc;turages  de Chanin et de la Gouille, l&rsquo;endroit le plus confortable et commode, celui  qui est le moins pentu se trouve bien sur l&rsquo;ar&ecirc;te elle-m&ecirc;me. <\/p>\n<p>  <P> Cette situation a plusieurs cons&eacute;quences. La plus heureuse, pour nous  aujourd&rsquo;hui, est la vue exceptionnelle dont b&eacute;n&eacute;fice le chalet,  avec les Aiguilles d&rsquo;Arves, bien s&ucirc;r, mais aussi vers le nord jusqu&rsquo;au  Mont Blanc qui se trouve &agrave; 85 kilom&egrave;tres, ainsi que les  diff&eacute;rents grands massifs de Belledonne qui forment une longue  cha&icirc;ne ininterrompue sur laquelle se couche le Soleil &agrave; l&rsquo;ouest,  ou de la grande Casse &agrave; l&rsquo;Est. La m&egrave;re de l&rsquo;ancien  propri&eacute;taire, n&eacute;e au d&eacute;but du si&egrave;cle, &eacute;tait  sensible &agrave; cette exceptionnelle vue qu&rsquo;offre Chanin, et elle savait  que cette vue s&rsquo;&eacute;tendait jusqu&rsquo;au Mont Blanc. Un second avantage de  la situation sur une cr&ecirc;te est que le risque d&rsquo;avalanche y est minimal.  Mais une cons&eacute;quence moins favorable, est que sur son ar&ecirc;te,  le chalet de Chanin est particuli&egrave;rement expos&eacute; au vent. Le  vent souffle en g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ouest et peut &ecirc;tre d&rsquo;une  violence extr&ecirc;me, m&ecirc;me l&rsquo;&eacute;t&eacute; au point d&rsquo;avoir du  mal &agrave; sa tenir debout quand on quitte l&rsquo;abri du chalet. C&rsquo;est ce vent  qui a entra&icirc;n&eacute; la d&eacute;gradation rapide du chalet avant  sa reconstruction en 1992. En 1978 des t&ocirc;les du toit on &eacute;t&eacute;  arrach&eacute;es, permettant &agrave; la neige de p&eacute;n&eacute;trer  dans le chalet, en pourrissant le foin, puis le plancher et enfin les poutres  d&rsquo;entrait, puis le vent s&rsquo;engouffrant dans cette ouverture, la porte de la  grange a &eacute;t&eacute; arrach&eacute;e, et le vent pouvant  p&eacute;n&eacute;trer alors largement dans le toit, celui ci a &eacute;t&eacute;  emport&eacute; par une bourrasque en 1985 pour se d&eacute;placer d&rsquo;un  m&egrave;tre vers l&rsquo;avant (nord) et de deux vers Valfroide (Est), pour tomber  &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la maison &agrave; cheval sur le mur est,  faisant tomber les murs et brisant tous les entraits. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/Conger.JPG\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/CongerP.jpg\" width=\"400\" height=\"300\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a> <\/p>\n<p>  <P> Ce vent important sur l&rsquo;ar&ecirc;te de Chanin a une autre cons&eacute;quence  plus curieuse: quand on y monte l&rsquo;hiver, on n&rsquo;y trouve pas la quantit&eacute;  &eacute;norme de neige que l&rsquo;on pourrait s&rsquo;attendre &agrave; trouver. Et  en particulier, la porte de la grange qui donne dans le toit &agrave;  l&rsquo;arri&egrave;re du chalet, est toujours d&eacute;gag&eacute;e, bien qu&rsquo;elle  se trouve au ras du sol. La neige qui tombe est sans cesse balay&eacute;e  par le vent en faisant une jolie cong&egrave;re circulaire &agrave; plus  de deux m&egrave;tres derri&egrave;re le chalet. Les deux portes &agrave;  l&rsquo;ouest sont en g&eacute;n&eacute;ral combl&eacute;es de neige jusqu&rsquo;&agrave;  la moiti&eacute; de leur hauteur, la cave qui se trouve aussi &agrave; l&rsquo;ouest  est recouverte de neige, donnant au chalet un ancrage important contre le  vent, et le devant du chalet est presque compl&egrave;tement d&eacute;gag&eacute;  jusqu&rsquo;au bas des planches. Pour les m&ecirc;mes raisons, la neige ne s&rsquo;attarde  gu&egrave;re sur le toit lui-m&ecirc;me, si ce n&rsquo;est sur la cave dont la  pente est beaucoup plus faible. <\/p>\n<p>  <P> Il n&rsquo;est pour finir pas impossible que cette situation particuli&egrave;rement  expos&eacute;e soit une des raisons de la disparition pr&eacute;coce du grand  nombre de chalets qui se trouvaient en Chanin. Contrairement &agrave; d&rsquo;autres  chalets bien prot&eacute;g&eacute;s des vents qui peuvent rester debout (ou  presque) longtemps apr&egrave;s qu&rsquo;ils aient cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre  entretenus, un chalet aussi expos&eacute; qu&rsquo;&agrave; Chanin doit rester  en parfait &eacute;tat pour demeurer. <\/p>\n<h4><A NAME=\"1b\">1b. Le climat<\/A> <\/h4>\n<p>Si le climat est fort rude l&rsquo;hiver &agrave; 2200m sur une ar&ecirc;te, il  le reste dans une certaine mesure l&rsquo;&eacute;t&eacute;. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;hiver, le chalet est pratiquement inaccessible, sans compter les risques  importants d&rsquo;avalanches qui emp&ecirc;chent le plus souvent de s&rsquo;aventurer  dans les pentes menant au chalet, il faut au moins 5 heures d&rsquo;ascension dans  la neige pour y acc&eacute;der. Et de toute fa&ccedil;on, un chalet d&rsquo;alpage  n&rsquo;est pas fait pour prot&eacute;ger du froid intense, de la bise, et de la  neige qui r&egrave;gnent en hiver. Malgr&eacute; un calfeutrage sommaire  avec des vieux journaux ou de la bouse de vache, le chalet reste en grande  partie fait en planches, et les courants d&rsquo;air sont innombrables. Cela fait  qu&rsquo;en faisant un feu important dans le po&ecirc;le en fonte, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas  trop de vent pour faire partir la chaleur, on parvient &agrave; &eacute;lever  la temp&eacute;rature int&eacute;rieure de la cuisine d&rsquo;environs 10 degr&eacute;s.  C&rsquo;est suffisant l&rsquo;&eacute;t&eacute;, s&rsquo;il fait 5 degr&eacute;s le matin dans  le chalet, une temp&eacute;rature agr&eacute;able de 15 peut &ecirc;tre obtenue.  Mais l&rsquo;hiver, s&rsquo;il fait &#8211; 20, et que la cuisine est elle m&ecirc;me remplie  de la neige qui s&rsquo;est infiltr&eacute;e &agrave; cause du vent, une nuit  pass&eacute;e l&agrave; tient plus du bivouac extr&ecirc;me que d&rsquo;autre chose. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;&eacute;t&eacute;, en juillet et en ao&ucirc;t, la temp&eacute;rature moyenne  entre le jour et la nuit se situe aux alentours de 5 degr&eacute;s. Cela  signifie qu&rsquo;il g&egrave;le tr&egrave;s souvent la nuit, la ros&eacute;e laissant  alors une jolie gel&eacute;e blanche qui part d&egrave;s les premiers rayons  de soleil, et que le jour, il fait le plus souvent entre 12 et 15 degr&eacute;s.  La pi&egrave;ce d&rsquo;habitation a n&eacute;anmoins une certaine inertie, qui  fait que m&ecirc;me aujourd&rsquo;hui o&ugrave; il n&rsquo;y a plus de b&eacute;tail  pour tenir chaud, la temp&eacute;rature y descend rarement au-dessous de  5&#176; la nuit; et le soir, un feu dans le po&ecirc;le pour pr&eacute;parer  le repas permet d&rsquo;avoir une temp&eacute;rature tr&egrave;s agr&eacute;able  entre 15 et 20&#176;. <\/p>\n<p>  <P> Le soleil, par contre chauffe tr&egrave;s fort, comme toujours en altitude,  et s&rsquo;il fait beau, m&ecirc;me quand le fond de l&rsquo;air reste frais, il fait  tr&egrave;s bon de s&rsquo;y exposer. <\/p>\n<p>  <P> Quand le ciel est couvert, ou qu&rsquo;il fait mauvais, la temp&eacute;rature baisse  moins la nuit, mais monte moins le jour, et la temp&eacute;rature peut alors  rester stable autour de 8 degr&eacute;s en moyenne. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;&eacute;t&eacute;, les orages ne sont pas rares, et peuvent &ecirc;tre  particuli&egrave;rement impressionnants en montagne. En effet, non seulement  l&rsquo;&eacute;cho r&eacute;percute le tonnerre, mais la haute cime des Torches  accroche facilement les nuages provenant du massif de l&rsquo;&Eacute;tendard,  ou des Aiguilles d&rsquo;Arves, et lib&egrave;re alors sur place un orage qui se  d&eacute;verse sur la c&ocirc;te de Chanin. A premi&egrave;re vue, Chanin  peut sembler expos&eacute; &agrave; la foudre, se trouvant tout seul sur  sa cr&ecirc;te. Mais en fait, de m&eacute;moire, on ne se souvient pas qu&rsquo;il  ait pu &ecirc;tre jamais touch&eacute; par la foudre. Il y a en fait des  endroits plus ou moins conducteurs dans le sol, et les &eacute;clairs tombent  le plus souvent dans les m&ecirc;mes zones. On rencontre parfois de tels  endroits en se promenant dans la montagne, souvent dans le fond des torrents,  o&ugrave; l&rsquo;on voit dans un lieu relativement circonscrit des dizaines de  pierres marqu&eacute;es par la foudre, avec cette trace de couleur rouille  caract&eacute;ristique qui dans certains cas a m&ecirc;me creus&eacute; la  pierre. Il faut donc croire que Chanin n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; construit  l&agrave; et demeur&eacute; sans raison, il ne doit pas se trouver sur un  lieu o&ugrave; tombe facilement la foudre. Mais la foudre tombe parfois o&ugrave;  on ne l&rsquo;attend pas, et tout le monde a entendu parler de chalets, ou m&ecirc;me  de maison dans un village qui ait pu un jour br&ucirc;ler &agrave; cause  de la foudre. Ceux qui habitaient les chalets avaient une attitude faite  souvent d&rsquo;un m&eacute;lange de crainte et de r&eacute;signation. Tous ceux  qui ont v&eacute;cu dans un chalet de montagne peuvent dire qu&rsquo;ils ont eu  peur dans certains orages, mais comme on n&rsquo;y peut rien&#8230; <\/p>\n<p>  <P> Et enfin, &agrave; part ces perturbations spectaculaires et relativement  fr&eacute;quentes, il y a d&rsquo;autres ph&eacute;nom&egrave;nes plus rares, mais  fort remarquables. <\/p>\n<p>  <P> <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/NeigeJuil.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/NeigeJuilp.jpg\" width=\"400\" height=\"267\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a>D&rsquo;abord, il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;&agrave; la suite d&rsquo;une perturbation importante,  il y ait de la neige &agrave; Chanin, en juillet ou fin ao&ucirc;t. Cette  neige peut alors atteindre 5 centim&egrave;tres et laisser un paysage tout  blanc d&rsquo;hiver, ce qui est assez inhabituel pour un plein &eacute;t&eacute;.  Si le temps se remet au beau, cette neige peut repartir tr&egrave;s rapidement,  en une journ&eacute;e, mais du temps o&ugrave; il y avait des b&ecirc;tes  &agrave; Chanin, elle pr&eacute;sentait un danger r&eacute;el. Les vaches  laiti&egrave;res, en effet &eacute;taient surveill&eacute;es de pr&egrave;s,  et rentr&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;table pour la nuit, mais il y avait  dans la montagne, des troupeaux importants de g&eacute;nisses qui allaient  o&ugrave; elles voulaient. Les terres de Chanin ont pour cela un avantage,  c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont limit&eacute;es de tout c&ocirc;t&eacute; par des ravins  infranchissables: Le Valney au Sud, le ravin du Py &agrave; l&rsquo;ouest vers  le Vallon, et Valfroide &agrave; l&rsquo;est. Cela fait que les vaches ne pouvaient  pas aller bien loin. Mais le danger, &eacute;tait, en cas de neige, dans  les pentes tr&egrave;s fortes des travers vers le R&eacute;vi qui descendent  vers Valfroide. Il y a l&agrave; beaucoup d&rsquo;excellente herbe, mais avec la  neige, elles deviennent tr&egrave;s glissantes, et il n&rsquo;&eacute;tait pas  rare qu&rsquo;une vache soit perdue, en ayant gliss&eacute;, et se perdant dans  les escarpements de Valfroide 200 ou 300m plus  bas. <\/p>\n<p>  <P> Et pour terminer, le plus beau ph&eacute;nom&egrave;ne m&eacute;t&eacute;orologique  que les habitants de Chanin ont parfois le privil&egrave;ge de voir, est  la mer de nuage. Il arrive en effet, une ou deux fois dans l&rsquo;&eacute;t&eacute;  qu&rsquo;une mer de nuage se forme pendant la nuit, &agrave; la suite d&rsquo;une  p&eacute;riode de mauvais temps, et que le chalet se retrouve alors dans  un ciel bleu magnifiquement &eacute;clair&eacute; par un blanc soleil du  matin, avec &agrave; ses pieds une &eacute;paisse couverture de nuages blancs  homog&egrave;ne, s&rsquo;&eacute;tendant &agrave; perte de vue sur une centaine  de kilom&egrave;tres, faisant dispara&icirc;tre la vall&eacute;e, et laissant  juste &eacute;merger les sommets de plus de 2000m. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne  en tant que tel n&rsquo;est pas tr&egrave;s rare, et souvent il y a une couche  de nuages qui se forme &agrave; cette m&ecirc;me altitude de 2000m, mais  quand il se r&eacute;alise tr&egrave;s proprement, c&rsquo;est une des plus belles  choses qu&rsquo;il puisse &ecirc;tre donn&eacute; de voir, et que ceux qui vivent  plus bas ne peuvent conna&icirc;tre. Peut-&ecirc;tre n&rsquo;est-ce pas un hasard  si le plafond nuageux se fixe &agrave; cette altitude. Des nuages arrivants  de l&rsquo;Ouest remplissent la vall&eacute;e de l&rsquo;Arc obstru&eacute;e de toutes  parts, montent le long des pentes jusqu&rsquo;&agrave; atteindre les &agrave; 2000m  les deux grands cols de la Croix de Fer (ouvrant vers le Sud) et de la Madeleine  (ouvrant vers le Nord). <\/p>\n<p>  <P align=\"center\"><a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/MerNuage.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/MerNuagep.jpg\" width=\"400\" height=\"272\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<h4><A NAME=\"1c\">1c. La flore et la faune<\/A><br \/>\n  <\/h4>\n<p>  <P> Lorsque l&rsquo;on monte le chemin de Chanin depuis la vall&eacute;e, on voit clairement les diff&eacute;rents niveaux de la v&eacute;g&eacute;tation alpine. D&rsquo;abord, les champs et les pr&eacute;s, avec des habitations principales, comme autour du hameau des Tours, laissant par endroit la for&ecirc;t d&rsquo;&eacute;pic&eacute;as. Celle-ci parvient &agrave; monter jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;altitude de 1750m, encore qu&rsquo;elle ait du mal en certains endroits, &agrave; cause des avalanches qui arrachent r&eacute;guli&egrave;rement tous les arbres sur leur passage, comme cela se voit bien dans le versant nord du ravin du Vallon. La vue que Chanin offre sur l&rsquo;autre rive est &agrave; cet &eacute;gard assez spectaculaire et r&eacute;v&eacute;latrice des agressions subies par la for&ecirc;t. On remarque d&rsquo;abord les couloirs d&rsquo;avalanches les plus r&eacute;guliers bien visibles par leurs petits sapins qui ont parvenu &agrave; repousser depuis quelques ann&eacute;es qu&rsquo;une grosse avalanche n&rsquo;est pas partie, parviennent &agrave; rester prot&eacute;g&eacute;s gr&acirc;ce &agrave; la couche de neige. On voit &eacute;galement la trace d&rsquo;avalanches plus exceptionnelles qui ont ravag&eacute; sur leur passage en les couchant des &eacute;pic&eacute;as de plusieurs dizaines de m&egrave;tres de hauteur, et enfin la trace d&rsquo;un tourbillon de vent qui, dans le fond du ravin, a mis &agrave; terre des grands arbres en forme de spirale, comme un jeu de mikado. <\/p>\n<p>  <P> Apr&egrave;s les sapins, commence le royaume des \u00ab\u00a0arcosses \u00ab\u00a0, qui sont en fait des aulnes verts, buissons &agrave; racines rampantes qui peuvent faire deux &agrave; trois m&egrave;tres de haut, et qui parviennent &agrave; pousser jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;altitude de 2000m, laissant &ccedil;&agrave; et l&agrave; la place &agrave; un petit bouleau. Entre 2000 et 2100m se trouvent encore des arcosses, mais d&rsquo;une autre vari&eacute;t&eacute;, plus petits, mais tout aussi envahissants, mena&ccedil;ant les chemins&#8230; Ensuite, c&rsquo;est l&rsquo;alpage proprement dit: de l&rsquo;herbe et uniquement de l&rsquo;herbe, d&rsquo;abord parvenant &agrave; devenir assez haute &agrave; la fin de l&rsquo;&eacute;t&eacute;, puis restant de plus en plus courte, jusqu&rsquo;&agrave; 2600 au 2700m o&ugrave; elle reste toujours rase, ne pouvant convenir alors qu&rsquo;&agrave; d&rsquo;&eacute;ventuels moutons. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/Ete2004\/Marta.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/Ete2004\/Martap.jpg\" width=\"201\" height=\"300\" border=\"0\" align=\"left\" \/><\/a> <\/p>\n<p>  <P> Au cours du mois de juillet, cette herbe se couvre de fleurs multicolores, avec une dominante jaune. Les terres autour de Chanin offrent une vari&eacute;t&eacute; assez exceptionnelle de fleurs dont certaines sont rares. On rencontre en particulier, sur le chemin, dans les vo&ucirc;tes du Mottet, de nombreux lys martagon. Ceux-ci sont en fleur &agrave; peu pr&egrave;s au moment de la fin du mois de juillet, et on en retrouve d&rsquo;autres plus haut non loin du chalet, dans les pentes orient&eacute;es vers l&rsquo;est, vers le R&eacute;vi, fleurissant jusqu&rsquo;en ao&ucirc;t. Ces m&ecirc;me pentes font aussi appara&icirc;tre de magnifiques lys orang&eacute;s, des lys blancs, ainsi que d&rsquo;autres esp&egrave;ces que l&rsquo;on ne rencontre normalement que rarement et qui sont prot&eacute;g&eacute;es. <\/p>\n<p>  <P> Pour ce qui est des fort recherch&eacute;es edelweiss, il ne s&rsquo;en trouve pas vraiment &agrave; proximit&eacute; du chalet, mais &agrave; quelques heures de l&agrave;, en traversant le Valney, sur les pentes d&rsquo;herbe suspendues, orient&eacute;es vers les aiguilles d&rsquo;Arves, au dessus de la Fardeli&egrave;re, &agrave; l&rsquo;altitude pr&eacute;cise de 2400m on en trouve des quantit&eacute;s extraordinaires. <\/p>\n<p>  <P> Quant &agrave; la faune, les animaux que l&rsquo;on rencontre &agrave; Chanin sont ceux que l&rsquo;on peut voir habituellement dans les alpages &agrave; ces altitudes. Il faut citer en particulier les marmottes, tr&egrave;s nombreuses &agrave; Chanin. Celles qui habitent dans les nombreux terriers situ&eacute;s sur l&rsquo;ar&ecirc;te &agrave; une centaine de m&egrave;tres &agrave; l&rsquo;ouest du chalet s&rsquo;habituent tr&egrave;s vite aux habitants, et sont facilement visibles du chalet, se dorant au soleil, jouant entre elles, ou surveillant la montagne dans leur position dress&eacute;e caract&eacute;ristique. Il y a aussi des terriers tout contre le chalet, et lorsque celui-ci &eacute;tait habit&eacute; tout l&rsquo;&eacute;t&eacute;, il para&icirc;t que les marmottes de ces terriers finissaient par s&rsquo;habituer aux vaches et &agrave; leurs gardiens, pour vivre et &eacute;voluer tout contre le chalet. On parle m&ecirc;me d&rsquo;une marmotte au go&ucirc;t musical prononc&eacute; qui s&rsquo;approchait lorsque le poste de radio &eacute;tait allum&eacute; pour &eacute;couter la musique! Malheureusement, pour celui qui comme aujourd&rsquo;hui ne reste au chalet qu&rsquo;un maximum de 15 jours ou m&ecirc;me trois semaines, ces marmottes toutes proches n&rsquo;ont pas le temps de s&rsquo;habituer, et vont sans doute passer quelque temps dans d&rsquo;autres terriers plus &eacute;loign&eacute;s avant de revenir &agrave; leur place d&egrave;s que le chalet est vide. Le cri de la marmotte est bien connu, il ressemble &agrave; un sifflement puissant. Chaque marmotte surveille en permanence les environs, au moins d&rsquo;un coin de l&rsquo;&Iuml;il, mais parfois une marmotte est plac&eacute;e comme en sentinelle. L&rsquo;avantage est que les marmottes pr&eacute;viennent quand un visiteur monte sur le chemin de Chanin. Mais elles crient &eacute;galement au passage d&rsquo;un rapace ou d&rsquo;un renard et les habitants du chalet qui sont sortis &agrave; ce signal cherchent en vain avec leurs jumelles un visiteur improbable. <\/p>\n<p>  <P> Il arrivait parfois que malgr&eacute; la chasse non ouverte, une marmotte soit prise volontairement avec un pi&egrave;ge &agrave; m&acirc;choires destin&eacute; normalement aux renards, dispos&eacute; devant un terrier. Cela permettait d&rsquo;avoir un apport protidique non n&eacute;gligeable. Le go&ucirc;t de la viande de marmotte n&rsquo;est cependant pas tr&egrave;s r&eacute;put&eacute;, il para&icirc;t que seules les marmottes jeunes prises pas trop tard dans l&rsquo;&eacute;t&eacute; sont bonnes, les autres, ont un go&ucirc;t terreux, ou bien sont trop graisseuses, &agrave; cause des r&eacute;serves qu&rsquo;elles accumulent afin de passer tout l&rsquo;hiver en hibernation (dont elles d&eacute;tiennent d&rsquo;ailleurs le record de dur&eacute;e pour les mammif&egrave;res). La pr&eacute;paration d&rsquo;un rago&ucirc;t de marmotte est long car le d&eacute;graissage de la viande doit &ecirc;tre parfait (la graisse a, parait-il, un go&ucirc;t rance), certains laissaient tremper ensuite la viande dans de l&rsquo;eau afin d&rsquo;en att&eacute;nuer le go&ucirc;t prononc&eacute; de gibier. Il para&icirc;t aussi qu&rsquo;il est possible, et certains l&rsquo;on fait, d&rsquo;apprivoiser un b&eacute;b&eacute; marmotte, et que l&rsquo;animal peut alors se montrer propre, affectueux et docile, tant qu&rsquo;il ne se sent pas enferm&eacute;. Mais ce n&rsquo;est pas tellement dans la mentalit&eacute; de ces travailleurs savoyards de s&rsquo;encombrer d&rsquo;un animal de compagnie inutile&#8230; <\/p>\n<p>  <P> <a href=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/Ete2004\/Chamois.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2004\/Ete2004\/Chamoisp.jpg\" width=\"400\" height=\"285\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a>Autre animal mythique de la montagne: le chamois. On en rencontre aussi dans les montagnes autour de Chanin. Quand on r&eacute;side au chalet, il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;en apercevoir un dans les pentes de Coirnavan, cherchant peut-&ecirc;tre &agrave; aller se d&eacute;salt&eacute;rer &agrave; la source, ils peuvent aussi &ecirc;tre dans les travers &agrave; l&rsquo;est du Chalet, o&ugrave; ils ont peu de chance d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;s de nos jours, ou bien &ecirc;tre encore plus loin au del&agrave; du plan de la Gouille, o&ugrave; il se trouve des ravinements avec dans leur fond des herbages agr&eacute;ables, au lieu dit le Valney. Ces endroits, extr&ecirc;mement &eacute;loign&eacute;s de tout forment un lieu de r&eacute;sidence id&eacute;al pour ces animaux sauvages qui n&rsquo;aiment pas &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;s, certaines ann&eacute;es, on a pu en voir l&agrave; une harde de plus de 30 t&ecirc;tes jouant, broutant et se reposant dans le soleil du matin. Le chamois est chass&eacute; chaque ann&eacute;e, mais de fa&ccedil;on tr&egrave;s contr&ocirc;l&eacute;e. Cette chasse demeure difficile car dans les r&eacute;gions o&ugrave; il est chass&eacute;, le chamois est tr&egrave;s sauvage et s&rsquo;approche difficilement. Le but de cette chasse est avant tout de ramener le prestigieux troph&eacute;e avec ses cornes en crochets. La chair du chamois est relativement s&egrave;che, mais bien pr&eacute;par&eacute;e, elle constitue un plat agr&eacute;able (mais surtout recherch&eacute; pour son origine). <\/p>\n<p>  <P> Le li&egrave;vre fait aussi nombre des animaux particuliers des montagnes, non pas qu&rsquo;il soit rare en plaine, mais en ce que le li&egrave;vre des montagnes est un li&egrave;vre variable, l&rsquo;&eacute;t&eacute; il n&rsquo;a rien de remarquable, mais l&rsquo;hiver il devient tout blanc, afin de n&rsquo;&ecirc;tre pas visible sur la neige. Il est de fait que le li&egrave;vre se laisse rarement surprendre, sur la neige, on voit tr&egrave;s nombreuses ses traces caract&eacute;ristiques en forme de T, mais apercevoir un li&egrave;vre blanc est un plaisir consid&eacute;rable, mais rare. <\/p>\n<p>  <P> Parmi les mammif&egrave;res, on trouve enfin des animaux plus r&eacute;pandus, comme le sanglier dont on peut voir des traces de son \u00ab\u00a0travail \u00a0\u00bb fait pendant la nuit jusque sous le chalet parfois, il parait m&ecirc;me que ces sangliers de montagne passent les hauts cols de l&rsquo;Infernet ou de Martignare pour se promener dans toute la montagne. Il n&rsquo;est pas rare non plus d&rsquo;apercevoir, ou d&rsquo;entendre l&rsquo;aboiement caract&eacute;ristique du chevreuil dans les bois ou les arcosses en montant au chalet, ou de d&eacute;busquer un renard en se promenant, et la montagne regorge sinon de toute sa population de rongeurs dont le mulot dont le trottinement l&eacute;ger et rapide agr&eacute;mente souvent les nuits du dormeur dans un chalet, et de petits carnassiers depuis le loir jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;hermine, ou la fouine qui habite souvent dans le chalet l&rsquo;hiver (nous d&eacute;barassant alors des souris&#8230;) <\/p>\n<p>  <P> Quant aux oiseaux, il y a biens s&ucirc;r les choucas, petits compagnons de tout montagnard, les lagop&egrave;des nombreux, les buses tournant en l&rsquo;air &agrave; la recherche de quelque mulot ou d&rsquo;un b&eacute;b&eacute; marmotte etc&#8230; La perdrix des neiges, caract&eacute;ristique par sa robe de couleur variable comme le li&egrave;vre se trouve en nombre remarquable autour de Chanin, attirant les chasseurs dans cet endroit, on les croise souvent au printemps, lorsque voulant attirer sur elle le pr&eacute;dateur qu&rsquo;elle pense voir dans un homme s&rsquo;approchant, d&eacute;gringole cocassement la pente comme si elle &eacute;tait bless&eacute;e, afin que l&rsquo;on ne remarque pas ses oisillons dans l&rsquo;herbe d&rsquo;o&ugrave; elle est partie. Le coq de bruy&egrave;re, ou grand-t&eacute;tras est devenu assez rare, mais toujours pr&eacute;sent, quant &agrave; l&rsquo;aigle royal, il a presque totalement disparu, tr&egrave;s rare sont ceux qui ont pu avoir le privil&egrave;ge d&rsquo;apercevoir ce rapace aux dimensions stup&eacute;fiantes. <\/p>\n<p>  <P> Pour ce qui est des serpents, ils ne sont pas absents des alpages, vip&egrave;res ou couleuvres. Il semble que dans certaines montagnes comme &agrave; Valloire, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la cr&ecirc;te o&ugrave; l&rsquo;&eacute;levage a presque totalement disparu au profit du tourisme, le nombre de vip&egrave;res ait grandement augment&eacute; par rapport au temps o&ugrave; les b&ecirc;tes p&acirc;turant la montagne &eacute;taient nombreuses. Cependant, &agrave; Chanin, il y a toujours eu des aspics, c&rsquo;est &agrave; dire des vip&egrave;res. Celles-ci ne causaient d&rsquo;ailleurs pas de dommage au b&eacute;tail, les uns et les autres sachant s&rsquo;&eacute;viter mutuellement, mais elles peuvent n&eacute;anmoins &ecirc;tre un danger pour un fl&acirc;neur imprudent. <\/p>\n<p>  <P> Les insectes enfin ne sont pas tr&egrave;s nombreux, &agrave; cause de l&rsquo;altitude, quelques rares petites mouches parviennent n&eacute;anmoins &agrave; s&rsquo;&eacute;lever en altitude, pas de gu&ecirc;pes, encore moins de frelons ni d&rsquo;abeilles ni m&ecirc;me de taons, (bien qu&rsquo;on en subisse les assauts en montant vers le Besset). Quelques grosses fourmili&egrave;res peuvent &ecirc;tre vues en montant par le chemin, mais &agrave; la hauteur du chalet, il n&rsquo;y en a plus&#8230; tout cela est un aspect assez agr&eacute;able pour le touriste &agrave; Chanin. <\/p>\n<p>  <P> Toute cette faune est pratiquement toujours silencieuse. Un silence total r&egrave;gne dans ces alpages en l&rsquo;absence de troupeaux portant des clarines, contrairement &agrave; la campagne et &agrave; la for&ecirc;t qui sont toujours bruissantes d&rsquo;animaux et de l&rsquo;effet du vent sur les arbres. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;en cas de temp&ecirc;te que l&rsquo;on entend le vent, la pluie, les &eacute;chos du tonnerre sur les cr&ecirc;tes, et les chutes de pierres provoqu&eacute;es par le ruissellement des eaux dans les ravins de la pente du Mont Falcon de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de Valfroide. <\/p>\n<h3><A NAME=\"2\">2. Histoire<\/A><\/h3>\n<h4>\n<p>    <A NAME=\"2a\">2a. la m&eacute;moire<\/A> <\/h4>\n<p>Les &eacute;l&eacute;ments permettant de reconstituer l&rsquo;histoire d&rsquo;un chalet  en montagne sont tr&egrave;s peu nombreux. Il n&rsquo;y a en effet en  g&eacute;n&eacute;ral aucun &eacute;crit les concernant directement qui soient  ant&eacute;rieurs au XIXe si&egrave;cle et la m&eacute;moire des habitants  actuels de la montagne ne leur permet pas, le plus souvent, de remonter plus  loin. La tradition orale dans cette r&eacute;gion de Saint Jean d&rsquo;Arves s&rsquo;est  donc r&eacute;v&eacute;l&eacute;e tr&egrave;s faible, (et il doit en &ecirc;tre  de m&ecirc;me dans bien des r&eacute;gions de montagne). La plupart des savoyards  qui sont encore sur la terre, ont aujourd&rsquo;hui une vision tr&egrave;s pragmatique  et utilitaire de la terre qu&rsquo;ils utilisent et des installations laiss&eacute;es  par leurs anc&ecirc;tres et se pr&eacute;occupent peu de l&rsquo;esth&eacute;tique,  et fort rarement de leur histoire. Cette attitude est d&rsquo;ailleurs responsable  aujourd&rsquo;hui de la d&eacute;figuration que l&rsquo;on rencontre presque partout  dans nos montagnes, soit &agrave; cause d&rsquo;un d&eacute;veloppement anarchique  en vue du tourisme ou du ski, en ne cherchant que la rentabilit&eacute; &agrave;  cours terme, soit par l&rsquo;abandon pur et simple de maisons ou d&rsquo;installations  qui ne sont plus vraiment rentables aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est ainsi que beaucoup  d&rsquo;anciennes maisons sont transform&eacute;es ou r&eacute;nov&eacute;es avec  un m&eacute;pris total du style de la r&eacute;gion, en vue d&rsquo;en faire des  habitations pour touristes, des restaurants ou des magasins s&rsquo;il y a une  station proche, et d&rsquo;autres purement abandonn&eacute;es &agrave; la ruine  si elles ne repr&eacute;sentent pas un int&eacute;r&ecirc;t mat&eacute;riel  imm&eacute;diat. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Touss93.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pTouss93.jpg\" width=\"425\"  height=\"275\" align=\"Right\" \/><\/a>\n  <\/p>\n<p>  <P> C&rsquo;est ainsi que la plupart des paysans interrog&eacute;s ne savent de leur  histoire que ce qu&rsquo;ils ont v&eacute;cu eux-m&ecirc;mes, et parfois ce qu&rsquo;ont  v&eacute;cu leurs parents, mais cela va rarement au del&agrave;. Par une  enqu&ecirc;te directe aupr&egrave;s des habitants, on arrive ainsi rarement  &agrave; remonter avant la guerre de 14 pour avoir des renseignements  pr&eacute;cis sur le mode de vie. On peut avoir quelques &eacute;l&eacute;ments  disparates dont ils ont entendu parler sur la fin du XIXe si&egrave;cle,  mais avant, l&rsquo;histoire au sens propre s&rsquo;arr&ecirc;te. <\/p>\n<p>  <P> Les autres &eacute;l&eacute;ments peuvent &ecirc;tre trouv&eacute;s par le  fait que Chanin est un alpage de montagne en Savoie, et ainsi son histoire  appartient &agrave; l&rsquo;histoire g&eacute;n&eacute;rale de cette r&eacute;gion  de montagne que l&rsquo;on conna&icirc;t sous bien des aspects dans son ensemble  (d&eacute;mographie, mode de vie etc&#8230;.) . Les documents cartographiques  avant les cartes d&rsquo;&eacute;tat major au 20&nbsp;000 datant du d&eacute;but du  si&egrave;cle sont beaucoup trop impr&eacute;cis pour donner le moindre  renseignement, il reste donc la toponymie  et les &eacute;l&eacute;ments que l&rsquo;on pourrait appeler arch&eacute;ologiques:  la trace du pass&eacute; et de l&rsquo;activit&eacute; d&rsquo;alors dans la nature  elle-m&ecirc;me. <\/p>\n<p>  <P> Ce dont la m&eacute;moire humaine locale se souvient, et qui est confirm&eacute;  par les cartes, c&rsquo;est que le chalet actuel de Chanin &eacute;tait le plus  bas de tout un groupe de chalets s&rsquo;&eacute;chelonnant sur cette ar&ecirc;te  entre 2200 et 2300m. La place de ces chalets a &eacute;t&eacute; gagn&eacute;e  en creusant la pente de la montagne, la terre &eacute;tant retenue par des  murs en pierre s&egrave;ches. Le c&ocirc;t&eacute; du chalet donnant sur  l&rsquo;aval est g&eacute;n&eacute;ralement construit en planches. La trace de  tous ces chalets est encore visible par des vestiges plus ou moins importants  des trois murs du fond adoss&eacute;s &agrave; la montagne constituant la  ruine du chalet, avec &agrave; chaque fois une petite cave &agrave; environ  deux ou trois m&egrave;tres du chalet. L&rsquo;on voit donc &agrave; peu pr&egrave;s  tous les 20 m d&rsquo;altitude &agrave; partir du chalet restant actuellement,  quatre ou cinq chalets isol&eacute;s , et enfin sur le replat &agrave; 2300m  un groupe de 6 ou 7 maisons toutes d&eacute;truites &eacute;galement. Aucun  de ces chalets n&rsquo;a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; apr&egrave;s la  deuxi&egrave;me guerre mondiale. La plupart ont m&ecirc;me d&ucirc; &ecirc;tre  d&eacute;molis avant, et on peut penser que les chalets du haut n&rsquo;ont gu&egrave;re  &eacute;t&eacute; utilis&eacute;s apr&egrave;s 1920. <\/p>\n<p>  <P> Il est difficile de savoir si ces chalets sont tomb&eacute;s d&rsquo;eux-m&ecirc;mes,  ou s&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; d&eacute;mont&eacute;s, ne servant plus, afin  de r&eacute;cup&eacute;rer les mat&eacute;riaux, comme cela se faisait souvent.  Aujourd&rsquo;hui, en effet, les chalets tombent d&rsquo;eux m&ecirc;mes, et les  mat&eacute;riaux ne sont pas r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s, car leur transport  serait trop difficiles. Tout le bois pourrit donc quand la structure finit  par s&rsquo;effondrer au milieu de la masure ne laissant subsister que les trois  murs du fond. Mais autrefois le transport dans la montagne &eacute;tait plus  habituel et ais&eacute; gr&acirc;ce aux mulets et les mat&eacute;riaux autres  que la pierre plus pr&eacute;cieux car fa&ccedil;onn&eacute;s &agrave; la  main. Par cons&eacute;quent un chalet inutilis&eacute; &eacute;tait  d&eacute;mont&eacute; et les mat&eacute;riaux r&eacute;utilis&eacute;s, soit  redescendus dans la vall&eacute;e, soit pour consolider ou refaire un autre  chalet proche. Il est probable que ce d&eacute;montage ne se faisait pas  tant que le chalet &eacute;tait en parfait &eacute;tat, mais il devait se  faire d&eacute;s que son &eacute;tat se trouvait n&eacute;cessiter d&rsquo;importantes  r&eacute;parations que le propri&eacute;taire ne voulait pas faire (n&rsquo;ayant  alors plus usage de son chalet), et avant que les mat&eacute;riaux soient  ab&icirc;m&eacute;s et pourris par l&rsquo;eau. Ainsi, avant les ann&eacute;es  50, les chalets &eacute;taient toujours d&eacute;mont&eacute;s, ce qui  aujourd&rsquo;hui se traduit par le fait que les restes de ces chalets sont exempts  de tout d&eacute;bris, et on peut avoir une id&eacute;e de leur anciennet&eacute;  par l&rsquo;&eacute;tat de ce qui reste des trois murs du fond. Pour les vestiges  les plus anciens, il n&rsquo;y a plus aucune pierre visible mais reste seule la  d&eacute;pression en forme de replat dans laquelle se trouvait le chalet  (cela doit &ecirc;tre temp&eacute;r&eacute; par le fait que dans certains  endroits o&ugrave; les pierres &eacute;taient difficiles &agrave; trouver,  elles ont pu &ecirc;tre, elles aussi, r&eacute;utilis&eacute;es pour un autre  chalet, mais rarement transport&eacute;es sur des distances vraiment  importantes). <\/p>\n<p>  <P> Pour ce qui est du chalet de Chanin restant actuellement, il a &eacute;t&eacute;  refait plusieurs fois avec des mat&eacute;riaux provenant d&rsquo;autres chalets  de plus haut. Le dernier chalet d&rsquo;au dessus, tomb&eacute;, a du &ecirc;tre  rachet&eacute; par le propri&eacute;taire dans les ann&eacute;es 60 pour  en r&eacute;cup&eacute;rer les mat&eacute;riaux. Une partie a &eacute;t&eacute;  utilis&eacute;e directement alors pour la derni&egrave;re r&eacute;novation  du chalet, le reste a &eacute;t&eacute; remis&eacute; dans la grange en vue  d&rsquo;une hypoth&eacute;tique utilisation future. <\/p>\n<p>  <P> De toute mani&egrave;re, la r&eacute;utilisation de mat&eacute;riaux &eacute;tait  une pratique extr&ecirc;mement courante, &eacute;tant donn&eacute;e la  difficult&eacute; qu&rsquo;il y avait de monter des charges depuis la vall&eacute;e.  Mais la raret&eacute; m&ecirc;me des mat&eacute;riaux encourageait &agrave;  redescendre des mat&eacute;riaux inutilis&eacute;s dans la vall&eacute;e,  en effet il &eacute;tait fort p&eacute;nible de scier &agrave; la main des  troncs pour en faire des planches, quant aux clous ils n&rsquo;&eacute;taient  achet&eacute;s que si les finances le permettaient. La multiple  r&eacute;utilisation des mat&eacute;riaux s&rsquo;est trouv&eacute;e maintes fois  confirm&eacute;e lors du d&eacute;montage du chalet en 1992 en vue de sa  reconstruction. d&rsquo;abord les liteaux qui servaient &agrave; tenir les t&ocirc;les  sur le toit &eacute;taient souvent des planches assez fines comportant deux  rainures sur un des plats, prouvant qu&rsquo;elles avaient &eacute;t&eacute;  utilis&eacute;es avant comme bardeaux pour couvrir le toit (les t&ocirc;les  sont apparues sur les chalets en remplacement des bardeaux aux alentours  de la guerre de 14), mais il pouvait s&rsquo;agir l&agrave; d&rsquo;une r&eacute;utilisation  interne au chalet, ensuite sur bon nombre de chevrons des trous &agrave;  l&#8217;emplacement de chevilles prouvant qu&rsquo;ils avaient d&eacute;j&agrave; servis  dans une autre charpente du temps o&ugrave; elles &eacute;taient mont&eacute;es  sans l&rsquo;usage de clous. La datation est alors l&agrave; difficile: les clous  forg&eacute;s, coniques, ont &eacute;t&eacute; normalement utilis&eacute;s  &agrave; partir du XIXe si&egrave;cle, avant l&rsquo;&egrave;re industrielle de  la fin de ce si&egrave;cle o&ugrave; apparaissent les clous tels que nous  les connaissons, mais la r&eacute;gion pouvait avoir un retard tel que des  charpentes chevill&eacute;es soient encore utilis&eacute;es vers le milieu  ou la fin du si&egrave;cle dernier, et des clous forg&eacute;s encore faits  par un forgeron local jusque dans les ann&eacute;es 20. <\/p>\n<p>  <P> Pour ce qui est des alpages en dessous de Chanin, le premier chalet connu  par la m&eacute;moire locale et par les cartes et celui de l&rsquo;Arcosse (1950m)  encore utilis&eacute; dans les ann&eacute;es 50 et qui a du tomber sans  &ecirc;tre d&eacute;mont&eacute; dans les ann&eacute;es 60. Mais une mazure  avec ses murs est encore tr&egrave;s facilement visible 20 ou 30 m&egrave;tres  plus haut sur l&rsquo;ar&ecirc;te, et un autre emplacement de chalet sur la m&ecirc;me  ar&ecirc;te &agrave; 2000m est visible sans que personne n&rsquo;en ait le souvenir.  A cette m&ecirc;me altitude, se trouve aussi une autre d&eacute;pression  juste contre le virage du chemin apr&egrave;s la travers&eacute;e des arcosses,  avant le lieu dit \u00a0\u00bb les vo&ucirc;tes \u00ab\u00a0, prouvant qu&rsquo;il y a eu l&agrave; il  y a fort longtemps (plus de 100 ans) une construction unique, mais il ne  s&rsquo;agissait pas forc&eacute;ment d&rsquo;un chalet d&rsquo;alpage complet, mais cela pouvait  &ecirc;tre une de ces nombreuses \u00a0\u00bb cabottes \u00ab\u00a0, petites maisons, ou cabanes  servant &agrave; abriter le foin et les faucheurs &agrave; l&rsquo;&eacute;poque  o&ugrave; toute cette montagne &eacute;tait fauch&eacute;e, et le foin  stock&eacute; sur place avant d&rsquo;&ecirc;tre redescendu dans la vall&eacute;e  pour l&rsquo;hiver. <\/p>\n<p>  <P> Il y avait toute une s&eacute;rie de ces cabottes dont on a encore m&eacute;moire  le long du chemin du R&eacute;vi qui parcourt &agrave; mi pente tout le travers  fort pentu (proche de 45&#176;) qui se trouve &agrave; une altitude proche  de 2000m entre l&rsquo;ar&ecirc;te de Chanin et le torrent de Valfroide, chemin  allant du Mollard du Bois &agrave; la Fardeli&egrave;re. Ces travers ont  &eacute;t&eacute; tous fauch&eacute;s pendant le XIXe si&egrave;cle lorsque  la montagne &eacute;tait surpeupl&eacute;e, et c&rsquo;est alors que ces Cabottes  ont d&ucirc; &ecirc;tre construites. Elles &eacute;taient souvent dispos&eacute;es  &agrave; l&#8217;emplacement des \u00ab\u00a0reines \u00a0\u00bb (sortes de synclinaux perch&eacute;s  qui se trouvent &agrave; plusieurs exemplaires, parall&egrave;les entre  l&rsquo;ar&ecirc;te de Chanin et le torrent de Valfroide). Les cabottes ont d&ucirc;  &ecirc;tre abandonn&eacute;es avec la pratique de fauchage intensif juste  apr&egrave;s la guerre de 14, et il n&rsquo;en reste aujourd&rsquo;hui que les traces  plus ou moins importantes de leurs mazures. <\/p>\n<p>  <P> Cependant, la pratique du fauchage en alpage a encore exist&eacute; autour  du dernier chalet de Chanin jusque dans les ann&eacute;es 60. C&rsquo;&eacute;tait  alors les pentes relativement douces se trouvant entre Chanin et l&rsquo;Arcosse  qui &eacute;taient fauch&eacute;es. Le foin coup&eacute; l&agrave; avait  la r&eacute;putation d&rsquo;&ecirc;tre d&rsquo;une excellente qualit&eacute;,  sup&eacute;rieure &agrave; celui coup&eacute; dans la vall&eacute;e, il  &eacute;tait li&eacute; en \u00a0\u00bb barillons \u00a0\u00bb qui &eacute;taient rassembl&eacute;s  &agrave; dos d&rsquo;homme jusqu&rsquo;&agrave; un endroit appel&eacute; \u00a0\u00bb le chargeur  \u00a0\u00bb qui se trouve sur le chemin de Chanin, &agrave; la sortie des arcosses  vers 2100m, puis redescendu dans la vall&eacute;e &agrave; dos de mulet (un  barillon de 30 ou 40 kilos de chaque c&ocirc;t&eacute; du b&acirc;ts). Une  partie du foin pouvait &ecirc;tre stock&eacute;e provisoirement dans la grange  du chalet avant d&rsquo;&ecirc;tre redescendue &agrave; un moment o&ugrave; il  y avait plus de temps disponible pour le faire, et une partie du foin restait  dans la grange m&ecirc;me du chalet. Ce foin servait pour le b&eacute;tail  afin de le nourrir la nuit (les vaches restaient la nuit dans le chalet entre  les deux traites) ou pour les jours o&ugrave; les trop mauvaises conditions  m&eacute;t&eacute;orologiques emp&ecirc;chaient de les faire sortir dehors  (neige en particulier). <\/p>\n<h4><A NAME=\"2b\">2b. les c&acirc;bles<\/A> <\/h4>\n<p>Dans les ann&eacute;es 20 est apparue dans toute cette r&eacute;gion une  technique nouvelle pour descendre le foin vers les maisons des vall&eacute;es:  le c&acirc;ble. Un c&acirc;ble pouvant faire mille m&egrave;tres de longueur  &eacute;tait tendu entre deux points d&rsquo;une d&eacute;nivellation pouvant aller  jusqu&rsquo;&agrave; 200 ou 300 m&egrave;tres. Tous les hommes du village de  rassemblaient pour tendre ce c&acirc;ble pr&eacute;alablement d&eacute;roul&eacute;  par terre. Des poulies sp&eacute;ciales munies d&rsquo;un crochet permettaient  d&rsquo;y suspendre un barillon d&rsquo;une quarantaine de kilos, qui descendait avec  un sifflement caract&eacute;ristique jusqu&rsquo;en bas o&ugrave; se trouvait un  syst&egrave;me pour faire d&eacute;railler la poulie afin que son chargement  tombe par terre. Le foin &eacute;tait alors transport&eacute; dans la grange,  les poulies r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es avec les barres de barillons,  et remont&eacute;es &agrave; dos de mulet au chalet pour le lendemain. Certains  de ces c&acirc;bles arrivaient m&ecirc;me dans la grange elle-m&ecirc;me  de l&rsquo;habitation, &eacute;vitant ainsi une manoeuvre. Un nombre important  ce ces c&acirc;bles ont &eacute;t&eacute; install&eacute;s avant la guerre,  &agrave; tel point que par endroit il y avait un r&eacute;seau important,  et qu&rsquo;il pouvait arriver que certains se croisent en &eacute;tant non loin  l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Deux barillons lanc&eacute;s en m&ecirc;me temps pouvaient  alors se rencontrer, faisant s&#8217;emm&ecirc;ler les c&acirc;bles. Il fallait  alors un courageux pour s&rsquo;aventurer sur le c&acirc;ble assis sur un si&egrave;ge  suspendu &agrave; une poulie et retenu par des cordes par d&rsquo;autres au  d&eacute;part du c&acirc;ble. Il avait la difficile t&acirc;che de  d&eacute;m&ecirc;ler les c&acirc;bles avec le risque des c&acirc;bles qui  se d&eacute;tendent avec un mouvement important au moment o&ugrave; ils sont  lib&eacute;r&eacute;s l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Cela, bien s&ucirc;r &eacute;tait  rare, mais ceux qui l&rsquo;on v&eacute;cu s&rsquo;en souviennent encore bien! <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/CableFoin.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/CableFoinp.jpg\" width=\"400\" height=\"276\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a>\n  <\/p>\n<p>  <P> De Chanin m&ecirc;me, il n&rsquo;y a jamais eu de c&acirc;ble, il y en avait  n&eacute;anmoins un qui partait du chalet de l&rsquo;Arcosse (&agrave; 1950m),  descendant jusqu&rsquo;aux Ram&eacute;es (&agrave; 1660m), puis le foin &eacute;tait  transport&eacute; par un mulet sur la partie relativement horizontale du  chemin contournant Monzard pour retrouver un autre c&acirc;ble au Besset  (1650m) qui descendait jusque dans le fond de la vall&eacute;e pr&egrave;s  de la route &agrave; 1350m. Il fallait alors encore remonter ce foin jusqu&rsquo;au  Villard qui &eacute;tait le village d&rsquo;habitation principale des utilisateurs  de Chanin &agrave; 1500m. Cela peut certes sembler compliqu&eacute;, mais  l&rsquo;usage du c&acirc;ble permettait n&eacute;anmoins, m&ecirc;me dans cette  situation d&eacute;favorable de presque doubler la quantit&eacute; de foin  descendue dans une journ&eacute;e. En effet, un mulet mettait plus de 2h  1\/2 pour aller du Villard &agrave; Chanin, et &agrave; peu pr&egrave;s autant  pour en revenir. Un seul mulet pouvait difficilement faire deux fois le trajet  dans la journ&eacute;e, il pouvait donc ramener de 60 &agrave; 80 kilos de  fois par jour. Avec le c&acirc;ble cette quantit&eacute; pouvait &ecirc;tre  doubl&eacute;e facilement. <\/p>\n<p>  <P> Les c&acirc;bles de Chanin sont aujourd&rsquo;hui d&eacute;mont&eacute;s. On les  voit encore par terre traversant le chemin du R&eacute;vi ou montant vers  l&rsquo;Arcosse. Mais dans d&rsquo;autres endroits, certains ont &eacute;t&eacute;  utilis&eacute;s jusque dans les ann&eacute;es 80. Il en reste encore aujourd&rsquo;hui  un nombre non n&eacute;gligeable qui sont en place m&ecirc;me s&rsquo;ils ne servent  plus, mais leurs propri&eacute;taires les d&eacute;montent de plus en plus  &agrave; cause de la responsabilit&eacute; qu&rsquo;ils auraient &agrave; supporter  au cas o&ugrave; ils causeraient un accident (les attaches rouillent et les  tambours qui avaient servi &agrave; les tendres sont en bois et pourrissent).  Cela est compr&eacute;hensible, mais regrettable, en effet, ces c&acirc;bles  existant ne sont pas interdits, mais on ne pourrait plus avoir l&rsquo;autorisation  d&rsquo;en tendre un nouveau o&ugrave; m&ecirc;me d&rsquo;en retendre un qui est tomb&eacute;.  Il est vrai que ces c&acirc;bles pr&eacute;sentent un risque non  n&eacute;gligeable pour la navigation a&eacute;rienne, et les  h&eacute;licopt&egrave;res en particulier qui doivent toujours &ecirc;tre  tr&egrave;s prudents dans ces r&eacute;gions l&agrave;. <\/p>\n<h4><A NAME=\"2c\">2c. Les traces d&rsquo;anciens chalets<\/A> <\/h4>\n<p>Au sommet des vo&ucirc;tes du Mottet se trouve aussi les vestiges d&rsquo;une  habitation (&agrave; 1920m) dont on voit encore bien les pierres et sa structure  double d&rsquo;une maison principale &agrave; la quelle en est adjointe une plus  petite ou cave, prouvant qu&rsquo;il devait y avoir l&agrave; un chalet complet  probablement d&eacute;truit au d&eacute;but du si&egrave;cle ou juste apr&egrave;s  la premi&egrave;re guerre mondiale. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/CoirnavanLoin.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/CoirnavanPres.jpg\" width=\"400\" height=\"268\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a>\n  <\/p>\n<p>  <P> Il faut enfin citer le plus proche voisin du chalet de Chanin qui est le  chalet de Coirnavan &agrave; 2190m sur la pente d&rsquo;herbe parall&egrave;le  &agrave; l&rsquo;ar&ecirc;te de Chanin, juste s&eacute;par&eacute;e d&rsquo;elle par  le ruisseau intermittent de Coirnavan dans lequel se trouve la source de  Chanin. Cette maison est aujourd&rsquo;hui d&eacute;truite, et remplac&eacute;e  par un abris en t&ocirc;le plac&eacute; entre les trois murs restant, elle  &eacute;tait selon le plan habituel de la maison principale avec sa cave  s&eacute;par&eacute;e, elle a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e jusque  probablement dans les ann&eacute;es 50 et est tomb&eacute;e puis  d&eacute;mont&eacute;e dans les ann&eacute;es 60. <\/p>\n<p>  <P> Il est fr&eacute;quent de trouver dans la montagne des lieux o&ugrave; se  sont trouv&eacute;s avec &eacute;vidence un chalet dans les temps anciens,  mais dont personne n&rsquo;a le souvenir. Les indices de cette pr&eacute;sence  sont un replat dans la pente avec une l&eacute;g&egrave;re d&eacute;pression,  et les in&eacute;vitables grosses feuilles vertes de rhubarbe sauvage que  l&rsquo;on retrouve syst&eacute;matiquement autour des chalets. Cette  v&eacute;g&eacute;tation semble &ecirc;tre due &agrave; l&rsquo;hyperp&acirc;turage,  ou &agrave; une qualit&eacute; particuli&egrave;re de la terre due au  d&eacute;versement continuel du fumier devant le chalet, et on ne la trouve  pour ainsi dire jamais &agrave; l&rsquo;&eacute;tat naturel &agrave; un endroit  o&ugrave; il n&rsquo;y a, par &eacute;vidence, jamais pu y avoir de chalet. Or  on se rend compte qu&rsquo;une fois que ces grosses feuilles ont pris possession  d&rsquo;un terrain, elles peuvent y rester extr&ecirc;mement longtemps, et on les  retrouve presque toujours, m&ecirc;me &agrave; l&#8217;emplacement de chalets disparus  depuis longtemps. Ces rhubarbes ont m&ecirc;me une m&eacute;moire bien plus  longue que celle des habitants des montagnes, continuant de t&eacute;moigner  de la pr&eacute;sence pass&eacute;e d&rsquo;un chalet dont tout le monde a oubli&eacute;  l&rsquo;existence. En tenant compte de tous ces indices, on trouve qu&rsquo;il y a dans  la montagne en g&eacute;n&eacute;ral un nombre consid&eacute;rable d&#8217;emplacements  de chalets, correspondant &agrave; peut pr&egrave;s &agrave; 5 ou 10 fois  le nombre de chalets aujourd&rsquo;hui visibles. En Chanin, cette proportion est  moindre, disons que par rapport aux chalets dont on sait qu&rsquo;ils ont exist&eacute;  au d&eacute;but de ce si&egrave;cle, et que l&rsquo;on peut d&eacute;nombrer aux  alentours de 10 au dessus et au dessous du chalet actuellement restant, on  trouve environs la trace d&rsquo;encore 5 ou 6 autres chalets. Mais il ne faut  pas conclure que tous ces chalets ont exist&eacute; un jour en m&ecirc;me  temps. Il est fort possible et m&ecirc;me probable que certains chalets ont  disparus &agrave; une &eacute;poque, et que d&rsquo;autres ont &eacute;t&eacute;  reconstruits &agrave; une autre &eacute;poque ailleurs. <\/p>\n<p>  <P> En fait, l&rsquo;utilisation de chalets d&rsquo;alpage r&eacute;pondait &agrave; une  n&eacute;cessit&eacute; bien pr&eacute;cise: le manque de terres dans les  lieux plus bas et mieux accessibles. Ce n&rsquo;est donc que lorsque les terres  n&rsquo;&eacute;taient pas suffisantes en bas pour nourrir tous ceux qui vivaient  dessus qu&rsquo;il fallait aller chercher des terres plus &eacute;loign&eacute;es.  Lorsqu&rsquo;en effet, les familles devenaient plus nombreuses, il fallait avoir  plus de b&ecirc;tes, donc plus de pr&eacute;s pour les faire p&acirc;turer,  et plus de pr&eacute;s &agrave; faucher pour avoir de quoi les nourrir l&rsquo;hiver.  Certes, l&rsquo;exploitation d&rsquo;un alpage demandait beaucoup de main d&rsquo;oeuvre, pour  garder les b&ecirc;tes qui y p&acirc;turaient , y traire les vaches  laiti&egrave;res, et ensuite redescendre le fromage et le beurre, mais il  en fallait plus encore quand il s&rsquo;agissait d&rsquo;y faire les foins, avec une  herbe relativement rare, en tout cas beaucoup moins haute que dans la  vall&eacute;e, fauch&eacute;e enti&egrave;rement &agrave; la main, puis descendue  barillon par barillon dans la vall&eacute;e. Mais dans les p&eacute;riodes  de surpopulation de la montagne, on avait de la main d&rsquo;oeuvre, les famille  &eacute;tant nombreuses. On peut donc penser que le nombre de chalets dans  les alpages a toujours &eacute;t&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s en proportion  du nombre de la population habitant dans les vall&eacute;es. Or, ce nombre  ayant fluctu&eacute;, il est certain que le nombre de chalets a fluctu&eacute;  aussi. Quand la population devenait plus nombreuse, on devait chercher &agrave;  exploiter des terres plus lointaines, et donc construire de nouveaux chalets,  et quand la population se r&eacute;duisait pour une raison ou pour une autre,  les chalets devaient &ecirc;tre abandonn&eacute;s (en effet, entretenir un  chalet demande de la main d&rsquo;oeuvre, et entretenir un chalet qui ne sert &agrave;  rien n&rsquo;est pas dans la mentalit&eacute; pragmatique savoyarde). Or un chalet  non entretenu, &eacute;tant donn&eacute; le mode sommaire de construction  (bois et pierres s&egrave;ches), et les conditions climatiques  particuli&egrave;rement rudes se d&eacute;grade tr&egrave;s vite et finit  par tomber, dans les meilleurs des cas, il ne faut gu&egrave;re pour cela  plus de quarante ans. <\/p>\n<p>  <P> Les savoyards d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se souviennent encore d&rsquo;avoir entendu parler  de la construction de chalets neufs dans la montagne. Pour cela, tout le  village, ou plusieurs familles s&rsquo;y mettaient de fa&ccedil;on &agrave; ce  qu&rsquo;il puisse &ecirc;tre construit rapidement apr&egrave;s la p&eacute;riode  des foins, aux environs du mois de septembre. Gr&acirc;ce &agrave; cette  collaboration, le probl&egrave;me du transport &eacute;tait aussi r&eacute;solu  par le grand nombre de mulets montant sans cesse les mat&eacute;riaux. Sans  compter les pierres, il faut pr&egrave;s de 15 &agrave; 20 tonnes de  mat&eacute;riaux, et 20 mulets faisant chacun deux aller et retour dans la  journ&eacute;e montent cela en 5 jours. Les grosses poutres &eacute;taient  mont&eacute;es &agrave; dos d&rsquo;homme: une grande cheville pass&eacute;e &agrave;  chaque extr&eacute;mit&eacute; pouvait permettre &agrave; quatre hommes de  porter une poutre, deux devant et deux derri&egrave;re tenant son  extr&eacute;mit&eacute; de cheville au niveau de l&rsquo;&eacute;paule, devant  le cou. Ainsi, la construction elle-m&ecirc;me pouvait &ecirc;tre faite en  un mois avec une dizaine d&rsquo;hommes exp&eacute;riment&eacute;s. <\/p>\n<p>  <P> Il est probable que le plus souvent il devait s&rsquo;agir de reconstruction, s&rsquo;il  existait d&eacute;j&agrave; un emplacement de chalet quelque part, il &eacute;tait  avantageux de le faire &agrave; cet endroit. D&rsquo;abord parce que les bons endroits  restent des bons endroits, et ensuite parce que l&rsquo;on &eacute;vite ainsi les  travaux de terrassement pr&eacute;paratoires. Mais rien n&#8217;emp&ecirc;che que  des lieux de chalets aient &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;s au profit  de lieux neufs, tout simplement parce que le d&eacute;coupage des  propri&eacute;t&eacute;s des parcelles de montagne a du &eacute;voluer par  les partages, les alliances les achats ou les ventes selon la r&eacute;ussite  ou la r&eacute;gression de telle ou telle famille, et un chalet avait  int&eacute;r&ecirc;t &agrave; &ecirc;tre situ&eacute; au milieu de la zone  de terrain utilis&eacute;e. Certains &agrave; quelque moment de l&rsquo;histoire  pouvaient avoir plus de terre par rapport aux nombres de bouches &agrave;  nourrir, et chercher &agrave; se rapprocher de leur village, d&rsquo;autres au  contraire, pour r&eacute;pondre &agrave; un d&eacute;veloppement trop rapide  de leur famille oblig&eacute;s &agrave; une &eacute;poque de s&rsquo;&eacute;loigner. <\/p>\n<p>  <P> Or l&rsquo;on sait que la d&eacute;mographie de la Savoie a connu un certain nombre  de fluctuations, et en particulier, un pic tr&egrave;s important au cours  du XIXe si&egrave;cle, o&ugrave; la population s&rsquo;est trouv&eacute;e en 50  ans multipli&eacute;e un facteur allant de 2 &agrave; 5. Il est donc  &eacute;vident que c&rsquo;est &agrave; cette &eacute;poque que s&rsquo;est trouv&eacute;e  l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or des chalets d&rsquo;alpage et comme il y a eu un besoin  consid&eacute;rablement accru de chalet d&rsquo;alpages au XIXe si&egrave;cle,  et ce &agrave; un degr&eacute; unique dans toute l&rsquo;histoire de la Savoie,  il est &eacute;vident qu&rsquo;il y a eu &agrave; cette &eacute;poque des  cr&eacute;ations de toute pi&egrave;ce de nouveaux chalets, sur des emplacements  neufs. <\/p>\n<h4><A NAME=\"2d\">2d. La datation des chalets<\/A> <\/h4>\n<p>Il est tr&egrave;s difficile de dater v&eacute;ritablement un chalet. En  effet, par le double facteur des conditions extr&ecirc;mes auxquelles ces  chalets sont soumis et de leur grande fragilit&eacute;, les chalets sont  sans cesse r&eacute;par&eacute;s, refaits, voire m&ecirc;me reconstruits  lorsqu&rsquo;une bourrasque trop importante, une avalanche ou un incendie l&rsquo;avait  en tout ou partie d&eacute;truit. Par cons&eacute;quent, m&ecirc;me si un  chalet est tr&egrave;s ancien, on ne pourra jamais dire qu&rsquo;un chalet, tel  quel date du XVIIe ou du XVIIIe si&egrave;cle. La situation est donc bien  diff&eacute;rente des b&acirc;timents qui se trouvent dans les vall&eacute;es,  o&ugrave; les maisons sont plus r&eacute;sistantes, mieux construites et  moins expos&eacute;es, on trouve de telles maisons avec des pierres grav&eacute;es  t&eacute;moignant de la date de leur construction. <\/p>\n<p>  <P> Pour dater un chalet, il reste n&eacute;anmoins quelques &eacute;l&eacute;ments  ext&eacute;rieurs: la toponymie, l&rsquo;orographie de son site et du chemin qui  y m&egrave;ne, et l&rsquo;architecture. <\/p>\n<p>  <P> La toponymie peut en effet donner de pr&eacute;cieuses indications. Il y  en effet deux cat&eacute;gories de noms: ceux qui aujourd&rsquo;hui encore veulent  dire quelque chose, en fran&ccedil;ais ou en patois, et ceux dont plus personne  ne sait ce qu&rsquo;ils signifient. Un nom trop clair pour un chalet plaide en  g&eacute;n&eacute;ral peu pour son anciennet&eacute;. Par exemple: l&rsquo;Arcosse,  pr&egrave;s de Chanin fait simplement r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la  v&eacute;g&eacute;tation abondante d&rsquo;arcosses qui se trouve pr&egrave;s du  chalet, ou de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de Valfroide, Le Col indique simplement  la situation du chalet dans la montagne, de m&ecirc;me que le Mollard du  Bois fait r&eacute;f&eacute;rence au petit replat se trouvant dans la for&ecirc;t  o&ugrave; a &eacute;t&eacute; construit ce chalet. <\/p>\n<p>  <P> Des noms moins explicites indiquent qu&rsquo;il est question d&rsquo;un lieu que l&rsquo;on  d&eacute;signe ainsi depuis suffisamment longtemps pour que la m&eacute;moire  en ait oubli&eacute; l&rsquo;origine, qu&rsquo;une &eacute;volution ou une d&eacute;formation  du mot ait rendu son origine difficilement reconnaissable, ou encore que  son &eacute;tymologie ne soit plus fran&ccedil;aise ou patoise (plus ou moins  apparent&eacute; &agrave; l&rsquo;italien) mais clairement latine. <\/p>\n<p>  <P> C&rsquo;est le cas de Chanin dont le nom n&rsquo;&eacute;voque rigoureusement rien pour  un savoyard d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et dont l&rsquo;&eacute;tymologie semble &ecirc;tre  le bas latin Calamis qui d&eacute;signait le champ, le p&acirc;turage. On  trouve d&rsquo;ailleurs dans nos montagnes de nombreux noms de lieux qui d&eacute;rivent  de ce mot: La Chal, la Chaumette, la Calmette, les Chalmieux, la Chalme etc&#8230; Et  ici, l&rsquo;&eacute;tymologie nous donne un &eacute;l&eacute;ment de plus: non  seulement le nom remonte au latin, c&rsquo;est &agrave; dire au bas moyen -&acirc;ge,  mais en plus il indique qu&rsquo;&agrave; cette &eacute;poque, les terres de Chanin  &eacute;taient d&eacute;j&agrave; utilis&eacute;es comme p&acirc;turage,  et m&ecirc;me d&eacute;finies comme telles. Le fait qu&rsquo;un chalet ait un nom  avec une origine latine ne suffit pas, en effet, &agrave; prouver qu&rsquo;il est  utilis&eacute; depuis le moyen-&acirc;ge. En effet, beaucoup de chalets ont  pris simplement le nom par lequel on d&eacute;signait le lieu o&ugrave; il  a &eacute;t&eacute; construit, et ce nom peut &ecirc;tre beaucoup plus ancien  que le chalet. Le Chalet de La Saussaz, par exemple s&rsquo;appelle ainsi parce  qu&rsquo;il est &agrave; proximit&eacute; du torrent que l&rsquo;on d&eacute;signe sans  doute depuis toujours ainsi. Il peut en &ecirc;tre de m&ecirc;me de Coirnavan:  il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire qu&rsquo;il y ait un chalet l&agrave; pour que le  lieu o&ugrave; il se trouve soit d&eacute;sign&eacute; par ce nom. <\/p>\n<p>  <P> Ainsi l&rsquo;&eacute;tymologie de Chanin indique qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un p&acirc;turage  extr&ecirc;mement ancien, datant d&rsquo;un millier d&rsquo;ann&eacute;es au moins. Et  &eacute;tant donn&eacute; l&rsquo;&eacute;loignement de cette terre par rapport  aux villages de r&eacute;sidence, il est &eacute;vident qu&rsquo;il y a eu depuis  ce temps une ou des habitations en Chanin pour les mois d&rsquo;&eacute;t&eacute;. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;orographie peut aussi fournir de pr&eacute;cieux &eacute;l&eacute;ments.  D&rsquo;abord au niveau de l&rsquo;endroit-m&ecirc;me du chalet. Lorsque l&rsquo;on construit  un chalet neuf, on ne cherche pas &agrave; priori &agrave; faire des travaux  de terrassements extr&ecirc;mement importants. C&rsquo;est donc le minimum qui  est fait de fa&ccedil;on &agrave; ce que le chalet trouve sa place et que  l&rsquo;on puisse circuler autour. Ensuite, au cours des ann&eacute;es d&rsquo;usage,  deux ph&eacute;nom&egrave;nes peuvent se produire: d&rsquo;une part, les utilisateurs  du chalet peuvent chercher progressivement &agrave; agrandir cet espace autour  du chalet: et d&rsquo;autre part, tout le fumier sorti ann&eacute;e apr&egrave;s  ann&eacute;e et d&eacute;vers&eacute; devant le chalet finit par s&rsquo;accumuler  pour former un talus important. Par cons&eacute;quent: un chalet qui est  implant&eacute; dans un endroit o&ugrave; il ne semble pas y avoir de  modification importante de la courbe naturelle de la pente n&rsquo;est certainement  pas tr&egrave;s ancien, et &agrave; l&rsquo;inverse, un usage pluris&eacute;culaire  d&rsquo;un chalet laisse n&eacute;cessairement des traces. (Encore que ces traces  s&rsquo;estompent progressivement si le chalet est d&eacute;truit depuis plusieurs  ann&eacute;es). <\/p>\n<p>  <P> Le dernier chalet de Chanin est dans ce cas. L&#8217;emplacement du chalet est  consid&eacute;rable, et les ruptures de pente autour du Chalet sont importantes,  supposant, s&rsquo;il fallait les faire artificiellement de d&eacute;placer des  m&egrave;tres cubes et des m&egrave;tres cubes de terre. Il est &agrave;  remarquer de plus que le chalet ayant &eacute;t&eacute; agrandi d&rsquo;une  trav&eacute;e (3m 50) vers l&rsquo;avant juste apr&egrave;s la guerre de 14, il  a fallu qu&rsquo;il y ait devant le chalet la place pour le faire. Il est en effet  peu probable que les constructeurs aient alors choisi de faire un terrassement  d&rsquo;une telle taille au dessus d&rsquo;une pente abrupte. Le bon sens demande donc  que ce soit au cours des si&egrave;cles que les quantit&eacute;s de fumier  sorties quotidiennement aient fini par cr&eacute;er un espace devant le chalet  donnant finalement l&rsquo;id&eacute;e et la possibilit&eacute; de le rallonger.  (Cela a d&rsquo;ailleurs des cons&eacute;quences n&eacute;fastes, puisque l&rsquo;avant  du chalet &eacute;tant construit sur une terre peu stable, il continue de  s&rsquo;enfoncer entra&icirc;nant des mouvements dans la partie avant du mur oriental,  &eacute;tant sans doute la cause de la destruction de ce pignon peu apr&egrave;s  1970). <\/p>\n<p>  <P> Si l&rsquo;on observe maintenant de la m&ecirc;me mani&egrave;re les chalets qui  se trouvent au dessus, on se rend compte qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de semblable pour  les quelques uns juste au dessus sur l&rsquo;ar&ecirc;te, ils se trouvent dans  la pente avec tout juste un creux pour leur construction, en g&eacute;n&eacute;ral  bien plus courte que celle du Chanin actuel. Quant au groupe de chalets  situ&eacute;s les plus hauts, il est difficile d&rsquo;affirmer quoi que ce soit,  car ils se trouvent sur un replat naturellement vaste. On peut juste se demander  se ce replat n&rsquo;aurait pas du l&rsquo;&ecirc;tre encore plus si 5 ou 6 chalets avaient  &eacute;t&eacute; en activit&eacute; pendant un mill&eacute;naire. <\/p>\n<p>  <P> <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Chemin.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Cheminp.jpg\" width=\"400\" height=\"300\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a>L&rsquo;orographie peut ensuite donner des &eacute;l&eacute;ments tr&egrave;s  importants avec l&rsquo;observation des chemins qui m&egrave;nent aux chalets.  En effet, un chemin relativement neuf a plusieurs caract&eacute;ristiques:  il est peu marqu&eacute; ou creus&eacute;, il a peu de variantes, et il a  un trac&eacute; artificiel et rationnel. C&rsquo;est le cas, en particulier, du  chemin menant au chalet de Coirnavan: les lacets sont peu profonds en regard  de ceux de Chanin, et ils forment un zig zag r&eacute;gulier  g&eacute;om&eacute;trique et syst&eacute;matique sur sa langue d&rsquo;herbe. Le  chemin de Chanin est tout le contraire. Il est tout d&rsquo;abord extr&ecirc;mement  creus&eacute;: dans les vo&ucirc;tes (lacets) sous Chanin, certains endroits  sont enfonc&eacute;s de pr&egrave;s de deux m&egrave;tres, or on n&rsquo;imagine  pas quelqu&rsquo;un s&rsquo;amusant &agrave; faire cela artificiellement. L&rsquo;explication,  c&rsquo;est que c&rsquo;est le temps qui avec l&rsquo;aide d&rsquo;un passage r&eacute;p&eacute;t&eacute;  de b&eacute;tail, et avec celle du ruissellement de l&rsquo;eau qui a progressivement  retir&eacute; ces tonnes de terre et de roche pour en faire un chemin creux.  Ensuite le trac&eacute; semble ne r&eacute;pondre &agrave; aucune logique,  les lacets ne sont pas r&eacute;guliers (m&ecirc;me si la pente est, elle,  r&eacute;guli&egrave;re), un esprit du XIXe si&egrave;cle ne l&rsquo;aurait pas  trac&eacute; ainsi. Il faut donc penser que l&rsquo;origine du trac&eacute; du  chemin remonte &agrave; la nuit des temps. (Une illustration de ces deux  types de chemins se trouve juste avant d&rsquo;arriver au chalet. A cet endroit  le chemin actuel passe sur une butte allong&eacute;e avec toujours ce trac&eacute;  erratique. Or on peut voir &agrave; certaines saisons les vestiges d&rsquo;une  variante qui passe dans le fond du vallon longeant cette butte. Mais la  trajectoire g&eacute;om&eacute;trique de cette variante laisse penser qu&rsquo;elle  est relativement r&eacute;cente et que c&rsquo;est bien celle qui est aujourd&rsquo;hui  utilis&eacute;e qui est la plus ancienne). <\/p>\n<p>  <P> Ensuite, un autre ph&eacute;nom&egrave;ne (qui peut d&rsquo;ailleurs contribuer  &agrave; expliquer cette irr&eacute;gularit&eacute;), est constitu&eacute;  par les boucles de chemin qui ont d&ucirc; &ecirc;tre abandonn&eacute;es.  Cela est particuli&egrave;rement visible dans les vo&ucirc;tes du Mottet.  Par le jeu de la solifluction, par endroit, la montagne \u00ab\u00a0coule\u00a0\u00bb, et ainsi,  certaines &eacute;pingles &agrave; cheveux descendent et finissent pas &ecirc;tre  trop bas pour &ecirc;tre utilisables. Une nouvelle est alors cr&eacute;&eacute;e  plus haut. Dans le Mottet, on voit clairement certaines vo&ucirc;tes  extr&ecirc;mement marqu&eacute;es du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;est, se trouver  un m&egrave;tre ou deux plus bas que le chemin, et cela n&rsquo;a pu se faire en  moins de plusieurs si&egrave;cles. <\/p>\n<p>  <P> Le chemin de Chanin est ainsi un des meilleurs t&eacute;moignages sur la  grande anciennet&eacute; de l&rsquo;utilisation de ces pentes comme alpage. Il  tend aussi &agrave; faire penser que c&rsquo;est le chalet du bas qui est le plus  ancien, puisque le chemin n&rsquo;est v&eacute;ritablement bien marqu&eacute; que  jusqu&rsquo;&agrave; lui. Ensuite, on ne retrouve que de tr&egrave;s l&eacute;gers  vestiges de chemin par endroits. De m&ecirc;me, le chemin qui monte &agrave;  la Gouille, mare artificielle permettant de faire boire le b&eacute;tail  &agrave; 2370m n&rsquo;est vraiment marqu&eacute; qu&rsquo;&agrave; partir du chalet  du bas. Le chemin partant de ce chalet est encore bien visible, il fait quelques  lacets sur l&rsquo;ar&ecirc;te puis part &agrave; flan de coteau vers le ruisseau  de Coirnavan. C&rsquo;est &agrave; ce moment que le chemin se s&eacute;pare en  deux: la partie qui reste sur l&rsquo;ar&ecirc;te pour aller vers les chalets du  haut est devenue presque invisible. Le Chemin &agrave; flan de coteau est  lui encore bien marqu&eacute;. A un moment donn&eacute;, un autre chemin  partant des chalets du haut le rejoint horizontalement, et celui-ci est  &eacute;galement tr&egrave;s peu marqu&eacute;. Cela est cependant un  &eacute;l&eacute;ment plus qu&rsquo;une preuve, il subsiste la possibilit&eacute;  d&rsquo;un doute, en effet, le pi&eacute;tinement lors du p&acirc;turage des  b&ecirc;tes a pu d&eacute;grader consid&eacute;rablement des chemins alors  non utilis&eacute;s, et le chalet du bas a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;  pendant pr&egrave;s de 30 ans alors que les autres ne l&rsquo;&eacute;taient plus.  Cet usage a pu contribuer &agrave; continuer de marquer les chemins concernant  ce chalet tout en d&eacute;gradant les autres. <\/p>\n<p>  <P> Un dernier &eacute;l&eacute;ment concernant l&#8217;emprise du chalet sur le terrain  o&ugrave; il est construit peut &ecirc;tre fourni par la v&eacute;g&eacute;tation.  Nous avons vu en effet que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un chalet produit &agrave; la  fois un sur p&acirc;turage dans sa proximit&eacute; et d&rsquo;autre part un  d&eacute;versement de mati&egrave;res organiques qui modifie  consid&eacute;rablement la nature de la terre &agrave; ces endroits. Il s&rsquo;ensuit  que la v&eacute;g&eacute;tation change pour laisser la place &agrave; une  vari&eacute;t&eacute; de rhubarbe sauvage abondante et envahissante, tr&egrave;s  caract&eacute;ristique. Cette rhubarbe peut rester plus d&rsquo;un si&egrave;cle  apr&egrave;s qu&rsquo;un chalet ait &eacute;t&eacute; d&eacute;moli. On trouve  m&ecirc;me dans certains endroits, par exemple sur la Tranch&eacute;e, pente  d&rsquo;herbe permettant d&rsquo;acc&eacute;der au col de Martignare &agrave; partir  du ravin de la Saussaz, ces grosses feuilles vertes, avec au sommet la  d&eacute;pression caract&eacute;ristique de l&#8217;emplacement d&rsquo;un ancien chalet,  et cela &agrave; plusieurs reprises, mais personne ne se souvient de ces  chalets, et Whymper qui est pass&eacute; par l&agrave; en 1880 n&rsquo;en parle  pas alors qu&rsquo;il mentionne tous les autres chalets. Il est loin d&rsquo;&ecirc;tre  absurde de penser qu&rsquo;il y ait eu l&agrave; des chalets &agrave; une &eacute;poque.  Il s&rsquo;agissait en effet d&rsquo;un passage tr&egrave;s important, utilis&eacute;  depuis toujours, reliant les vall&eacute;es des Arves &agrave; celle de La  Grave, et s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de v&eacute;ritables chalets d&rsquo;alpage, il  pouvait s&rsquo;agir de chalets permettant aux troupeaux de faire &eacute;tape  dans leur travers&eacute;e du col pour se rendre de la Grave &agrave; Saint  Jean d&rsquo;Arves (cela peut para&icirc;tre curieux aujourd&rsquo;hui, mais Saint Jean  d&rsquo;Arves avait plus de relation avec la Grave qu&rsquo;avec la vall&eacute;e de  la Maurienne, et l&rsquo;architecture est t&eacute;moin de cette relation  privil&eacute;gi&eacute;e) <\/p>\n<p>  <P> Il est probable, par ailleurs que la long&eacute;vit&eacute; de cette rhubarbe  apr&egrave;s la destruction du chalet correspondant d&eacute;pende de la  dur&eacute;e pendant laquelle ce chalet a &eacute;t&eacute; exploit&eacute;.  Un chalet exploit&eacute; pendant quelques d&eacute;cennies laissera  derri&egrave;re lui cette v&eacute;g&eacute;tation caract&eacute;ristique,  mais quelques d&eacute;cennies suffiront aussi &agrave; ce que la terre soit  &eacute;puis&eacute;e des substances permettant leur d&eacute;veloppement,  et qu&rsquo;elle soit rinc&eacute;e, devant laisser la place &agrave; une  v&eacute;g&eacute;tation plus habituelle. Bien s&ucirc;r, cela ne peut &ecirc;tre  un crit&egrave;re absolu, sans doute peuvent entre en compte des param&egrave;tres  d&rsquo;exposition, de nature de terrain plus ou moins favorables, et que dans  certains endroits elles puissent demeurer plus facilement que dans d&rsquo;autres,  mais c&rsquo;est un &eacute;l&eacute;ment parmi d&rsquo;autres. <\/p>\n<p>  <P> En ce qui concerne Chanin, on trouve peu de ces feuilles autour des chalets  qui existaient sur l&rsquo;ar&ecirc;te au dessus du chalet actuel, alors qu&rsquo;elles  y sont l&agrave; tr&egrave;s abondantes, cela ne plaide une fois de plus  pas pour la grande anciennet&eacute; de ces chalets  sup&eacute;rieurs.<IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Genep94.jpg\" WIDTH=\"422\" HEIGHT=\"283\"  ALIGN=\"Right\" \/> <\/p>\n<p>  <P> Le dernier &eacute;l&eacute;ment objectif pouvant donner des &eacute;l&eacute;ments  de datation d&rsquo;un chalet est son architecture. Cet &eacute;l&eacute;ment n&rsquo;est  pas tr&egrave;s facile &agrave; utiliser, car, comme nous l&rsquo;avons vu, les  chalets passaient leur temps &agrave; &ecirc;tre r&eacute;par&eacute;s, voire  &agrave; &ecirc;tre d&eacute;truits et reconstruits, ne laissant que peu  de chose de la construction originelle. Ainsi, les charpentes, si elles  comportent de tr&egrave;s nombreux &eacute;l&eacute;ments anciens, c&rsquo;est  en g&eacute;n&eacute;ral par r&eacute;utilisation de vieux mat&eacute;riaux,  la structure de la charpente a pu &ecirc;tre modifi&eacute;e. Ainsi, &agrave;  Chanin, la charpente a la particularit&eacute; assez rare d&rsquo;&ecirc;tre &agrave;  simple panne sabli&egrave;re, alors que tous les chalets de la r&eacute;gion  sont &agrave; double panne, l&rsquo;une pos&eacute;e sur le mur de pierre, portant  les entraits, et une autre sur ces entraits parall&egrave;le &agrave; la  premi&egrave;re pour supporte les chevrons. Mais on ne peut savoir s&rsquo;il s&rsquo;agit  l&agrave; d&rsquo;une structure archa&iuml;que, reproduite &agrave; l&rsquo;identique  lors des reconstructions partielles, ou s&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; de r&eacute;pondre  &agrave; un soucis d&rsquo;&eacute;conomie afin d&rsquo;avoir &agrave; monter moins de  bois importants. <\/p>\n<p>  <P> Ce qui demeure, par contre, &agrave; travers les si&egrave;cles, et qui traverse  les restaurations successives, c&rsquo;est le plan au sol. Or, le chalet de Chanin  actuel a dans ce domaine une particularit&eacute; unique, par rapport &agrave;  tous ses voisins. Toutes les traces de chalets &agrave; Chanin, montre qu&rsquo;ils  s&rsquo;agissait toujours, ainsi que c&rsquo;est l&rsquo;usage le plus fr&eacute;quent dans  la r&eacute;gion d&rsquo;une habitation principale comportant la cuisine et  l&rsquo;&eacute;curie, et d&rsquo;une \u00ab\u00a0cave\u00a0\u00bb, construction plus petite juste &agrave;  c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;autre, mais s&eacute;par&eacute;e de celle-ci. Or  le Chanin actuel n&rsquo;a pas de cave s&eacute;par&eacute;e, elle est coll&eacute;e  au chalet en forme d&rsquo;appentis. tr&egrave;s fortement creus&eacute; dans le  sol et dans le roc. Cela ne veut pas dire en soi qu&rsquo;il soit plus ancien,  mais le fait qu&rsquo;il ait un plan de construction diff&eacute;rent, fait penser  qu&rsquo;il ne date pas de la m&ecirc;me &eacute;poque que tous les autres. Or,  comme il est certain que la grande majorit&eacute; des chalets ont  &eacute;t&eacute; construits de toute pi&egrave;ces au XIXe si&egrave;cle,  s&rsquo;il y en a un qui est diff&eacute;rent, c&rsquo;est tr&egrave;s probablement lui  qui est le plus ancien. <\/p>\n<p>  <P> Une autre particularit&eacute; du plan de Chanin est qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas de  cuisine s&eacute;par&eacute;e de l&rsquo;&eacute;curie. On sait en effet que la  cuisine actuelle a &eacute;t&eacute; construite en rallongeant le chalet  au d&eacute;but de ce si&egrave;cle. Or, le plan le plus habituel pour les  chalets d&rsquo;alpage est le suivant: le fa&icirc;te du chalet &eacute;tant dans  le sens de la ligne de plus grande pente, il y a une petite \u00ab\u00a0cuisine\u00a0\u00bb servant  d&rsquo;habitation dans la partie du chalet qui est vers l&rsquo;amont, et l'\u00a0\u00bb&eacute;curie\u00a0\u00bb  prenant les 3\/4 du chalet est vers l&rsquo;aval. Cette disposition avait tout  simplement l&rsquo;avantage que la (ou les) rigole centrale de l&rsquo;&eacute;curie  collectant le fumier pouvaient aboutir directement &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur  du chalet &agrave; son extr&eacute;mit&eacute; et &ecirc;tre &eacute;vacu&eacute;es  ainsi sans fatigue (a). Il est possible que ce fut aussi le cas &agrave;  Chanin avant sa modification, ou plus probablement que la partie d&rsquo;habitation  soit seulement un simple coin dans l&rsquo;&eacute;table, simplement  mat&eacute;rialis&eacute; par une rambarde ou un cloison ou un caillebotis  &agrave; hauteur d&rsquo;homme (b). Mais la cuisine neuve &eacute;tant construite  devant, la rigole ne pouvait plus acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur,  contraignant &agrave; la vider manuellement quotidiennement &agrave; l&rsquo;aide  d&rsquo;un brancard ou d&rsquo;une brouette (c). Cependant, il pouvait arriver que le  chalet soit dispos&eacute; dans une pente si forte que la partie amont du  chalet est compl&egrave;tement enterr&eacute;e, et qu&rsquo;elle soit ainsi  inaccessible. Dans ce cas, si le chalet &eacute;tait tr&egrave;s important  (ce qui &eacute;tait rare en altitude), l&rsquo;avant du chalet pouvait &ecirc;tre  s&eacute;par&eacute; en deux, l&rsquo;une pour l&rsquo;habitation, l&rsquo;autre pour les  b&ecirc;tes, o&ugrave; bien on voit dans certains cas une rigole &agrave;  purin qui passe sous la cuisine, enterr&eacute;e, ou ferm&eacute;e par des  dalles (d). (Le Chalet de la Saussaz &agrave; 2003m mettait en place lui  une autre solution, unique dans toute la vall&eacute;e: le chalet &eacute;tant  tr&egrave;s grand et dans une pente importante, il &eacute;tait &agrave;  deux &eacute;tages: l&rsquo;&eacute;curie tout en bas, avec son acc&egrave;s &agrave;  l&rsquo;aval du chalet, et la cuisine, de grande taille au dessus. La partie amont  du chalet &agrave; l&rsquo;&eacute;tage de la cuisine servait de cave, ou pour  la fabrication du fromage, avec une petite &eacute;curie pour les ch&egrave;vres.  Une esp&egrave;ce de chemin&eacute;e faite avec quatre planches traversait  tout le chalet pour permettre de faire descendre directement le foin de la  grande &agrave; l&rsquo;&eacute;curie, deux &eacute;tages plus bas. Ce chalet a  malheureusement &eacute;t&eacute; d&eacute;truit par le souffle d&rsquo;une avalanche  en 1985.) <\/p>\n<p>  <P> Dans le cas de Chanin, la particularit&eacute; est donc qu&rsquo;avant son allongement,  il n&rsquo;y avait pas de cuisine s&eacute;par&eacute;e, mais une seule porte pour  les humains et pour le b&eacute;tail. Un tel plan se retrouve dans des chalets  pourtant moins rustiques que Chanin parce que plus accessibles comme au Vallon  (&agrave; 1850m). Il est probable qu&rsquo;il n&rsquo;y ait m&ecirc;me pas eu alors de  v&eacute;ritable s&eacute;paration entre la cuisine et l&rsquo;&eacute;curie, autre  qu&rsquo;une barri&egrave;re, un rideau&#8230;. et encore. Il est clair que cette  installation est tr&egrave;s archa&iuml;que, m&ecirc;me pour le XIXe o&ugrave;  une famille ayant une relative aisance cherchait d&eacute;j&agrave; &agrave;  s&eacute;parer les hommes des b&ecirc;tes. Cet &eacute;l&eacute;ment est  un &eacute;l&eacute;ment de plus pour l&rsquo;anciennet&eacute; du chalet de Chanin. <\/p>\n<p>  <P> Il s&rsquo;ensuit de tous ces &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;&eacute;lection  que le chalet restant de Chanin a probablement une origine plus ancienne  que les autres, et qu&rsquo;il est m&ecirc;me sans doute &agrave; l&#8217;emplacement  du plus ancien chalet ayant &eacute;t&eacute; construit au courant du  moyen-&acirc;ge dans cet alpage &eacute;loign&eacute;, certes, mais  privil&eacute;gi&eacute; par ses qualit&eacute;s d&rsquo;exposition et de terre. <\/p>\n<p>  <P> Un ultime &eacute;l&eacute;ment pour affirmer cela, est l&#8217;emplacement de  la source. Un point d&rsquo;eau est &eacute;videmment d&rsquo;une extr&ecirc;me importance  pour la vie dans la montagne. Certes, il est possible, et dans certaines  r&eacute;gions cela se fait, de vivre gr&acirc;ce &agrave; une citerne  recueillant l&rsquo;eau du toit, mais pour que cette eau soit potable et suffisante,  il faut que la citerne soit immense et que cela soit fait avec beaucoup de  soins pour suffire &agrave; l&rsquo;usage de la famille et du troupeau (voire du  potager). Dans la r&eacute;gion des Arves, les sources sont suffisamment  nombreuses pour que l&rsquo;on n&rsquo;ait pas &agrave; chercher cette complication.  Il y avait bien, et il y a toujours &agrave; Chanin un syst&egrave;me permettant  de recueillir l&rsquo;eau du toit, par un cheneau jetant l&rsquo;eau dans un grand tonneau  &agrave; demi enterr&eacute;, mais cette eau n&rsquo;&eacute;tait pas utilis&eacute;e  pour les humains. Seulement pour laver, ou &eacute;ventuellement, si les  pluies n&rsquo;&eacute;taient pas trop anciennes pour que l&rsquo;eau soit rest&eacute;e  propre, pour le  b&eacute;tail. <\/p>\n<p>  <P><A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Tono.html\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/ptono.jpg\" WIDTH=\"284\"  HEIGHT=\"443\" ALIGN=\"Right\" \/><\/A> <\/p>\n<p>  <P> Or, sur le territoire de Chanin, il y a une seule source qui se trouve juste  contre le ruisseau de Coirnavan. On acc&egrave;de &agrave; cette source &agrave;  partir du chalet actuel de Chanin par un chemin de 500m de long en d&eacute;vers,  descendant de 10 ou 20 m&egrave;tres. Elle est r&eacute;put&eacute;e dans  toute la vall&eacute;e pour son bon go&ucirc;t et sa fra&icirc;cheur, mais  il se peut que cette appr&eacute;ciation soit en partie due &agrave; la fatigue  du promeneur ou du chasseur qui, arrivant &agrave; Chanin apr&egrave;s trois  heures d&rsquo;ascension et mille m&egrave;tres de d&eacute;nivel&eacute;e,  appr&eacute;cie tout particuli&egrave;rement cette bonne eau fra&icirc;che  qui le d&eacute;salt&egrave;re. Son d&eacute;bit est toute l&rsquo;ann&eacute;e  tout &agrave; fait honorable, permettant d&rsquo;obtenir 10 litres en moins d&rsquo;une  minute au d&eacute;but de l&rsquo;&eacute;t&eacute;, et en trois ou quatre fois  plus de temps &agrave; la fin d&rsquo;un mois d&rsquo;ao&ucirc;t particuli&egrave;rement  sec. <\/p>\n<p>  <P> Or, s&rsquo;il faut bien 5 minutes du chalet actuel pour aller &agrave; la source  (et un peu plus pour en revenir charg&eacute;), celle-ci se trouvait beaucoup  plus loin des autres chalets. Il y avait, des chalets sup&eacute;rieurs &agrave;  2300m un chemin descendant en zig zag pour aller &agrave; cette source, mais  il fallait alors sans doute au moins 20 mn pour revenir de la source au chalet.  Il y a bien m&eacute;moire d&rsquo;une autres source, plus haute dans le ravin  de Coirnavan, mais qui avait un d&eacute;bit extr&ecirc;mement faible, et  qui ne coulait m&ecirc;me plus en ao&ucirc;t. Il semble donc effectivement  logique que le premier chalet de Chanin ait &eacute;t&eacute; construit le  plus pr&egrave;s possible de la source, et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucun  int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se mettre plus haut si la place du bas &eacute;tait  disponible. On peut donc penser sans grand risque de se tromper que le chalet  actuel de Chanin qui est le plus bas de Chanin et qui se trouve presque  exactement &agrave; l&rsquo;horizontal de la source est bien le plus ancien de  tous. (D&rsquo;autant que le chemin qui m&egrave;ne des Chanin du haut &agrave;  la source ne comporte pas les crit&egrave;res d&rsquo;une grande anciennet&eacute;  que nous avons d&eacute;crits: il est g&eacute;om&eacute;trique, rectiligne,  peu marqu&eacute; et sans variante. Le Chemin horizontal de Chanin au contraire,  par l&rsquo;effet d&rsquo;une solifluction s&eacute;culaire est sinueux et irr&eacute;gulier,  montant et descendant, et a d&ucirc; laisser des variantes abandonn&eacute;es  au dessous de lui quand la terre avait trop modifi&eacute; son cours.) <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;isolement relatif de cette r&eacute;gion de Saint Jean d&rsquo;Arves se manifeste  dans l&rsquo;architecture. Le premier point est le rev&ecirc;tement des toits des  chalets avec des grandes planches d&rsquo;environ 2m sur 20 cm (les bardeaux),  ou plus rarement avec du chaume ou de lourdes pierres plates de 70 sur 40  cm. Ce type de rev&ecirc;tements ne se trouve pas ailleurs en Maurienne,  mais seulement dans les Hautes Alpes. Les bardeaux ne sont pas  embo&icirc;t&eacute;s comme du parquet, mais ils sont simplement clou&eacute;s  bord &agrave; bord sur de forts chevrons, un peu comme des tuiles, de sorte  qu&rsquo;il y ait toujours au moins 2 &eacute;paisseurs de bardeaux. Sur la face  sup&eacute;rieure du bardeau deux rigoles courent sur toute la longueur afin  de guider l&rsquo;eau de ruissellement et de l&#8217;emp&ecirc;cher de couler dans l&rsquo;espace  entre les bardeaux. Si les charpentes des granges dans les villages sont  souvent remarquables par l&rsquo;intelligence et l&rsquo;habilet&eacute; de leur  construction, la charpente du chalet d&rsquo;alpages se caract&eacute;rise par  sa simplicit&eacute; et pas le surdimensionnement de ses &eacute;l&eacute;ments. <\/p>\n<p>  <P> La fa&ccedil;on de construire les portes et les volets pr&eacute;sente  &eacute;galement une originalit&eacute; par rapport &agrave; celle d&rsquo;endroits  moins isol&eacute;s. Le principe de base est d&rsquo;assembler des planches verticales  en les clouant sur deux planches horizontales de la largeur de la porte.  M&ecirc;me si des efforts de d&eacute;coration (au village) ou de protection  (en altitude) son parfois faits, la rigidification de ce simple assemblage  de planches par une planche clou&eacute;e en diagonale est tout &agrave;  fait &eacute;tranger &agrave; la construction traditionnelle (m&ecirc;me  encore actuellement). Cet absence fait qu&rsquo;in&eacute;vitablement la porte  ou le volet, seulement soutenu par ses gonds, va bient&ocirc;t se d&eacute;former  sous son propre poids. Le bas frottant est alors r&eacute;guli&egrave;rement  rogn&eacute;, et l&rsquo;espace apparaissant en haut est colmat&eacute; avec des  moyens de fortunes. Ces efforts r&eacute;p&eacute;t&eacute;s et peu discrets  sont assez &eacute;tranges, puisqu&rsquo;il suffirait de cinq minutes et d&rsquo;une  vieille planche clou&eacute;e en diagonale pour d&eacute;finitivement r&eacute;gler  le probl&egrave;me ! <\/p>\n<h3 ALIGN=left> <A NAME=\"3\">3. La vie quotidienne &agrave; Chanin<\/A> <\/h3>\n<h4><A NAME=\"3a\">3a. l&rsquo;alpage<\/A> <\/h4>\n<p>Mis &agrave; part quelques d&eacute;tails, la vie quotidienne dans les chalets  d&rsquo;alpage n&rsquo;a pratiquement pas chang&eacute;e entre le moyen-&acirc;ge et  les derni&egrave;res ann&eacute;es de leur utilisation intensive vers 1950  ou 1960. Les moyens de transport sont rest&eacute;s les m&ecirc;mes: mulet,  ou &acirc;ne, l&rsquo;&eacute;clairage par bougie, les r&eacute;cipients fait comme  au moyen-&acirc;ge de lattes de bois serr&eacute;es entre elles par une branche  sur un fond circulaire, la traite de la m&ecirc;me mani&egrave;re &agrave;  la main, le fauchage et le ramassage du foin n&rsquo;a pas chang&eacute;, non plus  que la fabrication du beurre et du fromage, ni que la mani&egrave;re de garder  les vaches sans parc dans la montagne. <\/p>\n<p>  <P> Ce qui s&rsquo;est modifi&eacute;, c&rsquo;est l&rsquo;alimentation, avec la pomme de terre  (mais c&rsquo;est peut-&ecirc;tre la seule nouveaut&eacute;) alors qu&rsquo;avant on mangeait &agrave; la place des f&egrave;ves (certains en mangent encore), c&rsquo;est l&rsquo;apparition  du po&ecirc;le en fonte &agrave; la fin du si&egrave;cle dernier, plus efficace  et moins dangereux que la simple chemin&eacute;e avec une hotte, les c&acirc;bles  pour descendre le foin entre les deux guerres, et puis, dans les derni&egrave;res  ann&eacute;es, l&rsquo;apparition de la radio, aidant &agrave; mieux passer la  journ&eacute;e dans la solitude de la montagne. <\/p>\n<p>  <P> <A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Cheminee.html\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pCheminee.jpg\" ALIGN=\"Right\" \/><\/A> Il faut bien dire que cette arri&eacute;ration du mode de vie &eacute;tait  aussi le fait de toutes les hautes vall&eacute;es des environs, jusqu&rsquo;&agrave;  l&rsquo;apparition des routes, entre 1880 et 1940. Au d&eacute;but du si&egrave;cle,  on labourait encore avec des araires, ne retournant pas la terre, alors que  la charrue a &eacute;t&eacute; une des premi&egrave;res inventions permettant  de sortir du moyen-&acirc;ge! Mais les chalets d&rsquo;alpage ne disposant pas  d&rsquo;acc&egrave;s possible par l&rsquo;automobile ont gard&eacute; pour de nombreuses  ann&eacute;es encore, pour ceux qui ont continu&eacute; &agrave; les utiliser  des modes de vie archa&iuml;ques. <\/p>\n<p>  <P> Pour saisir l&rsquo;essentiel de la vie quotidienne dans un chalet d&rsquo;alpage, il  faut comprendre qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une vie de plaisance ou de loisir,  mais exclusivement de travail. Le chalet d&rsquo;alpage n&rsquo;&eacute;tait jamais une  habitation permanente, mais provisoire, ayant pour but d&rsquo;abriter sur le lieu  du travail un ou plusieurs membres de la famille pendant un temps  d&eacute;termin&eacute;. Certes, ce temps pouvait durer de 2 &agrave; 4 mois  dans l&rsquo;ann&eacute;e, mais l&rsquo;aspect utilitaire et fonctionnel &eacute;tait  primordial. On pourrait &agrave; la limite comparer la vie en chalet d&rsquo;alpage,  &agrave; celle de certains b&ucirc;cherons qui &eacute;tablissent des campements  provisoires quand ils travaillent dans des for&ecirc;ts qui sont trop  &eacute;loign&eacute;es de leur habitation. Le chalet d&rsquo;alpage est donc  fondamentalement li&eacute; &agrave; la pratique de l&rsquo;alpage, et il permettait  &agrave; quelqu&rsquo;un d&rsquo;habiter sur place lorsque l&rsquo;alpage &eacute;tait trop  &eacute;loign&eacute; pour revenir chez soi tous les jours. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;alpage en lui-m&ecirc;me, dans ces vall&eacute;es n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une  partie des terres d&rsquo;une famille qui se trouvent particuli&egrave;rement  &eacute;loign&eacute;es et &eacute;lev&eacute;es dans la montagne. Ce n&rsquo;est  pas par go&ucirc;t que l&rsquo;on allait dans les alpages, mais par  n&eacute;cessit&eacute; lorsque les terres proches du village n&rsquo;&eacute;taient  pas suffisantes. On peut ainsi voir certaines familles avoir suffisamment  de bonnes terres en bas pour s&rsquo;&eacute;pargner la peine de l&rsquo;utilisation  d&rsquo;un alpage, tant pour le ramassage du foin que pour le p&acirc;turage. <\/p>\n<p>  <P> Le premier usage, et le plus simple des terres d&rsquo;alpage, vient du fait qu&rsquo;il  y a dans les montagnes des terres tr&egrave;s &eacute;tendues, avec une bonne  herbe, mais uniquement pour quelques semaines par an. On peut ainsi y mettre  pour l&rsquo;&eacute;t&eacute;, et c&rsquo;est l&rsquo;usage le plus courant aujourd&rsquo;hui, des  b&ecirc;tes demandant peu de travail, comme des g&eacute;nisses, ou des troupeaux  de moutons. Ils seront alors revendus avant l&rsquo;hiver. Aujourd&rsquo;hui, cela se  fait tr&egrave;s facilement gr&acirc;ce aux parcs &eacute;lectriques. On  peut alors laisser un troupeau de vaches important dans la montagne sans  autre surveillance qu&rsquo;une visite hebdomadaire. Avant cette invention, il  fallait que quelqu&rsquo;un prenne soin que le troupeau n&rsquo;aille pas n&rsquo;importe o&ugrave;  (d&rsquo;autant plus que les terres, m&ecirc;me dans les alpages sont bien  d&eacute;limit&eacute;es par le cadastre). Il fallait donc au moins une personne  pour le garder. Les moutons, eux allaient beaucoup plus haut jusque vers  les cr&ecirc;tes proches de 3000m dans des terrains communaux, et ils  n&rsquo;&eacute;taient surveill&eacute;s que de tr&egrave;s loin. C&rsquo;&eacute;tait  le plus souvent les jeunes gar&ccedil;ons qui &eacute;taient charg&eacute;s  de monter vers les cr&ecirc;tes pour aller retrouver les moutons, et voir  o&ugrave; ils en &eacute;taient. Cette n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;avoir quelqu&rsquo;un  pour garder les vaches sur place entra&icirc;nait celle qu&rsquo;il ait un abris  pour dormir et se faire &agrave; manger. R&eacute;pondant &agrave; cette  n&eacute;cessit&eacute;, on trouve sous le col de l&rsquo;Infernet, deux tout petits  chalets: Le pr&eacute; des Brun et l&rsquo;Arc qui font &agrave; peine 3m sur 5m  et qui servaient uniquement d&rsquo;abris, sans autre installation. <\/p>\n<p>  <P> Cependant, jusqu&rsquo;il y a quelques ann&eacute;es, une part essentielle de l&rsquo;activit&eacute;  agricole de la vall&eacute;e des Arves &eacute;tait la production de  produits laitiers. Les chalets d&rsquo;alpage devaient donc aussi dans le cas le  plus g&eacute;n&eacute;ral pouvoir accueillir des vaches laiti&egrave;res.  Cela supposait toute une installation, avec en particulier une &eacute;table  (appel&eacute;e \u00ab\u00a0&eacute;curie\u00a0\u00bb) pour pouvoir traire les vaches. Celles-ci  passaient la nuit dans le chalet avant la seconde traite du matin 12 heures  plus tard avant d&rsquo;&ecirc;tre remises dans les pr&eacute;s des montagnes,  toujours gard&eacute;es par quelqu&rsquo;un. Ces terres d&rsquo;alpage pouvaient enfin  servir pour &ecirc;tre fauch&eacute;es afin de remiser du foin pour tout  l&rsquo;hiver o&ugrave; le sol &eacute;tant recouvert de neige, m&ecirc;me dans  les villages, il fallait, comme encore aujourd&rsquo;hui nourrir les b&ecirc;tes  restant tout ce temps &agrave; l&rsquo;&eacute;table. <\/p>\n<p>  <P> Lorsque le chalet n&rsquo;&eacute;tait pas trop loin de l&rsquo;habitation principale  (moins d&rsquo;une heure de marche), la personne s&rsquo;occupant de garder les vaches  et de les traire pouvait revenir dormir &agrave; la maison. Le Chalet  n&rsquo;&eacute;tait alors qu&rsquo;une simple &eacute;table, b&acirc;timent fonctionnel  permettant de rassembler les vaches laiti&egrave;res et d&rsquo;y faire le beurre. <\/p>\n<p>  <P> Certaines familles avaient deux chalets &agrave; deux altitudes  diff&eacute;rentes, utilis&eacute;s successivement. C&rsquo;est le cas de Chanin,  le village de base en &eacute;tait le Villard &agrave; 1500m d&rsquo;altitude,  le premier chalet se trouvait Aux Ram&eacute;es &agrave; 1650m, on y allait  en gros &agrave; partir du mois mai, d&eacute;but juillet on montait &agrave;  Chanin &agrave; 2200m et on en redescendait mi septembre pour repasser  un mois par les Ram&eacute;es avant de regagner le village pour tout l&rsquo;hiver. <\/p>\n<p>  <P> Bien s&ucirc;r, toute la famille n&rsquo;habitait pas dans le chalet pendant  l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Il n&rsquo;y avait en g&eacute;n&eacute;ral pas plus qu&rsquo;une  ou deux personnes adultes, et quelques enfants. Les hommes restaient au village  pour se livrer au dur travail des foins qui devaient &ecirc;tre enti&egrave;rement  fauch&eacute;s, ramass&eacute;s &agrave; la main, puis transport&eacute;.  Le travail de garder les vaches, de les traire, et de faire le beurre comme  le fromage &eacute;tant moins dur que ces travaux. Un homme montait une fois  par semaine avec le mulet pour monter du ravitaillement et pour descendre  la production de beurre et de fromage. Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus de terre  &agrave; faucher en bas, les hommes pouvaient monter quelque temps pour faucher  des terres autour du chalet. Lors du ramassage, pour la plupart ils descendaient  avec le mulet charg&eacute; de foin dormir au village, mais lors du fauchage,  ils pouvaient rester la nuit au chalet, dormant alors dans le foin de la  grange. <\/p>\n<h4><a name=\"3aa\">3aa. Le plan du chalet<\/a><\/h4>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/face.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/facep.jpg\" width=\"200\" height=\"116\" border=\"0\" \/><\/a> <\/p>\n<p>Un chalet d&rsquo;alpage &eacute;tant avant tout d&eacute;fini par sa fonction  de &quot;chalet &agrave; vaches&quot;, l&rsquo;essentiel est l&rsquo;&eacute;table (que  l&rsquo;on appelle &quot;&eacute;curie&quot; l&agrave; bas). Il y a donc une &eacute;curie  au niveau du sol, et un toit. Dans le toit, (la grange), il y a de la place  pour stocker du foin, et on y met aussi diff&eacute;rentes choses. Pour certains  chalets, c&rsquo;&eacute;tait tout. En effet, quand la chalet n&rsquo;&eacute;tait pas  trop loin du village, on n&rsquo;y dormait pas. Quelqu&rsquo;un y allait le soir, et y  retournait le matin pour traire les vaches, mais dormait au village. Quand  le chalet &eacute;tait &eacute;tait trop &eacute;loign&eacute; du village,  il y avait alors une place pour dormir. Dans les plus anciens chalet, c&rsquo;&eacute;tait  juste un coin dans l&rsquo;&eacute;curie, s&eacute;par&eacute; &eacute;ventuellement  par une barri&egrave;re &agrave; claire voie, faite de piquets en lozange.  Et ensuite, il a &eacute;t&eacute; d&rsquo;usage de faire une chambre s&eacute;par&eacute;e. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Ouest.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Ouestp.jpg\" width=\"200\" height=\"103\" border=\"0\" \/><\/a> <\/p>\n<p>Quand le chalet est construit directement avec une chambre, en g&eacute;n&eacute;ral,  celle ci se trouve du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;amont, &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re  du chalet. Cela permet en effet que l&rsquo;&eacute;curie soit vers le bas, et donc  que la rigole des vaches s&rsquo;ouvre directement vers l&rsquo;&eacute;xt&eacute;rieur,  facilitant grandement l&rsquo;&eacute;vacuation du fumier&#8230; A Chanin, &agrave;  l&rsquo;origine, il n&rsquo;y avait pas de chambre. Celle-ci a &eacute;t&eacute; ajout&eacute;e  au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle en agrandissant le chalet vers l&rsquo;aval.  La chambre se trouve donc sur l&rsquo;avant du chalet. C&rsquo;est bien agr&eacute;able  pour nous ajourd&rsquo;hui parce que nous y avons une belle vue, mais c&rsquo;&eacute;tait  peu commode pour le travail des vaches, parce qu&rsquo;il fallait alors sortir tout  le fumier avec un brancard par la porte de l&rsquo;&eacute;curie, et puis la rigole  des vaches coulait vers la chambre&#8230; <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/0.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/0p.jpg\" width=\"200\" height=\"143\" border=\"0\" \/><\/a> <\/p>\n<p>La chambre (ou cuisine) &eacute;tait alors s&eacute;par&eacute;e de l&rsquo;&eacute;curie  par une cloison de bois, elle poss&eacute;dait sa porte propre, et une petite  porte de passage permettait d&rsquo;aller de la cuisine &agrave; l&rsquo;&eacute;curie  sans sortir dehors. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/1.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/1p.jpg\" width=\"200\" height=\"136\" border=\"0\" \/><\/a> <\/p>\n<p>La grange &eacute;tait l&agrave; essentiellement parce qu&rsquo;il fallait bien  un toit l&agrave; dessus&#8230; Il y avait toujours du foin dans la grange, et  ce pour deux raisons. D&rsquo;abord, il en fallait toujours un peu pour nourrir  les vaches dans les cas extraordinaires o&ugrave; il fallait les garder &agrave;  l&rsquo;int&eacute;rieur. Les jours de neige en particulier, surtout en Chanin,  les raides pentes du c&ocirc;t&eacute; de Valfroide devenaient glissantes  et extr&ecirc;mement dangereuses pour les vaches qui pouvaient s&rsquo;y tuer. Et  puis, du foin dans la grange, &ccedil;a fait du poids, &ccedil;a emp&ecirc;che  le vent d&rsquo;entrer dans la grange, et c&rsquo;est donc un facteur de s&eacute;curit&eacute;  pour le chalet l&rsquo;hiver. Et puis dans la grange, il y avait aussi tout le reste  qu&rsquo;on ne savait pas o&ugrave; ranger, des outils, des restes de bois ou de  mat&eacute;riaux, des v&ecirc;tements et des couvertures accroch&eacute;es,  ou suspendues hors de la port&eacute;e des souris, et m&ecirc;me parfois des  lits pour les familles nombreuses&#8230; <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Sud.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Sudp.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" border=\"0\" \/><\/a> <\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a jamais en g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;acc&egrave;s direct &agrave; la  grange par l&rsquo;int&eacute;rieur. Il fallait toujours sortir dehors. Et comme  les chalets &eacute;taient le plus souvent sur des terrains en pente, on entrait  de plain pied dans la grange par l&rsquo;arri&egrave;re du chalet, du c&ocirc;t&eacute;  de l&rsquo;amont. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Est.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/Plans\/Estp.jpg\" width=\"200\" height=\"106\" border=\"0\" \/><\/a>Il  y avait enfin toujours une &quot;cave&quot;, attenante ou &agrave; proximit&eacute;  du chalet. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un pi&egrave;ce fra&icirc;che pour conserver le  beurre, les fromages et le lait pendant la nuit pour qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;cr&ecirc;me.  A Chanin, c&rsquo;est une sorte d&rsquo;appentis coll&eacute; &agrave; la maison, mais  souvent cette &quot;cave&quot; &eacute;tait s&eacute;par&eacute;e. C&rsquo;&eacute;tait  donc un petit b&acirc;timent &agrave; un m&egrave;tre ou deux de la maison  principale, surmont&eacute; ou non d&rsquo;une sorte de chambre en bois permettant  de ranger certaines choses pr&eacute;cieuses. <\/p>\n<p>A Chanin, la &quot;cave&quot; &eacute;tait remarquablement fra&icirc;che,  et elle &eacute;tait bien con&ccedil;ue pour &ccedil;a. D&rsquo;abord elle est pratiquement  enti&egrave;rement enterr&eacute;e, le fond en est la roche m&ecirc;me de  la montagne, et elle est s&eacute;par&eacute;e de l&rsquo;&eacute;curie par un mur  &eacute;pais, son plafont &eacute;tait fait de tr&egrave;s grosses planches  recouvertes d&rsquo;une forte &eacute;paisseur de terre, et au dessus de cela &eacute;tait  un toit en lauzes (alors que le reste du chalet &eacute;tait couvert de bois). <\/p>\n<h4><A NAME=\"3b\">3b. L&rsquo;am&eacute;nagement<\/A> <\/h4>\n<p>La \u00ab\u00a0cuisine\u00a0\u00bb (seule pi&egrave;ce habitable du chalet) servait &agrave; la  fois de cuisine, de salle &agrave; manger, et de chambre &agrave; coucher.  Il s&rsquo;agit d&rsquo;une petite pi&egrave;ce d&rsquo;environs 15m2 juste assez haute pour  passer sous les poutres sans s&rsquo;y cogner la t&ecirc;te ouvrant, ouvrant sur  l&rsquo;ext&eacute;rieur par une porte, et &eacute;clair&eacute;e par une petite  fen&ecirc;tre parfois gu&egrave;re plus grande que 30 cm sur 30 cm. <A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Interieur.html\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pInt1.jpg\" WIDTH=\"419\" HEIGHT=\"272\"  ALIGN=\"Right\" \/><\/A>Cette cuisine comporte toujours le m&ecirc;me mobilier:  deux lits souvent faits avec des planches, un po&ecirc;le en fonte derri&egrave;re  lequel il y a un banc o&ugrave; se trouve la batterie de cuisine, une table,  un banc, des tabourets et &eacute;ventuellement un petit buffet (il n&rsquo;y en  avait pas &agrave; Chanin, la vaisselle &eacute;tant comme souvent rang&eacute;e  dans l&rsquo;&eacute;paisseur de la table dont le c&ocirc;t&eacute; s&rsquo;ouvrait.  La coutume de ranger toute la vaisselle, verres, assiettes et couverts dans  la table se trouve encore dans beaucoup de chalets o&ugrave; tout cela se  trouve dans les tiroirs). Il y avait aussi des &eacute;tag&egrave;res  clou&eacute;es sur les murs, dont la tranche des planches &eacute;taient  presque toujours d&eacute;cor&eacute;es de frises faites artisanalement,  &agrave; partir de papier d&eacute;coup&eacute;, et m&ecirc;me  &eacute;ventuellement de papier journal! Lorsque la cuisine &eacute;tait  trop petite, il &eacute;tait fr&eacute;quent m&ecirc;me que la table soit  escamotable, pouvant se relever le long d&rsquo;une cloison en bois avec un pied  unique au bout de la partie libre, un petit loquet en bois la maintenant  lev&eacute;e quand elle ne servait pas. <\/p>\n<p>  <P> En fait, la qualit&eacute; du mobilier d&eacute;pendait essentiellement de  l&rsquo;&eacute;loignement du chalet par rapport au village. Dans de gros chalets  qui devaient &ecirc;tre utilis&eacute;s en permanence d&rsquo;avril &agrave; octobre,  comme au Vallon, on trouve un mobilier fait l&rsquo;hiver dans la vall&eacute;e  et mont&eacute; l&agrave;, avec des lits semblables &agrave; ceux que l&rsquo;on  trouverait dans les villages, des buffets chevill&eacute;s et m&ecirc;me  des vaisseliers. Un chalet comme Chanin &eacute;tait trop &eacute;loign&eacute;  pour que cela soit envisag&eacute;. Le mobilier avait donc &eacute;t&eacute;  fait sur place avec les moyens du bord (sauf la table et un petit coffre,  sans doute achet&eacute; dans la vall&eacute;e &agrave; un de ces nombreux  colporteurs souvent d&rsquo;origine italienne qui passaient vendre leur production).  Les lits &eacute;taient de simples caisses en bois sur&eacute;lev&eacute;es  par quatre pieds, avec une d&eacute;coupe abaissant un des c&ocirc;t&eacute;s  pour y acc&eacute;der plus facilement. A Chanin, un des deux lits &eacute;tait  fait de bois de r&eacute;cup&eacute;ration, comme on pouvait le voir aux  rainures des planches, t&eacute;moignant de leur usage au si&egrave;cle dernier  en tant que bardeaux pour couvrir le toit. Ces lits &eacute;taient simplement  remplis de foin, une grosse toile &eacute;tal&eacute;e par dessus, et deux  ou trois couvertures permettaient de passer assez confortablement les nuits  froides de montagne o&ugrave; &agrave; 2200m il g&egrave;le presque toutes  les nuits en juillet et en ao&ucirc;t. Les lits &eacute;taient en  g&eacute;n&eacute;ral assez &eacute;lev&eacute;s, de telle sorte que l&rsquo;on  puisse mettre en dessous, sois une r&eacute;serve de bois (les branchages  d&rsquo;arcosses, utilis&eacute;s &agrave; Chanin prennent pas mal de place), soit  de fa&ccedil;on &agrave; ce que puissent se loger en dessous des petits animaux  (moutons, brebis, ou le chien), ce qui permettait d&rsquo;avoir une source de chaleur  en plus pour le dormeur. Il y avait alors souvent devant le lit un banc sur  toute la longueur (s&eacute;par&eacute; du lit, ou en faisant partie) qui  permettait de s&rsquo;asseoir dans la journ&eacute;e, et d&rsquo;acc&eacute;der facilement  &agrave; ce lit sur&eacute;lev&eacute;. S&rsquo;il y avait trop d&rsquo;enfants au chalet,  il pouvait y avoir aussi pour eux un lit mis le long de la cloison dans  l&rsquo;&eacute;curie, les adultes dormant dans la cuisine. <\/p>\n<p>  <P> Les tabourets &eacute;taient de deux sortes, certains permettaient de s&rsquo;asseoir  devant la table pour manger, et d&rsquo;autres plus bas, &agrave; quatre pieds  ronds servaient dans l&rsquo;&eacute;curie pour \u00ab\u00a0tirer\u00a0\u00bb (traire) les  vaches.<A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Interieur.html\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pInt2.jpg\" WIDTH=\"407\"  HEIGHT=\"287\" ALIGN=\"Right\" \/><\/A> <\/p>\n<p>  <P> Le sol de la cuisine pouvait &ecirc;tre de nature tr&egrave;s diff&eacute;rentes  suivant le chalet. Soit de simple terre battue pour les chalets les plus  rudimentaires, soit de grosses pierres pos&eacute;es les unes &agrave;  c&ocirc;t&eacute; des autres pour former des dalles, comme c&rsquo;est le cas &agrave;  Chanin, soit encore en gros plancher ce qui &eacute;tait le plus confortable.  &Agrave; Chanin, ce dallage en pierre avait disparu au cours de la derni&egrave;re  g&eacute;n&eacute;ration sous une couche terreuse de 10 cm environ, probablement  constitu&eacute;e de la terre ou de fumier ramen&eacute; sous les sabots  puis les bottes, de foin et de cro&ucirc;tes de tomme,&#8230; Cela a &eacute;t&eacute;  rendu possible par l&rsquo;inhabituelle hauteur du plafond dans la cuisine de Chanin,  due &agrave; la pente naturelle du terrain et &agrave; la construction tardive  de cette cuisine. Ainsi la mont&eacute;e du sol dans la cuisine n&rsquo;a pas  g&ecirc;n&eacute; ses habitants, tant que le b&eacute;ret passait sous les  poutres. <\/p>\n<p>  <P> Sur les murs on pouvait trouver mis avec des punaises quelques cartes postales  ou photos prises dans des magazines ou ailleurs, mais le plus particulier  est l&rsquo;effort constant pour essayer d&#8217;emp&ecirc;cher le vent de  p&eacute;n&eacute;trer dans l&rsquo;habitation &agrave; travers les planches. Pour  cela la pratique qui se retrouve dans tout les chalets consistait &agrave;  tapisser le mur de journaux, ou d&rsquo;une toile cir&eacute;e, principalement  &agrave; proximit&eacute; du lit. Pour les autres fentes du mur, elles  &eacute;taient souvent bouch&eacute;es comme &agrave; Chanin avec de la bouse  de vache, qui une fois s&eacute;ch&eacute;e adh&egrave;re tr&egrave;s bien  au bois ou &agrave; la pierre et fait un tr&egrave;s bon isolant. <\/p>\n<p>  <P> Pour avoir enfin une image compl&egrave;te de cette cuisine de chalet d&rsquo;alpage,  il faut imaginer que la poutre longeant la cloison int&eacute;rieure  s&eacute;parant la cuisine de l&rsquo;&eacute;curie est garnie de gros clous sur  lesquels sont accroch&eacute;s: des cir&eacute;s, une musette, casquettes  ou b&eacute;rets etc&#8230; et &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la porte, des  b&acirc;tons, indispensables pour manoeuvrer les vaches, et accessoire dont  un savoyard ne se s&eacute;pare jamais pour marcher dans la montagne. <\/p>\n<p>  <P> L&rsquo;am&eacute;nagement de l&rsquo;&eacute;curie &eacute;tait &eacute;videmment aussi  assez sobre. Le sol pouvait en &ecirc;tre de dalles de pierre comme &agrave;  Chanin, ou plus souvent de grosses planches, avec en son centre une rigole,  ou, pour des plus grands chalets, deux rigoles parall&egrave;les  s&eacute;par&eacute;es d&rsquo;un m&egrave;tre, ce qui permettait &agrave; quelqu&rsquo;un  d&rsquo;&eacute;voluer plus facilement entre les deux rang&eacute;es de vaches  parall&egrave;les, le long des murs, les t&ecirc;tes tourn&eacute;es vers  ceux-ci. Une barre de bois courait tout le long des murs avec des trous pour  attacher les vaches par le cou, et une mangeoire faite de trois planches  &eacute;tait en dessous pour y mettre un peu de foin pour la nuit. La race  de vache utilis&eacute;es jusqu&rsquo;il y a quelques ann&eacute;es &eacute;tait  la Tarine, vache de taille relativement modeste mais particuli&egrave;rement  adapt&eacute;e &agrave; la montagne par son agilit&eacute; et sa  r&eacute;sistance, faisant moins de deux m&egrave;tres de longueur. Ainsi,  un chalet avec simple rigole comme &agrave; Chanin devait faire un peu plus  de quatre m&egrave;tres de largeur int&eacute;rieure (donc 5m 50 ext&eacute;rieur  avec des murs de 70 cm), et les chalets &agrave; double rigole faisaient  un m&egrave;tre de plus en largeur. Il fallait en plus pr&eacute;voir une  place pour les veaux, ou les petits agneaux, sous forme de caisse, souvent  non loin de la porte. Cela fait que dans une &eacute;curie comme celle de  Chanin, faisant &agrave; peu pr&egrave;s 9 m&egrave;tres de long, il pouvait  y avoir une vingtaine de vaches laiti&egrave;res: 12 du c&ocirc;t&eacute;  du mur du fond, et 8 du c&ocirc;t&eacute; de la porte. Il y avait aussi des  cochons dans tous les chalets, mais ils avaient un espace &agrave; part pour  eux, souvent un appentis construit sur un bord du chalet. A Chanin, il y  avait une cabane &agrave; cochons &agrave; une dizaine de m&egrave;tres au  dessus du chalet, petite construction &agrave; toit plat avec les trois murs  du fond en pierre, d&rsquo;environs 3m sur 4, avec une petite porte basse devant  perc&eacute;e dans un mur en planche de 1m 50 de haut. <\/p>\n<h4><A NAME=\"3c\">3c. Le travail au chalet<\/A> <\/h4>\n<p>L&rsquo;&eacute;curie de Chanin &eacute;tait fort sombre, la lumi&egrave;re ne  parvenant que par la porte lorsqu&rsquo;elle &eacute;tait ouverte, et par une toute  petite fen&ecirc;tre situ&eacute;e en haut du mur enterr&eacute; du  c&ocirc;t&eacute; de la montagne, ouvrant sous la porte de la grange. Mais  avec de l&rsquo;habitude, la traite des vaches ne n&eacute;cessite pas beaucoup  de lumi&egrave;re.<br \/>\n    Eventuellement, s&rsquo;il &eacute;tait trop tard et  que la nuit tombe d&eacute;j&agrave;, une bougie pouvait fournir la lumi&egrave;re  n&eacute;cessaire. Quand il faisait beau, les vaches &agrave; traire pouvaient &ecirc;tre tout simplement attach&eacute;es dehors &agrave; une sorte de lisse en bois install&eacute;e sur un petit replat juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; du chalet (celui l&agrave; m&ecirc;me o&ugrave; nous avons install&eacute; notre tente de &quot;QG&quot; pendant la reconstruction). Cela r&egrave;glait le probl&egrave;me de la lumi&egrave;re, et &eacute;vitait d&rsquo;avoir &agrave; sortir du fumier ensuite&#8230; La traite des vaches, &agrave; la main &eacute;tait un  travail relativement long et fatiguant. Pour traire une seule vache, il faut  entre 10 et 20 minutes. Il fallait donc plus d&rsquo;une heure  pour traire toutes les vaches, travail qu&rsquo;il fallait r&eacute;p&eacute;ter  deux fois par jour, &agrave; 12h d&rsquo;intervalle. Le lait &eacute;tait ensuite  mis dans de grandes bassines en cuivre pour le laisser reposer jusqu&rsquo;au lendemain de fa&ccedil;on &agrave; ce que la cr&ecirc;me surnage. (Les autres r&eacute;cipients &eacute;taient en bois (les seilles). Ils &eacute;taient fabriqu&eacute;s sur mesure, &agrave; partir de planches  d&rsquo;&eacute;pic&eacute;a solidaris&eacute;es par des cercles en branche  nou&eacute;es, dans chaque chalet il y avait tout un jeu de ces seilles de  proportions diverses selon l&rsquo;usage pr&eacute;vu). Le lait &eacute;tait  ensuite &eacute;cr&eacute;m&eacute; en enlevant la cr&egrave;me surnageant,  gr&acirc;ce &agrave; une poche, petite pelle en bois. La cr&egrave;me mise  &agrave; part pour faire le beurre, et le lait pour faire des tomes, le tout  &eacute;tant stock&eacute; dans la cave fra&icirc;che, avant d&rsquo;&ecirc;tre  redescendu lors de la visite hebdomadaire d&rsquo;un homme avec le mulet et le  ravitaillement. <\/p>\n<p>  <P> Le travail du lait de faisait en g&eacute;n&eacute;ral la journ&eacute;e,  pendant qu&rsquo;un enfant allait garder les vaches dans la montagne. C&rsquo;&eacute;tait  aussi un travail assez long. <\/p>\n<p>  <P>Pour le beurre, il fallait travailler la cr&egrave;me dans une baratte pendant pr&egrave;s de trois quarts d&rsquo;heure, (la dur&eacute;e d&eacute;pendait de la temp&eacute;rature et du temps). Le mod&egrave;le de baratte le plus courant &eacute;tait un &eacute;troit r&eacute;cipient vertical en bois dans lequel trempait un manche termin&eacute; par une rondelle de la taille de l&rsquo;int&eacute;rieur de la baratte, muni de trous. Le manche pouvait coulisser par l&rsquo;orifice d&rsquo;un bouchon au sommet et il suffisait alors d&rsquo;agiter r&eacute;guli&egrave;rement ce manche de haut en bas. Dans les ann&eacute;es cinquante, sont apparues des barattes dont il reste encore un mod&egrave;le &agrave; Chanin faites d&rsquo;un tambour tournant &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une manivelle sur un tr&eacute;teau. Cela permettait &eacute;videmment de traiter une plus grande quantit&eacute; de cr&egrave;me avec moins de fatigue, mais il fallait le m&ecirc;me temps. Le beurre devait ensuite &ecirc;tre lav&eacute; soigneusement avant d&rsquo;&ecirc;tre mis en motte, ou bien dans des moules en bois d&eacute;cor&eacute;s de motifs en reliefs, ces moules &eacute;tant en g&eacute;n&eacute;ral les seuls objets qui n&rsquo;&eacute;taient pas faits par la famille elle-m&ecirc;me, mais achet&eacute;s &agrave; une foire dans la vall&eacute;e. A Chanin, le beurre &eacute;tait mis en mottes et descendu au village o&ugrave; il &eacute;tait vendu. Pour qu&rsquo;il reste frais, il &eacute;tait emball&eacute; dans des feuilles de Gentiane, et arrivait ainsi dans de bonnes conditions. Ce beurre trouvait facilement des acheteurs, parce que celui fait &agrave; Chanin &eacute;tait particuli&egrave;rement r&eacute;put&eacute; dans toutes les Arves et donc recherch&eacute;. Le seul qui lui ait fait concurrence &eacute;tait celui fait aux chalets de la Cochette derri&egrave;re le col des Pr&egrave;s Nouveaux. C&rsquo;est pour cela que quand quelqu&rsquo;un &agrave; table se servait un peu trop copieusement en beurre, il lui &eacute;tait souvent dit dans les Arves: &quot;Tu reviens de la Cochette?&quot;<\/p>\n<p>  <P> La tome, &eacute;tait aussi faite avec soin en faisant chauffer le lait et  en y mettant de la pr&eacute;sure qui &eacute;tait faite par la famille  elle-m&ecirc;me, puis mise dans des moules, toujours en bois avec un linge  &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. Pour la remuer &eacute;tait utilis&eacute; un petit tourillon que l&rsquo;on faisait tourner entre des deux paumes alternativement dans un sens et dans l&rsquo;autre. Ce tourillon &eacute;tait de fabrication tr&egrave;s simple, ce n&rsquo;&eacute;tait rien d&rsquo;autre que le sommet d&rsquo;un petit sapin avec quatre ou cinq branches partant dans toutes les directions. Les moules, eux, n&rsquo;&eacute;taient en fait rien d&rsquo;autre  que l&rsquo;habituelle seille, mais perc&eacute;e de petits trous, et avec un cercle  de bois rentrant &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur sur lequel on mettait une pierre  pour tasser le fromage en attendant qu&rsquo;il se fasse. <\/p>\n<p>  <P> Une fois cela fait, et l&rsquo;&eacute;curie nettoy&eacute;e, il restait encore  &agrave; faire la soupe, pour les hommes, et pour les b&ecirc;tes, &agrave;  aller chercher de l&rsquo;eau &agrave; la source avec des sceaux, &agrave; faire  la lessive, et &agrave; s&rsquo;occuper du petit potager qui pouvait se trouver non loin  du chalet. Celui-ci &eacute;tait plus ou moins riche en fonction de l&rsquo;altitude  du chalet, et du temps que l&rsquo;on y passait. Dans un chalet comme Chanin o&ugrave;  on ne restait gu&egrave;re plus de deux mois, il n&rsquo;y avait pas le temps de  faire pousser beaucoup de choses. Aussi &eacute;tait-ce une simple  \u00ab\u00a0ravi&egrave;re\u00a0\u00bb, dans laquelle poussait des \u00ab\u00a0raves\u00a0\u00bb (une sorte de betterave  ou de navet). <\/p>\n<p>  <P> Cela c&rsquo;&eacute;tait le travail quotidien. Mais il fallait en plus prendre soin des animaux. Il y avait bien s&ucirc;r le cochon qui &eacute;tait mont&eacute; (&agrave; part des vaches), et les moutons. <\/p>\n<p>  <P>A Chanin, l&rsquo;&eacute;curie pouvait contenir environ une quinzaine de vaches. C&rsquo;est donc ce qu&rsquo;il y avait l&agrave; haut. Mais il n&rsquo;y en avait que 4 ou 5 qui donnaient du lait. S&rsquo;il faisait beau, ce sont elles seulement qui &eacute;taient rentr&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;curie pour la traite. Les autres &eacute;taient soit parqu&eacute;es dehors, soit restaient &agrave; peu pr&egrave;s &agrave; c&ocirc;t&eacute; du chalet pendant la nuit. Mais s&rsquo;il venait la neige ou un trop mauvais temps, alors il fallait pouvoir rentrer toutes les vaches &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur en attendant que cela aille mieux. Il y avait aussi 20 ou 30 moutons. Pour essayer qu&rsquo;ils ne s&rsquo;&eacute;loignent pas trop du chalet, du sel &eacute;tait mis pour eux au dessus du chalet. La pluspart de ces moutons &eacute;taient en garde pour l&rsquo;&eacute;t&eacute;. L&rsquo;hiver, il n&rsquo;y en avait que 4 ou 5 qui &eacute;taient gard&eacute;s au village, ils mangeaient les fonds de grange, foin pas assez bon pour les vaches. <\/p>\n<p>  <P>Le cochon, lui, &eacute;tait dans un abris &agrave; part du chalet, une dizaine de m&egrave;tres plus haut. Il mangeait de l&rsquo;herbe et des rhubarbes sauvages bouillies, ainsi que le petit lait. <\/p>\n<p>  <P>En plus de cela, il y avait tout le travail saisonnier, pour lequel il pouvait y avoir du renfort. C&rsquo;&eacute;tait en particulier le cas au moment des foins. Pour cela, on gardait les pentes d&rsquo;herbe qui pouvaient &ecirc;tre les plus r&eacute;guli&egrave;res possibles, pas trop en pentes, et donnant la plus grande hauteur d&rsquo;herbe de bonne qualit&eacute; (des grandes tiges pourrissent et ne plaisent gu&egrave;re aux b&ecirc;tes). Mais dans tous les cas, l&rsquo;herbe n&rsquo;est jamais tr&egrave;s haute autour de 2000 ou 2200m d&rsquo;altitude, et il y avait donc l&agrave; un travail consid&eacute;rable pour un rendement particuli&egrave;rement faible. <\/p>\n<p>  <P> <IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/faucheux.jpg\" WIDTH=\"281\" HEIGHT=\"425\" BORDER=\"0\" ALIGN=\"Right\" \/>Le  travail du fauchage &eacute;tait presque toujours le travail des hommes.  Lev&eacute;s avant le lever du jour, les hommes partaient &agrave; 3, 4,  ou plus pour faucher une parcelle par bandes parall&egrave;les, en montant  dans le sens de la plus grande pente. A l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave; la population  &eacute;tait importante dans la montagne, on a m&ecirc;me fauch&eacute; des  pr&eacute;s extr&ecirc;mement en pente, comme \u00ab\u00a0les travers \u00ab\u00a0, pentes &agrave;  pr&egrave;s de 45&#176; qui descendent vers le R&eacute;vi, c&rsquo;est &agrave;  dire vers la vall&eacute;e de Valfroide. On raconte encore, ce qui est  certainement l&eacute;gendaire mais qui a eu peut-&ecirc;tre une part de  vrai, que dans certaines de ces pentes, les faucheurs &eacute;taient  attach&eacute;s par des cordes accroch&eacute;s &agrave; des pieux au sommet  du champ pour pourvoir tenir debout. C&rsquo;est pour stocker le foin coup&eacute;  l&agrave; , avant de le redescendre dans la vall&eacute;e, et pour permettre  aux faucheurs de dormir sur place qu&rsquo;avaient &eacute;t&eacute; construites  les s&eacute;ries de cabottes, cabanes dont il ne reste que des traces, mais  qui se trouvaient au nombre de 5 ou 6 r&eacute;guli&egrave;rement espac&eacute;es  sur tout le chemin du R&eacute;vi longeant en corniche le bord de Vallefroide  &agrave; mi hauteur. Les propri&eacute;taires de Chanin disposant d&rsquo;un chalet  sur la cr&ecirc;te n&rsquo;avaient pas besoin d&rsquo;avoir de telle cabotte. Le rythme  du fauchage &eacute;tait r&eacute;guli&egrave;rement interrompu par de courtes  s&eacute;ances de r&eacute;&eacute;guisage de la lame, ou lorsque celle-ci  avait heurt&eacute; une pierre, par un petit travail de r&eacute;paration  en martelant la lame sur une petite enclume plant&eacute;e en terre, ce qui  &eacute;tait toujours bienvenu, permettant de s&rsquo;asseoir pour quelque minutes  de repos, mais il n&#8217;emp&ecirc;che que ce travail &eacute;tait &eacute;puisant.  Des faucheurs exp&eacute;riment&eacute;s pouvaient alors faucher pendant  des heures, jusqu&rsquo;au moment de midi, alors qu&rsquo;un faucheur  inexp&eacute;riment&eacute; est &eacute;puis&eacute; en moins d&rsquo;un quart  d&rsquo;heure. D&rsquo;ailleurs un amateur ne saurait couper ne serait-ce qu&rsquo;une seul  brin de cette herbe courte et drue qui pousse en altitude. <\/p>\n<p>  <P> Si le soleil &eacute;tait au rendez-vous, il fallait laisser le foin coup&eacute;  s&eacute;cher au moins une journ&eacute;e, puis le retourner avec un r&acirc;teau  de bois, le relaisser s&eacute;cher une journ&eacute;e, le rassembler en  tas de 30 &agrave; 40 kg qui seront li&eacute;s en barillons. Pour toutes  ces op&eacute;rations, les femmes et les enfants collaboraient, chacun ayant  sa sp&eacute;cialit&eacute;. Ensuite les hommes seuls aid&eacute;s du mulet  faisaient le transport vers la vall&eacute;e. <\/p>\n<p>  <P> Et puis enfin, il ne faut pas oublier, dans la cat&eacute;gorie des travaux  saisonniers, tout le travail qu&rsquo;il y avait avant d&rsquo;ouvrir v&eacute;ritablement  le chalet pour y accueillir les b&ecirc;tes. Il ne faut pas oublier que le  chalet a pass&eacute; de longs mois sans aucun entretien dans l&rsquo;hiver. Or  un chalet comme Chanin reste une construction rudimentaire, pr&eacute;vue  pour &ecirc;tre abrit&eacute; l&rsquo;&eacute;t&eacute;, permettant &agrave; ses  habitants d&rsquo;&ecirc;tre prot&eacute;g&eacute; d&rsquo;un froid mod&eacute;r&eacute;  et de la pluie, mais il est loin d&rsquo;&ecirc;tre totalement &eacute;tanche &agrave;  la neige et aux tourmentes redoutables de l&rsquo;hiver. Il y a toujours des fentes  dans un chalet, les portes sont plus ou moins jointives, et le vent continuel  avec une absence quasi totale de d&eacute;gel pendant tout l&rsquo;hiver, fait  que la neige p&eacute;n&egrave;tre &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur pour s&rsquo;amasser  en quantit&eacute; parfois importante &agrave; certains endroits. <\/p>\n<p>  <P> Cela est vrai en particulier pour la grange, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;une grange  de maison ou de chalet est toujours pr&eacute;vue pour avoir de l&rsquo;a&eacute;ration,  de fa&ccedil;on &agrave; permettre au foin qui y est stock&eacute; de ne  pas fermenter, ou en tout cas de ne pas laisser s&rsquo;accumuler des gaz qui  pourraient s&rsquo;enflammer spontan&eacute;ment. Mais l&rsquo;hiver, cela veut dire  que la neige peut rentrer. A cause de cela, les granges de chalets d&rsquo;altitude  sont en g&eacute;n&eacute;ral moins a&eacute;r&eacute;es que celles des maisons  dans les villages. En particulier, on ne retrouve plus &agrave; partir d&rsquo;une  certaine altitude les beaux pignons ferm&eacute;s par un treillis d&rsquo;arcosses,  et &agrave; Chanin, la grange du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;aval &eacute;tait  m&ecirc;me ferm&eacute;e d&rsquo;une double &eacute;paisseur de planches de fa&ccedil;on  &agrave; emp&ecirc;cher le vent de s&rsquo;engouffrer par les interstices. Normalement,  avant de partir &agrave; l&rsquo;automne, on bourrait du foin sec sur les deux  bords de la grange dans toute la longueur du toit pour boucher les interstices  se trouvant in&eacute;vitablement entre les chevrons au niveau de la poutre  sabli&egrave;re. Cette neige qui rentre dans les granges est maintenant qu&rsquo;ils  ne sont plus visit&eacute;s tous les ans, une grande destructrice de chalets,  car le foin mouill&eacute; l&rsquo;hiver se tasse sur lui-m&ecirc;me et ne parvient  plus &agrave; s&eacute;cher s&rsquo;il n&rsquo;est pas remu&eacute;, il pourrit alors,  entra&icirc;nant le pourrissement des planches qui le portent. Le premier  sympt&ocirc;me est alors la courbure importante que prennent ces planches  qui se ramollissent, puis vient le pourrissement des poutres d&rsquo;entrait, et  la charpente cessant d&rsquo;&ecirc;tre rigide peut &ecirc;tre facilement  d&eacute;truite par un coup de vent plus fort. <\/p>\n<p>  <P> Dans les cuisines aussi, la neige p&eacute;n&eacute;trait in&eacute;vitablement  et parfois en quantit&eacute; importante, s&rsquo;amassant sur le sol, dans les  coins, le long d&rsquo;un mur, sous forme de cong&egrave;re. Mais toute cette neige  s&rsquo;&eacute;vacuait d&rsquo;elle m&ecirc;me au moment du d&eacute;gel, en partant  dans le sol sous forme d&rsquo;eau. Cependant, cette neige apportait souvent avec  elle une quantit&eacute; de poussi&egrave;re terreuses recouvrant tout, qu&rsquo;il  &eacute;tait pr&eacute;f&eacute;rable d&rsquo;enlever. Il fallait ensuite rebrancher  le tuyau du po&ecirc;le (en g&eacute;n&eacute;ral d&eacute;branch&eacute;  pendant l&rsquo;hiver pour &eacute;viter que l&rsquo;eau ou la condensation coulant dans  la chemin&eacute;e ne vienne rouiller la fonte du po&ecirc;le, remettre du  foin neuf dans les lits, nettoyer les innombrables crottes des souris qui  ont profit&eacute; de l&rsquo;abris du chalet pour passe l&rsquo;hiver &agrave; grignoter  tranquillement tout ce qu&rsquo;elles pouvaient trouver: du papier au plastique  des bottes ou des jerricans, en passant par le bois de la table ou des bancs.  Il fallait enfin reboucher tous les trous faits par les animaux au cours  du printemps (mulots, renards, marmottes) afin de rendre le chalet un peu  plus &eacute;tanche au vent. En dehors du chalet, il fallait aussi aller  voir si la source avait bien pass&eacute; l&rsquo;hiver, et &eacute;ventuellement  la r&eacute;am&eacute;nager, pour qu&rsquo;elle coule bien, et que les b&ecirc;tes  puissent y boire dans un petit bac fait avec des planches etc&#8230;. <\/p>\n<p>  <P> A Chanin, il y avait en plus un travail consid&eacute;rable et bien  sp&eacute;cifique: les soins &agrave; donner &agrave; la Gouille. Les points  d&rsquo;eaux, en effet, &eacute;tant rares sur la cr&ecirc;te (seulement la source  de Chanin, et la petite source tr&egrave;s saisonni&egrave;re dans le m&ecirc;me  vallon un peu au dessus), il avait fallu am&eacute;nager une retenue d&rsquo;eau  dans un vaste vallon au dessus des chalets, &agrave; 2300m d&rsquo;altitude. Cela  formait un petit &eacute;tang de 25m sur 15m dont tout le pourtour du  c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;aval &eacute;tait constitu&eacute; par une digue  artificielle de plus d&rsquo;un m&egrave;tre de haut. <A HREF=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Goille.jpg\" target=\"_blank\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Goillep.jpg\" WIDTH=\"400\" HEIGHT=\"189\" border=\"0\"  ALIGN=\"Right\" \/><\/A> <\/p>\n<p>  <P> Cette mare se trouvant dans un petit bassin de r&eacute;ception,  b&eacute;n&eacute;ficiait des eaux de fonte des neiges, puis de celles des  pluies importantes. Pour permettre qu&rsquo;elle soit suffisamment aliment&eacute;e,  un bief d&rsquo;une centaine de m&egrave;tre de long avait &eacute;t&eacute;  creus&eacute; pour aller chercher l&rsquo;eau du ruisseau de Coirnavan alors naissant,  mais b&eacute;n&eacute;ficiant, en cas de pluie, d&rsquo;un bassin de r&eacute;ception  beaucoup plus important. Or cette Gouille &eacute;tait quelque chose  d&rsquo;indispensable, et de tr&egrave;s fragile. Le bief devait &ecirc;tre  r&eacute;vis&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement, son d&eacute;part pouvant  &ecirc;tre emport&eacute; par une pluie trop importante, ou un animal ayant  pu l&rsquo;endommager, le laissant perdre son eau en route. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas  assez d&rsquo;eau, des animaux pouvaient creuser des terriers dans le fond, avec  pour effet de le vider comme un lavabo. S&rsquo;il y avait trop d&rsquo;eau, la digue  pouvait &ecirc;tre emport&eacute;e par le d&eacute;bordement, entra&icirc;nant  d&rsquo;important travaux de r&eacute;fection&#8230; et de toute fa&ccedil;on, les  vaches, &agrave; force de patauger, si elles assuraient ainsi  l&rsquo;&eacute;tanch&eacute;it&eacute; du fond, amenaient de la terre qu&rsquo;il fallait  retirer tout les ans pour &eacute;vite que la mare se comble. Il fallait  donc la recreuser tout les ans, mais pas trop, car sur sa partie est, la  couche de terre imperm&eacute;able n&rsquo;&eacute;tait pas tr&egrave;s importante,  et il y avait le risque, en creusant trop, de la voir ensuite perdre son  eau&#8230; <\/p>\n<p>  <P> Et puis enfin, dernier travail important avant d&rsquo;envisager de faire monter  le troupeau au chalet: d&eacute;gager le chemin. Le Chemin de Chanin, s&rsquo;il  &eacute;tait remis &agrave; plat ferait &agrave; peu pr&egrave;s trois ou  quatre kilom&egrave;tres de long. Cela peut sembler peu pour un chemin que  l&rsquo;on met 3 heures &agrave; parcourir, mais c&rsquo;est consid&eacute;rable quand  il faut l&rsquo;entretenir enti&egrave;rement &agrave; la main. Or, un chemin de  montagne est extr&ecirc;mement fragile, et demande de toute fa&ccedil;on  un entretien r&eacute;gulier, faute de quoi, il peut absolument &ecirc;tre  inutilisable en une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es. Les deux ennemis principaux  des chemins d&rsquo;alpage, sont: les ravinements et les &eacute;boulement, et  surtout &agrave; Chanin, les arcosses, buissons qui poussent &agrave; une  vitesse consid&eacute;rable. <\/p>\n<p>  <P> Les ravinements peuvent &ecirc;tre dans certains chemins un probl&egrave;me  constant et consid&eacute;rable, puisqu&rsquo;il faut alors prendre une pioche  et recreuser le chemin. A Chanin, le probl&egrave;me se pose peu, le chemin  n&rsquo;&eacute;tant pas tr&egrave;s expos&eacute;, mais le chemin qui passe dans  le fond de Valfroide pour acc&eacute;der au pr&eacute; des Bruns, ou pour  monter ensuite &agrave; la Saussaz reste encore aujourd&rsquo;hui du provisoire  d&rsquo;ann&eacute;e en ann&eacute;e sur des centaines de m&egrave;tres. Certains  chemins &eacute;taient m&ecirc;me carr&eacute;ment taill&eacute;s dans des  combes ravin&eacute;es, comme par exemple celui du R&eacute;vi sous Chanin,  en traversant le Recher Il devait alors &ecirc;tre retaill&eacute; &agrave;  la pioche tous les ans. Dans d&rsquo;autres cas, des &eacute;boulements pouvaient  obliger &agrave; contourner l&rsquo;obstacle, comme on le voit sur le chemin montant  au chalet de la Saussaz, qui devait autrefois traverser la combe qui est  contre le chalet pour y acc&eacute;der directement, et qui maintenant doit  monter deux cents m&egrave;tres plus haut, passer au dessus, puis redescendre  ces deux cents m&egrave;tres pour arriver au chalet. Mais m&ecirc;me sur  le chemin de Chanin qui est peu expos&eacute; aux ravinements (sauf &agrave;  l&rsquo;endroit du torrent du Vallon), il fallait veiller &agrave; ce qu&rsquo;il soit  partout bien praticable, pour &eacute;viter qu&rsquo;une vache ne glisse du chemin,  et tombe vers l&rsquo;aval dans des pentes abruptes d&rsquo;o&ugrave; il pourrait &ecirc;tre  tr&egrave;s difficile de la sortir. Il y a d&rsquo;ailleurs encore un endroit,  entre les Ram&eacute;es et la travers&eacute;e du torrent du Vallon o&ugrave;  subsiste une importante barri&egrave;re pour &eacute;viter que des vaches  ne tombent dans l&rsquo;impressionnant ravin que longe le chemin. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Debrouss.jpg\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/Debroussp.jpg\" width=\"269\" height=\"400\" border=\"0\" align=\"right\" \/><\/a> <\/p>\n<p>  <P> Il n&rsquo;en reste pas moins que l&rsquo;ennemi principal du chemin de Chanin sont les  arcosses: sortes de buissons &agrave; racines rampantes majoritairement  r&eacute;pertori&eacute;s comme aulnes verts. Ces arcosses peuvent pousser  de 20 &agrave; 40 centim&egrave;tres par an, et trouvent l&rsquo;endroit des chemins  particuli&egrave;rement accueillants parce qu&rsquo;il y a l&agrave; de la  lumi&egrave;re et de l&rsquo;humidit&eacute;. Il faut donc tous les ans passer  une journ&eacute;e au moins pour couper les arcosses qui commencent &agrave;  g&ecirc;ner le passage, et qui finiraient par l&rsquo;obstruer totalement. Pour  donner une notion de la rapidit&eacute; avec laquelle les arcosses peuvent  obstruer un chemin, il suffit de savoir que le chemin de Chanin a &eacute;t&eacute;  utilis&eacute; et entretenu jusque vers 1962. Or, en 1976, il &eacute;tait  d&eacute;j&agrave; impossible de suivre le chemin dans la partie se trouvant  sous le chalet, contraignant celui qui voulait aller voir le chalet &agrave;  monter droit dans la pente sur l&rsquo;ar&ecirc;te pendant les 200 derniers  m&egrave;tres. Pour r&eacute;tablir &agrave; peu pr&egrave;s correctement  le chemin, il a fallu entre 1992 et 1994 un total de pr&egrave;s de 20  journ&eacute;es de travail compl&egrave;tes!&#8230; et ce n&rsquo;est pas fini, puisque  les arcosses ont d&eacute;j&agrave; repris leur travail&#8230; <\/p>\n<p>  <P> Le chemin &eacute;tant communal, il n&rsquo;avait pas &eacute;chapp&eacute; aux  propri&eacute;taires de Chanin, et seuls utilisateurs dans les 50 derni&egrave;res  ann&eacute;es de toute la partie du chemin &agrave; partir du torrent du  vallon, que l&rsquo;entretient en &eacute;tait normalement &agrave; la charge de  la commune qui devait l&eacute;galement entretenir r&eacute;guli&egrave;rement  un chemin lui appartenant, servant &agrave; un de ses administr&eacute;.  Mais cette obligation l&eacute;gale n&rsquo;a jamais et n&rsquo;est pas pr&ecirc;te &agrave;  &ecirc;tre honor&eacute;e. Il &eacute;tait r&eacute;guli&egrave;rement  r&eacute;pondu aux dol&eacute;ances que ceux qui entretenaient le chemin  devaient se montrer d&eacute;j&agrave; bien heureux puisqu&rsquo;ils en profitaient  pour faire leur bois. Cet argument n&rsquo;&eacute;tait s&ucirc;rement pas  convainquant, mais n&eacute;anmoins pas faux. <\/p>\n<p>  <P> Il faut en effet se rappeler que Chanin se trouve tr&egrave;s au dessus de  la limite des derniers arbres et m&ecirc;me plus haut de pr&egrave;s de 100m  que les derniers arcosses. &Agrave; cette latitude, la for&ecirc;t s&rsquo;arr&ecirc;te  &agrave; 2000m, soit 200m en dessous de Chanin, et encore, les arbres qui  poussent l&agrave; ne sont que des r&eacute;sineux peu efficaces comme  combustible (ils poussent par contre si lentement que leur bois serr&eacute;  a une r&eacute;sistance et une densit&eacute; tout &agrave; fait remarquable,  un sapin centenaire a une dizaine de centim&egrave;tres de diam&egrave;tre).  Par contre, le bois d&rsquo;arcosse est un tr&egrave;s bon combustible. Ce bois  faisant peut-&ecirc;tre des pousses rapides, grossit tr&egrave;s lentement,  &agrave; cause de l&rsquo;altitude, fournit un bois serr&eacute; et dense qui fait  d&rsquo;excellentes braises et de bonnes flammes. Cette qualit&eacute; de combustible  &eacute;tait tellement remarquable qu&rsquo;on descendait m&ecirc;me des arcosses  avec le mulet jusqu&rsquo;au village pour en avoir &agrave; br&ucirc;ler l&agrave;  pendant l&rsquo;hiver. A Chanin, le bois br&ucirc;l&eacute; dans le po&ecirc;le,  &eacute;tait donc uniquement de l&rsquo;arcosse mont&eacute; de plus bas. Les arcosses  coup&eacute;es sur le chemin l&rsquo;&eacute;taient soit avec un croissant Goyard,  soit &agrave; la racine &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une pioche savoyarde aiguis&eacute;e.  Ils n&rsquo;&eacute;taient donc pas perdus, mais laiss&eacute;s sur le bord du  chemin, ils restaient l&agrave; un an pour &ecirc;tre ensuite li&eacute;s  en fagots, et remont&eacute;s bien secs (et donc moins lourds) au chalet  afin d&rsquo;y &ecirc;tre stock&eacute;s dans la grange. Ceux qui avaient pass&eacute;  deux hivers &eacute;taient rep&eacute;rables par leur &eacute;corce  commen&ccedil;ant &agrave; se d&eacute;tacher, et &eacute;taient  d&eacute;laiss&eacute;s comme ayant perdu une grande partie de leurs  qualit&eacute;s de bois de chauffage. <\/p>\n<p>  <P> <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/PortagBois.jpg\" target=\"_blank\"><IMG SRC=\"http:\/\/chanin.net\/images\/PhotosNew\/PortagBoisp.jpg\" WIDTH=\"282\" HEIGHT=\"380\" BORDER=\"0\" ALIGN=\"Right\" \/><\/a> <\/p>\n<p>  <P> Le seul autre combustible utilis&eacute; &agrave; Chanin comme dans beaucoup  de chalets &eacute;tait la bouse de vache. Elle &eacute;tait mise &agrave;  s&eacute;cher dans des petits moules rectangulaires faits de t&ocirc;le  d&rsquo;environs 20cm sur 10cm, suspendus &agrave; des fils de fer dans la grange,  pour donner des briques mises ensuite dans le po&ecirc;le une fois que le  po&ecirc;le &eacute;tait allum&eacute; pour maintenir la chaleur. Ces briques  de bouse se consumaient alors plus qu&rsquo;elles ne br&ucirc;laient vraiment en  ne d&eacute;gageant pas d&rsquo;odeur particuli&egrave;re mais permettaient de  maintenir le feu pendant un certain temps. Cela &eacute;tait bien pratique  pour laisser mijoter la soupe toute la matin&eacute;e ou pour maintenir une  certaine chaleur la nuit (&agrave; cette altitude il fait de -2&#176; &agrave;  +5&#176; la nuit l&rsquo;&eacute;t&eacute;). <\/p>\n<p>  <P> Il ne faut, pour finir, ne pas oublier une chose qui semblait essentielle  &agrave; faire en tout premier lieu pour celui qui monte d&rsquo;abord au chalet:  fleurir la croix. Il y avait en effet, fix&eacute; sur le bout de la poutre  sabli&egrave;re ouest du chalet, une petite croix en fer forg&eacute; qui  avait grande importance. Il est presque constant qu&rsquo;il y ait une ou des croix  sur les chalets, le plus souvent une simple croix de bois juste clou&eacute;e  sur la porte, ou au minimum un crucifix dans la cuisine. A Chanin, il y avait  une croix m&eacute;tallique sur laquelle on pouvait encore lire: \u00a0\u00bb souvenir  du Mont de Lans \u00ab\u00a0. La m&egrave;re de l&rsquo;ancien propri&eacute;taire a pass&eacute;  toute sa vie ses &eacute;t&eacute;s &agrave; Chanin (elle est  d&eacute;c&eacute;d&eacute;e &agrave; plus de 85 ans en 1994, apr&egrave;s  avoir vu en pleurant des larmes de joie les photos de Chanin reconstruit),  elle se souvient que sa m&egrave;re lui disait: \u00a0\u00bb surtout n&rsquo;oublie pas de  fleurir la croix d&egrave;s que tu arrives au chalet \u00ab\u00a0. C&rsquo;&eacute;tait l&agrave;  un acte de pi&eacute;t&eacute; certes, mais aussi un peu int&eacute;ress&eacute;,  car sa m&egrave;re lui disait aussi: \u00a0\u00bb tant que la croix sera l&agrave; &agrave;  sa place, le chalet ne tombera pas \u00ab\u00a0. Or il est vrai que cette croix a  &eacute;t&eacute; vol&eacute;e aux alentours des ann&eacute;es 80, juste  avant que le toit du chalet soit emport&eacute; par une bourrasque de vent,  cr&eacute;ant des dommages tels que pour restaurer le chalet il a fallu le  reconstruire enti&egrave;rement! On peut alors penser par une &eacute;go&iuml;ste  satisfaction que la grand m&egrave;re avait encore raison en disant: \u00a0\u00bb mais  vous savez: celui qui a fait &ccedil;a, cela ne lui portera pas chance \u00ab\u00a0!  (ce serait d&rsquo;autant plus justice qu&rsquo;il n&rsquo;est pas tout &agrave; fait impossible  que celui qui a vol&eacute; la croix soit celui qui a laiss&eacute; la porte  de la grange ouverte l&rsquo;hiver o&ugrave; le vent a emport&eacute; le toit).  Depuis une nouvelle croix en fer forg&eacute; a &eacute;t&eacute; remise  &agrave; la m&ecirc;me place, on ne sait jamais, et une petite croix en bois  a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e sur la porte de la grange. <\/p>\n<h4><A NAME=\"3d\">3d. L&rsquo;alimentation<\/A> <\/h4>\n<p>On mangeait assez simplement au chalet, mais en fait, dans les villages aussi,  sauf dans des occasions exceptionnelles o&ugrave; il pouvait &ecirc;tre fait  un plat particulier, comme un farci, des bugnes, une tartiflette, un lapin  etc&#8230; En fait, les habitants des montagnes disposaient de tr&egrave;s peu  d&rsquo;argent pour acheter des choses &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, et vivaient  jusqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas si longtemps pratiquement en autarcie. Les seules choses  achet&eacute;es &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, &eacute;taient: le caf&eacute;,  le sucre, le sel, les spaghettis, la polenta (semoule de ma&iuml;s). Tout  le reste provenait du potager: l&eacute;gumes, salades, pommes de terre etc&#8230;  des champs: du pain, fait le plus souvent avec de la farine de seigle, de  l&rsquo;&eacute;curie: lait, fromage, et des cochons: jambon, saucisson, et puis  des oeufs, parfois un lapin etc&#8230; On a l&agrave; ce qui constituait l&rsquo;essentiel  des &eacute;l&eacute;ments des repas. <\/p>\n<p>  <P> On ne mangeait donc pratiquement pas de fruits, &agrave; part quelques framboises  ramass&eacute;es le long du chemin du chalet ou sur les bords des pr&eacute;s  fin ao&ucirc;t, et des pommes pour ceux qui &eacute;taient assez riches pour  poss&eacute;der un champ avec des pommiers plus bas dans la vall&eacute;e.  Certains, de la m&ecirc;me mani&egrave;re poss&eacute;daient quelques vignes  dans le fond de la vall&eacute;e, vers Saint Jean de Maurienne pour avoir  leur propre vin, mais cela restait rare. <\/p>\n<p>  <P> Quant &agrave; la viande, l&rsquo;absence de moyen de conservation faisait qu&rsquo;on  ne mangeait pratiquement jamais de viande fra&icirc;che, sauf quand on tuait  le cochon &agrave; l&rsquo;automne, ou lorsque pour circonstance un peu exceptionnelle,  on s&rsquo;offrait un lapin. Et de toute fa&ccedil;on, la viande, sous quelque  forme restait toujours un luxe, et il n&rsquo;en &eacute;tait mang&eacute; qu&rsquo;une  fois par semaine &agrave; peu pr&egrave;s. Une bonne consommation de fromage  et d&rsquo;oeufs permettait de suppl&eacute;er en partie &agrave; cela, mais il  est certain de des carences en protides ou en vitamines entra&icirc;naient  un vieillissement pr&eacute;matur&eacute; de la peau ou d&rsquo;autres  probl&egrave;mes&#8230; bien que certains vivaient tr&egrave;s vieux et en tr&egrave;s  bonne sant&eacute;. <\/p>\n<p>  <P> Au chalet, on mangeait de la m&ecirc;me mani&egrave;re mais souvent plus  simplement encore. A midi, un simple pic-nic avec du pain, du fromage, et  &eacute;ventuellement du saucisson et du p&acirc;t&eacute; faisait l&rsquo;affaire.  Il n&rsquo;y avait alors pas besoin d&rsquo;allumer le po&ecirc;le et de consommer du  bois pour faire chauffer quelque chose, et s&rsquo;il faisait beau, ce pic nic  &eacute;tait pris au soleil, derri&egrave;re le chalet, assis dans la porte  de la grange, ce qui permettait de profiter un peu de la chaleur, malgr&eacute;  un air qui reste frais tout l&rsquo;&eacute;t&eacute;, montant rarement au dessus  de 15 degr&eacute;s, m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la cuisine,  sans b&ecirc;tes et sans po&ecirc;le. <\/p>\n<p>  <P> Le repas du matin &eacute;tait constitu&eacute; comme aujourd&rsquo;hui de caf&eacute;,  de lait et de pain. Sur le pain, on pouvait mettre du beurre, ou le manger  d&eacute;j&agrave; avec du fromage, de la Tomme. Pour faire des tartines,  il pouvait aussi y avoir de la confiture, mais celle-ci &eacute;tait plut&ocirc;t  un luxe, ne disposant pas naturellement de fruits pour en faire. On ne voit  gu&egrave;re dans les villages de fraises ou de groseilles, peut &ecirc;tre  &agrave; cause de l&rsquo;altitude, ou des soins que cela demanderait. On faisait  alors parfois de la confiture de carottes, ou au chalet de la confiture faite  avec la rhubarbe sauvage qui pousse devant les chalets. Les adultes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui  qui ont eu &agrave; en manger &eacute;tant enfant s&rsquo;en souviennent encore  avec une moue significative! <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/actu\/actuimages\/2002\/Ratapetit.jpg\" width=\"425\" height=\"319\" align=\"right\" \/> <\/p>\n<p>  <P> Le v&eacute;ritable repas &eacute;tait donc le plus souvent le soir. Il  &eacute;tait presque toujours constitu&eacute; de pommes de terre, de spaghettis  ou de p&acirc;tes. Les pommes de terre &eacute;taient cuites dans de l&rsquo;eau  sal&eacute;e en laissant chauffer jusqu&rsquo;&agrave; ce que l&rsquo;eau soit totalement  &eacute;vapor&eacute;e, elles devenaient alors agr&eacute;ablement sal&eacute;es  et croustillantes. On pouvait bien-s&ucirc;r aussi les faire &agrave; la  po&ecirc;le, ou bien dans du lait. Il existait aussi un petit pilon taill&eacute;  en bois afin de r&eacute;duire les pommes de terre en pur&eacute;e, et une  fois par semaine, on les accommodait avec du lard pour avoir un peu de viande.  Quant aux p&acirc;tes, elles &eacute;taient d&rsquo;abord saisies dans le fond  du chaudron avec de la graisse, puis de l&rsquo;eau bouillante &eacute;tait  vers&eacute;e dessus en juste quantit&eacute;. Celle-ci s&rsquo;&eacute;vaporait  ou &eacute;tait absorb&eacute;e par les p&acirc;tes pour les laisser juste  &agrave; point dans le fond de la marmite. <\/p>\n<p>  <P> Quant aux l&eacute;gumes, ils pouvaient &ecirc;tre cuits &agrave; l&rsquo;eau,  accommod&eacute;s avec un peu de cr&egrave;me, ou bien, et c&rsquo;&eacute;tait  les cas le plus courant, en potage. Il suffisait pour cela de mettre les  l&eacute;gumes dans un chaudron avec de l&rsquo;eau (l&rsquo;eau de la source de Chanin  ayant d&rsquo;ailleurs la r&eacute;putation de donner une bonne saveur toute  particuli&egrave;re aux soupes) et de laisser le tout sur le po&ecirc;le.  Elle pouvait soit se faire le soir pendant le travail des vaches. (Il y avait  aussi en g&eacute;n&eacute;ral une sorte de soupe faite pour certains animaux,  veaux, cochons, chien etc&#8230;) ou bien, si le feu &eacute;tait allum&eacute;  le matin, il suffisait de mettre le chaudron sur le po&ecirc;le, puis de  laisser cuire le temps que le feu s&rsquo;&eacute;teigne en partant se promener,  faire autre chose, ou aller garder les vaches, et la soupe se faisait toute  seule, cuisant juste le temps voulu. <\/p>\n<p>  <P> Il est de fait qu&rsquo;un po&ecirc;le non recharg&eacute; br&ucirc;le bien pendant  une heure, reste avec de bonnes braises deux heures, mais s&rsquo;&eacute;teint  ensuite. Cela est &agrave; noter, parce que cela montre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible  d&rsquo;avoir un feu qui dure toute la nuit, &agrave; moins, de se relever toutes  les deux heures pour remettre du bois, et c&rsquo;est ce qui pouvait se faire lors  d&rsquo;un s&eacute;jour hors saison, comme &agrave; la Toussaint pour fermer le  chalet, pour la chasse, ou pour effectuer des r&eacute;parations. <\/p>\n<p>  <P> Ce m&ecirc;me po&ecirc;le pouvait aussi servir pour une gourmandise: les  jours de pluie, les escargots sortent nombreux, et le chemin de Chanin a  en particulier la r&eacute;putation d&rsquo;en montrer des gros en grande  quantit&eacute; pour celui qui monte au chalet un jour de pluie. Ces escargots  r&eacute;colt&eacute;s &eacute;taient alors directement mis les uns apr&egrave;s  les autres sur les braises du po&ecirc;le, et mang&eacute;s d&egrave;s que  la coquille commen&ccedil;ait &agrave; br&ucirc;ler avant que l&rsquo;int&eacute;rieur  ne soit calcin&eacute;. Bien s&ucirc;r, on pouvait aussi les pr&eacute;parer  d&rsquo;une fa&ccedil;on plus habituelle, mais la m&eacute;thode rustique est &agrave;  la fois simple (puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a m&ecirc;me pas besoin de les faire  d&eacute;gorger), et savoureuse&#8230; para&icirc;t-il. <\/p>\n<p>  <P> Pour ce qui est enfin des boissons, m&ecirc;me si les hommes consommaient  habituellement du vin dans la vall&eacute;e, c&rsquo;&eacute;tait plut&ocirc;t  de l&rsquo;eau que l&rsquo;on buvait au chalet. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;il &eacute;tait normalement  habit&eacute; par des femmes et des enfants, ensuite parce que des bouteilles  de vin auraient &eacute;t&eacute; lourdes &agrave; monter, alors qu&rsquo;une bonne  eau fra&icirc;che &eacute;tait toujours &agrave; disposition. Cependant,  il y avait toujours au chalet comme au village une bouteille de  G&eacute;n&eacute;pi, liqueur de fabrication locale fort appr&eacute;ci&eacute;e.  Le G&eacute;n&eacute;pi &eacute;tait simplement fait &agrave; partir des  brins de fleurs de g&eacute;n&eacute;pi qui sont assez rares, mais que l&rsquo;on  trouve en abondance sur la cime des Torches &agrave; partir de 2600m. Il  para&icirc;t m&ecirc;me qu&rsquo;on en trouve d&eacute;j&agrave; au sommet du plan  de la Gouille &agrave; 2400m. Quarante de ces brins &eacute;taient mis pendant  au moins quarante jours avec quarante morceaux de sucre dans un bouteille  de Marc de Savoie, et l&rsquo;on obtenait cette boisson forte au go&ucirc;t se  rapprochant un peu de l&rsquo;absinthe. Le g&eacute;n&eacute;pi a un plus la  r&eacute;putation d&rsquo;avoir des qualit&eacute;s toniques et excitantes, cela  &eacute;tait bien plus perceptible lorsqu&rsquo;il &eacute;tait pris en infusion,  ce qui pouvait &ecirc;tre fait, mais avec beaucoup de pr&eacute;caution,  et de mod&eacute;ration, &agrave; cause de la conscience forte des risque  d&rsquo;accident cardiaque que cela pouvait entra&icirc;ner. On raconte m&ecirc;me  que des boucs p&acirc;turant dans un endroit riche en g&eacute;n&eacute;pi  se trouvent ensuite particuli&egrave;rement en forme pour perp&eacute;tuer  leur race, ce qui pouvait inciter les bergers &agrave; les emmener l&agrave;  volontairement! <\/p>\n<p>  <P> On pouvait aussi faire de la liqueur de gentiane, &agrave; partir des racines  des grosses gentianes jaunes qui pullulent dans les herbages plus bas que  le chalet. Avec cette m&ecirc;me racine on peut pr&eacute;parer du vin de  gentiane ressemblant &agrave; la Suez en mettant 5cm de racine &agrave;  mac&eacute;rer avec une bouteille de vin blanc de la vall&eacute;e, un verre  de marc, et un verre de sucre, apr&egrave;s un mois environ le vin a pris  le go&ucirc;t et l&rsquo;agr&eacute;able amertume de la gentiane et il faut retirer  le bout de racine. Enfin on peut, mais c&rsquo;est sans doute plus folklorique  que cela n&rsquo;a &eacute;t&eacute; courant, capturer une vip&egrave;re (elles  &eacute;taient nombreuses &agrave; Chanin, et plus encore maintenant qu&rsquo;il  n&rsquo;y a plus de b&ecirc;tes p&acirc;turant), la laisser je&ucirc;ner pendant  une semaine dans un bocal pour qu&rsquo;elle se vide, puis la plonger dans une  bouteille d&rsquo;alcool. Ce breuvage avait la r&eacute;putation d&rsquo;avoir certaines  propri&eacute;t&eacute;s curatives. <\/p>\n<p><P> Enfin, certaines fleurs pouvaient se consommer en infusion, comme la violette  en particulier, qui devait &ecirc;tre r&eacute;colt&eacute;e au printemps  (c&rsquo;est &agrave; dire en juillet autour du chalet) puis &ecirc;tre mise &agrave;  s&eacute;cher &agrave; l&rsquo;ombre, et elle donnait alors une bonne infusion  avec des qualit&eacute;s recherch&eacute;es. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Situation 1a . Situation g\u00e9ographique 1b. Le climat 1c. La flore et la faune 2. Histoire 2a. la m\u00e9moire 2b. les c\u00e2bles 2c. Les traces d&rsquo;anciens chalets 2d. La datation des chalets 3. La vie quotidienne \u00e0 Chanin 3a. l&rsquo;alpage 3aa. le plan du chalet 3b. L&rsquo;am\u00e9nagement 3c. Le travail au chalet 3d. L&rsquo;alimentation &#8230; <a title=\"le chalet de Chanin\" class=\"read-more\" href=\"http:\/\/chanin.net\/index.php\/le-chalet-de-chanin\/\" aria-label=\"En savoir plus sur le chalet de Chanin\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":5,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-34","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":264,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34\/revisions\/264"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}