 {"id":20,"date":"2012-11-02T21:38:12","date_gmt":"2012-11-02T20:38:12","guid":{"rendered":"http:\/\/chanin.cluster015.ovh.net\/?page_id=20"},"modified":"2012-11-08T16:30:03","modified_gmt":"2012-11-08T15:30:03","slug":"le-chalet-d-alpage","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/le-chalet-d-alpage\/","title":{"rendered":"le chalet<br\/> d&rsquo;alpage"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Mer94.jpg\" alt=\"Chanin et mer de nuage\" width=\"500\" border=\"0\" \/><\/h2>\n<p><a href=\"#Arch\">Architecture<\/a><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#1\">1. La construction d&rsquo;un chalet<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#2\">2. La situation du chalet<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#3\">3. Am\u00e9nagement<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#4\">4. La charpente<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#5\">5. La couverture<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#6\">6. Les murs en pierre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#7\">7. Les ouvertures<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"#contact\">Contact<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/retoursource.jpg\" alt=\"Chanin, au retour de la source\" width=\"430\" height=\"216\" align=\"Right\" border=\"0\" \/><\/p>\n<h2 align=\"center\"><a name=\"Arch\"><\/a>Architecture<\/h2>\n<h3><a name=\"1\"><\/a>1. La construction d&rsquo;un chalet<\/h3>\n<p><span class=\" lettrine\">L<\/span>a construction d&rsquo;un chalet en altitude n&rsquo;\u00e9tait pas un mince affaire. Le probl\u00e8me pour les chalets d&rsquo;altitude est bien entendu le transport, qui se faisait avec un mulet et \u00e0 pied, mais il y a aussi le probl\u00e8me de l&rsquo;argent liquide (les paysans vivaient pratiquement en autarcie et avaient tr\u00e8s peu de liquidit\u00e9), et le probl\u00e8me de temps, la construction s&rsquo;ajoutant au travail d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s important de l&rsquo;exploitation agricole pendant le court \u00e9t\u00e9 montagnard. Heureusement que les familles \u00e9taient nombreuses, souvent trois g\u00e9n\u00e9rations actives \u00e9taient rassembl\u00e9es dans la ferme familiale, et la solidarit\u00e9 avec les voisins \u00e9tait forte. Pour un grand travail comme celui de construire ou de r\u00e9nover un chalet, tout le village se mettait au travail.<\/p>\n<p>Nous avons vu qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le besoin d&rsquo;avoir une habitation en alpage n&rsquo;existe plus vraiment pour l&rsquo;exploitant. Mais m\u00eame quand ils d\u00e9sirent conserver en \u00e9tat leurs chalets d&rsquo;alpage, ils n&rsquo;ont souvent plus ces moyens humains qui permettaient dans le temps de faire ces travaux. Par contre la contrainte financi\u00e8re est moins limitante qu&rsquo;autrefois.<\/p>\n<p>Pour ces raisons, les chalets \u00e9taient construits avec le maximum de mat\u00e9riaux trouv\u00e9s sur place. Une solution est d&rsquo;utiliser la pierre et la terre (ce type de construction \u00e9conomise le transport et l&rsquo;argent, mais est assez long). Une autre possibilit\u00e9 est d&rsquo;utiliser le bois, mais il fallait alors abattre, d\u00e9biter et scier sur place en temps utile les arbres, puis monter le bois depuis le lieu d&rsquo;abattage en for\u00eat jusqu&rsquo;au chalet.<\/p>\n<h3><a name=\"2\"><\/a>2. La situation du chalet<\/h3>\n<p>Il parait \u00e9vident qu&rsquo;un chalet d&rsquo;altitude est soit sur une cr\u00eate soit dans un vallon. En fait cela correspond \u00e0 une ambiance tout \u00e0 fait diff\u00e9rente. Le chalet de cr\u00eate a une vue superbe sur des sommets lointains et des neiges \u00e9ternelles, mais dans celui de vallon on a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre isol\u00e9 sur une terre compl\u00e8tement sauvage, et il est moins expos\u00e9 au intemp\u00e9ries. Dans tous les cas, on se sent en montagne m\u00eame apr\u00e8s plusieurs semaines d&rsquo;habitation : l&rsquo;air, le soleil, la lumi\u00e8re, la v\u00e9g\u00e9tation, et le souffle sont l\u00e0 pour le rappeler. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Mer94.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pMer94.jpg\" alt=\"\" width=\"416\" height=\"282\" align=\"Right\" \/><\/a>On a pas tellement l&rsquo;habitude de se trouver en montagne par mauvais temps, mais quand on habite en montagne, il faut bien que \u00e7a arrive de temps en temps. Le mauvais temps n&rsquo;a souvent rien \u00e0 voir avec celui \u00ab\u00a0d&rsquo;en bas\u00a0\u00bb (ciel gris et pluie fine) : on a l&rsquo;occasion de voir circuler les nuages, changer la lumi\u00e8re, de voir de la neige tomber en juillet, des mers de nuage, ou l&rsquo;impression pas toujours rassurante d&rsquo;\u00eatre vraiment au coeur de l&rsquo;orage&#8230;<\/p>\n<p>L&rsquo;herbe est relativement rase, au maximum elle arrive aux genoux. La pleine floraison a lieu en \u00e9t\u00e9. Les animaux sauvages sont visibles, surtout les marmottes qui rapidement ne s&rsquo;effraient plus de nous voir vivre \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de leur terrier, il arrive m\u00eame qu&rsquo;elles s&rsquo;approchent des chalets pour \u00e9couter la musique de la radio. On peut voir \u00e9galement des, grands t\u00e9tras, des rapaces, et autres choucas. Pour le reste, on voit les traces, ou on entend des grands animaux (chamois, chevreuil, sangliers), et les renards, mais il est rare de les apercevoir.<\/p>\n<p>L&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;un chalet de moyenne altitude en \u00e9t\u00e9 (vers 1700-1900) est assez diff\u00e9rente et donne plus l&rsquo;impression de campagne au printemps que vraiment de montagne. Il y a des bosquets, et m\u00eame quelques arbres fruitiers, l&rsquo;herbe est rapidement assez haute.<\/p>\n<p>Ce climat rude en altitude, surtout l&rsquo;hiver, impose que la construction soit basse, elle ne comprend en g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;un rez-de-chauss\u00e9e sous grange afin d&rsquo;apporter le moins possible de prise au vent. Le chalet est construit dans la pente, la grange s&rsquo;ouvre ainsi de plein pied, et le rez-de-chauss\u00e9e est \u00e0 demi enterr\u00e9. Le grand c\u00f4t\u00e9 est presque toujours selon la ligne de plus grande pente.<\/p>\n<h3><a name=\"3\"><\/a>3. Am\u00e9nagement<\/h3>\n<p>L&rsquo;essentiel du b\u00e2timent est destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exploitation : la grange couvre toute la surface sous le toit, et au rez-de-chauss\u00e9e, au moins les trois quart de la surface est occup\u00e9e par l&rsquo;\u00e9table, et le reste forme une petite pi\u00e8ce d&rsquo;habitation appel\u00e9e cuisine. La s\u00e9paration entre la partie d&rsquo;habitation et l&rsquo;\u00e9table est g\u00e9n\u00e9ralement constitu\u00e9e par une cloison en planches bouvet\u00e9es dans laquelle s&rsquo;ouvre une porte. Parfois il n&rsquo;y a qu&rsquo;une cloison \u00e0 claire-voie ou m\u00eame une simple cloison \u00e0 mi-hauteur. La chaleur du po\u00eale \u00e9tait ainsi compl\u00e9t\u00e9e par la chaleur des animaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9table peut \u00eatre dall\u00e9e avec du schiste ou en fort plancher, et une rigole centrale permet de rassembler le fumier. Souvent cette rigole d\u00e9bouche sur l&rsquo;ext\u00e9rieur ce qui facilite le travail, mais alors la pi\u00e8ce d&rsquo;habitation est du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;amont et cela la rend plus humide (elle est alors \u00e0 demi enterr\u00e9e). Le long des murs de l&rsquo;\u00e9table court simplement une barre de bois sur laquelle s&rsquo;accrochent les cha\u00eenes permettant d&rsquo;attacher les b\u00eates pendant la nuit. Au lieu de cette barre, il y a souvent des cr\u00e8ches en bois qui permettent de donner \u00e0 manger du foin, mais ces cr\u00e8ches prennent de place et le chalet doit \u00eatre plus large pour que deux b\u00eates tiennent en largeur de chaque c\u00f4t\u00e9 de la rigole centrale. La race bovine de cette r\u00e9gion est la tarine qui est r\u00e9sistante, et assez petite. La nuit les vaches laiti\u00e8res et les veaux passent la nuit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, il y a une vingtaine de places dans l&rsquo;\u00e9table du chalet.<\/p>\n<p>La grange occupe tout l&rsquo;espace sous le toit, en une seule grande pi\u00e8ce. Le foin \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u00e9tait une s\u00e9curit\u00e9 en cas de manque (\u00e0 cause de la neige). Mais les quelques lits de la pi\u00e8ce d&rsquo;habitation servant \u00e0 ceux qui restent au chalet (femmes et enfants), la grange est le confortable lit des hommes passant la nuit au chalet. Ce n&rsquo;est pas le but premier, mais une grange charg\u00e9e de foin r\u00e9siste mieux aux temp\u00eates de vent, \u00e0 cause de la charge qui p\u00e8se sur le plancher, et aussi gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9 du foin qui amortit les coups de vent et qui emp\u00eache que celui-ci s&rsquo;engouffre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du toit.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce d&rsquo;habitation \u00e9tait soit en terre battue, soit sommairement dall\u00e9e. En moyenne altitude le sol peut \u00eatre isol\u00e9 avec un plancher, le po\u00eale est alors pos\u00e9 sur des lauzes. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Interieur.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pInt1.jpg\" alt=\"\" width=\"419\" height=\"272\" align=\"Right\" \/><\/a>Cette pi\u00e8ce de petite dimension chauffe vite, cela est aussi du aux murs de pierre et de bois, \u00e0 la petite taille des ouvertures et \u00e0 l&rsquo;isolation du plancher et du foin de la grange.<\/p>\n<p>Une cave est absolument n\u00e9cessaire pour la conservation des produits laitiers. Le lait du soir est mis \u00e0 la cave, et le matin le total du lait de la journ\u00e9e est utilis\u00e9 pour faire du beurre et de la tomme de ch\u00e8vre et de la tome de vache. Ces produits sont conserv\u00e9s dans la cave avant d&rsquo;\u00eatre redescendus dans la vall\u00e9e. La cave a d&rsquo;\u00e9pais murs de pierres, et souvent une vo\u00fbte en pierres recouverte de terre, mais le plafond peut \u00eatre faite de planches \u00e9paisses recouvertes de terre. La pluie est laiss\u00e9e ruisseler dans les murs, cette humidit\u00e9 en s&rsquo;\u00e9vaporant rafra\u00eechit la cave.<\/p>\n<p>Un grenier s\u00e9par\u00e9 est fr\u00e9quent dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Arvan, c&rsquo;est un tout petit chalet enti\u00e8rement construit en bois, \u00e0 peu de distance du chalet. Ces greniers accompagnent toujours les chalets d&rsquo;en bas, mais plus rarement en altitude. Les objets pr\u00e9cieux sont mis dans cette construction solide (les bois sont tr\u00e8s \u00e9pais et soigneusement assembl\u00e9s) \u00e0 l&rsquo;abri des voleurs et du feu qui peu se d\u00e9clarer dans le chalet. Si ces greniers ont une forte serrure, les chalets sont en g\u00e9n\u00e9ral assez sommairement ferm\u00e9s (serrure simple, fil de fer, planche clou\u00e9e en travers pour l&rsquo;hiver).<\/p>\n<h3><a name=\"4\"><\/a>4. La charpente<\/h3>\n<p>Elle est d&rsquo;autant plus simplifi\u00e9e que le chalet est en altitude. S&rsquo;il existe des charpentes complexes dans les villages, dans les chalets d&rsquo;altitude elle est simplement constitu\u00e9e de triangles (fermes) et des trois pannes sabli\u00e8res et fa\u00eeti\u00e8re. Cet ensemble est simplement pos\u00e9 sur les murs de pierre, ou sur les colonnes des murs en bois (il y a quand m\u00eame dans ce cas un assemblage \u00e0 tenon et mortaise).<\/p>\n<p>La poutre \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e dans un arbre qui avait le diam\u00e8tre voulu, contrairement aux poutres modernes qui sont faites dans un bois de dimension sup\u00e9rieure, puis ramen\u00e9es \u00e0 la dimension en sciant quelques planches. La poutre traditionnelle a les coins plus ou moins arrondis laissant subsister l&rsquo;\u00e9corce du tronc (ce que les pros appellent la flache). La partie centrale de la poutre a ainsi 4 flaches, le petit bout du tronc est parfois enti\u00e8rement rond, et le gros bout parfois enti\u00e8rement carr\u00e9. Autrefois les plats \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;herminette, mais ce travail \u00e9tait long et difficile. Une bonne scierie, bienveillante peut r\u00e9aliser ce travail de fa\u00e7on tout \u00e0 fait correcte. Ces poutres ont l&rsquo;avantage d&rsquo;avoir l&rsquo;aspect traditionnel, mais elles sont \u00e9galement plus r\u00e9sistantes parce que le c\u00cfur du bois est au centre de la poutre. On pr\u00e9f\u00e9rera le bois de montagne, parce qu&rsquo;il est plus r\u00e9sistant que celui de plaine, et aussi parce que cela fait travailler les entreprises de montagne. De tout fa\u00e7on, la for\u00eat est replant\u00e9e. Les clous de charpente \u00e9taient forg\u00e9s, de section carr\u00e9e. Les bois portent les traces de chevillage, m\u00eame des chevrons, cela t\u00e9moigne d&rsquo;une technique de construction encore plus ancienne. Pour planter les grosses pointes de charpentier il faut un certain coup de main.<\/p>\n<p>Les granges vides de tout foin, les couvertures plus l\u00e9g\u00e8res, les portes en mauvais \u00e9tat ou laiss\u00e9es ouvertes par des visiteurs inconscients (ou malveillants) font que les toits s&rsquo;envolent plus facilement qu&rsquo;autrefois. Le r\u00e9sultat est spectaculaire, il est courant de voir le toit pos\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9 hors des murs, il va rarement plus loin, en fait c&rsquo;est comme le couvercle d&rsquo;une casserole qui se soul\u00e8ve pour laisser \u00e9chapper la surpression et se repose aussit\u00f4t. Pour faire face \u00e0 ce risque, certains. pr\u00e9f\u00e8rent mettre un c\u00e2ble \u00e0 chacun des angles de la charpente, et de l&rsquo;ancrer dans le sol, ou \u00e0 la base du mur avec une tire-fond. Cela n&rsquo;est pas tr\u00e8s beau, mais est s\u00fbrement efficace (je n&rsquo;ai jamais vu un toit fix\u00e9 arrach\u00e9). Mais il me semble que la masse d&rsquo;une couverture traditionnelle (surtout l&rsquo;hiver avec la neige, \u00e9poque la plus venteuse) et l&rsquo;effet de remplissage du foin devraient suffire.<\/p>\n<h3><a name=\"5\"><\/a>5. La couverture<\/h3>\n<p>Elle est tr\u00e8s d\u00e9pendante des r\u00e9gions, mais comme pour le reste, le mat\u00e9riau de base est trouv\u00e9 localement. Le chaume de seigle, le bardeau ou la lauze. Dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Arvan, ces couvertures traditionnelles ne subsistent qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de vestiges et dans la m\u00e9moire des anciens. Ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s entre les deux guerres par de la t\u00f4le galvanis\u00e9e, et aujourd&rsquo;hui par de la t\u00f4le ondul\u00e9e pr\u00e9-peinte. Ces mat\u00e9riaux ne retiennent pas tellement la neige et sont beaucoup plus l\u00e9ger que les mat\u00e9riaux d&rsquo;origine. La toiture est d&rsquo;autant plus expos\u00e9e \u00e0 s&rsquo;envoler.<\/p>\n<p>La pente du toit donne une indication pour savoir quelle \u00e9tait la couverture originelle. Une toiture en bardeau a une pente de 45\u00b0 \u00e0 50\u00b0, alors qu&rsquo;une toiture en lauze est souvent beaucoup moins raide. Les anciens \u00e9l\u00e9ments de couvertures se retrouvent souvent r\u00e9utilis\u00e9s, par exemple les bardeaux deviennent des liteaux, des fonds de lit ou d&rsquo;armoire, des lauzes servent de dallage ou pour \u00e9carter l&rsquo;eau d&rsquo;un mur,&#8230;<\/p>\n<p>Le bardeau n&rsquo;\u00e9tait pas la planchette qui et commune dans le reste de la Savoie, mais comme dans d&rsquo;autres endroits des Hautes Alpes, le bardeau est une planche de 1 m 50 \u00e0 2 m pos\u00e9e en double \u00e9paisseur. Deux rainures sont faites sur le plat de ces planches afin de canaliser le ruissellement. Saint Jean d&rsquo;Arves \u00e9tait plus dirig\u00e9 vers le pays de la Grave que vers Saint Jean de Maurienne. Les cols de Martignare, de l&rsquo;Agnelin, et des Pr\u00e9s Nouveaux \u00e9taient des points de passage importants. L&rsquo;architecture t\u00e9moigne de cette influence. Si dans la vall\u00e9e les planches sont \u00e9paisses de 3 cm environ, en altitude, l&rsquo;\u00e9paisseur n&rsquo;est que de 2 cm afin de limiter le transport. D&rsquo;ailleurs la longueur de la p\u00e9riode de gel limite d&rsquo;autant plus l&rsquo;effet du pourrissement du bois. Le bardeau de m\u00e9l\u00e8ze r\u00e9siste bien mieux au pourrissement, s&rsquo;il est bien rouge (c&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas taill\u00e9 dans l&rsquo;aubier) il dure (parait-il) plus de 60 ans. En fait m\u00eame en \u00e9pic\u00e9a, il reste des toitures tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es qui sont en moins mauvais \u00e9tat que des toits de t\u00f4le galvanis\u00e9e plus r\u00e9cents. Que les bardeaux soient en m\u00e9l\u00e8ze ou en \u00e9pic\u00e9a, dans les 2 cas, ils deviennent gris argent\u00e9 en quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Il arrive que des gouttes d&rsquo;eau se faufilent entre les bardeaux, ou dans une fente, ou un n\u00cfud. Cela n&rsquo;est pas g\u00eanant quand il n&rsquo;y a que du foin en dessous, mais pour dormir dans ce foin, c&rsquo;est plus g\u00eanant. Pour un chalet transform\u00e9 en villa, il est possible de conserver l&rsquo;aspect ext\u00e9rieur de la couverture traditionnelle en mettant des bacs de t\u00f4le quelques centim\u00e8tres en dessous des bardeaux. Pour un chalet d&rsquo;altitude, il me semble pr\u00e9f\u00e9rable (selon les conseils de M. Blanc) d&rsquo;intercaler du feutre bitumineux (FEL&rsquo;X) entre les deux \u00e9paisseurs de bois. Chacune des deux couches de bois peut ainsi respirer et l&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 est pour l&rsquo;instant parfaite. L&rsquo;aspect int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur de la couverture est tout \u00e0 fait conserv\u00e9.<\/p>\n<p>Ces planches sont clou\u00e9es sur de forts liteaux avec des pointes galvanis\u00e9es. L&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 de la fa\u00eeti\u00e8re \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine assur\u00e9e en laissant d\u00e9passer au dessus du fa\u00eete les bardeaux du c\u00f4t\u00e9 du vent dominant. Mais l&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 n&rsquo;est pas tr\u00e8s facile \u00e0 assurer ainsi. Une fa\u00eeti\u00e8re en t\u00f4le aurait tout \u00e0 fait pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e au d\u00e9but du si\u00e8cle, l&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 est alors meilleure.<\/p>\n<p>La lauze est une grande (et lourde) pierre de plusieurs centim\u00e8tres d&rsquo;\u00e9paisseur. Elle a par exemple une taille de 40 cm sur 60 cm, avec un ou deux trous en haut pour la fixer sur le toit. En altitude, elles ne sont utilis\u00e9es que s&rsquo;il est possible de les trouver pas trop loin, dans l&rsquo;Arvan c&rsquo;est assez fr\u00e9quent puisque le schiste est dominant. Elles sont dispos\u00e9es par rang\u00e9es successives se recouvrant lat\u00e9ralement et verticalement.<\/p>\n<p>Les goutti\u00e8res sont constitu\u00e9es par un demi tronc d&rsquo;arbre de 1 \u00e0 \u00e0 15 cm de diam\u00e8tre creus\u00e9 en forme de rigole. Elle sont fix\u00e9es par un morceau de branche qui a une forme de crochet, ou \u00e0 d\u00e9faut, par un bout de planche d\u00e9coup\u00e9 (mais c&rsquo;est moins solide).<\/p>\n<p>Les murs en bois: En tout cas les pignons sont en bois, afin d&rsquo;a\u00e9rer le foin de la grange. En basse et moyenne altitude, le pignon est fait d&rsquo;une simple \u00e9paisseur de planches l\u00e9g\u00e8rement espac\u00e9es, ou bien d&rsquo;un tissage de branches d&rsquo;arcosses. En altitude, la neige et le vent imposent une plus grande \u00e9tanch\u00e9it\u00e9, la plupart du temps, avec une deuxi\u00e8me \u00e9paisseur de planches est pos\u00e9e en couvre-joint. L&rsquo;utilisation du m\u00e9l\u00e8ze dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Arvan \u00e9tait tout \u00e0 fait exceptionnelle, car ce bois est l\u00e0-bas beaucoup plus rare.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;exposition, le bois prend une patine argent\u00e9e ou brun rouge selon l&rsquo;exposition plus ou moins violente au soleil et \u00e0 la neige. Les murs en bois sont parfois badigeonn\u00e9 de chaux blanche pour prolonger leur conservation. Les fentes dans les planches ou entre les planches sont colmat\u00e9es pour se prot\u00e9ger des courants d&rsquo;air. Tout est bon pour cela, la bouse est en fait le plus pratique comme isolant (et cela ne sent rien), mais \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, de la toile cir\u00e9e d\u00e9cor\u00e9e ou des journaux coll\u00e9s ou fix\u00e9s avec des punaises sont tr\u00e8s souvent utilis\u00e9s autour des lits. Dans les cas graves, une t\u00f4le ou des planches sont appel\u00e9es au renfort.<\/p>\n<p>Les murs d&rsquo;\u00e9table sont plus simples, ils sont clou\u00e9s en une seule \u00e9paisseur, bord \u00e0 bord sur les poutres formant l&rsquo;ossature du mur (colonnes et pannes sabli\u00e8res). Si une pi\u00e8ce d&rsquo;habitation a un mur en bois, il est plus soign\u00e9, les planches sont souvent engag\u00e9es dans des gorges faites dans les poutres de la charpente, les planches elles m\u00eame sont de forte \u00e9paisseur (de 30 \u00e0 50 mm) et souvent bouvet\u00e9es ou au moins un couvre joint est pos\u00e9.<\/p>\n<h3><a name=\"6\"><\/a>6. Les murs en pierre<\/h3>\n<p>La pierre utilis\u00e9e est bien entendu celle qui est trouv\u00e9e sur place. La montagne est pleine de pierres, mais quand on cherche des pierres pratiques pour construire un mur, on en trouve beaucoup moins. Les plus belles faces des pierres sont dispos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, le milieu du mur est colmat\u00e9 avec de la terre prise dans les environs. Il faut qu&rsquo;un nombre suffisant de pierres fassent toute la largeur du mur, afin de solidariser les deux demi-murs, ces pierres sont plus dures \u00e0 trouver. Chaque pierre doit \u00eatre bien stable, \u00e9ventuellement avec des cales dispos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du mur. Les pierres qui sont en coin doivent \u00eatre dispos\u00e9es afin de ne pas \u00eatre chass\u00e9e du mur par la pression sur les pierres.<\/p>\n<p>Ce travail demande du soin, et de la patience car on a l&rsquo;impression que ce travail n&rsquo;avance pas. En restauration, on a tendance \u00e0 choisir dans les d\u00e9combres les pierres les plus commodes ce qui fait qu&rsquo;au bout d&rsquo;un temps il est n\u00e9cessaire d&rsquo;aller rechercher des pierres nouvelles pour compl\u00e9ter le stock disponible de belles pierres et de cales pratiques. La terre doit \u00eatre bien min\u00e9rale, il est pratique d&rsquo;utiliser la terre rejet\u00e9e par les marmottes en creusant leurs galeries, plut\u00f4t que la terre de surface qui comprend moiti\u00e9 de racines. Cette terre est malax\u00e9e avec de l&rsquo;eau pour servir de remplissage dans les trous entre les pierres.<\/p>\n<p>En vall\u00e9e, les murs sont souvent cr\u00e9pis avec du mortier de chaux et de sable terreux. Bien entendu le cr\u00e9pis de ciment n&rsquo;\u00e9tait pas utilis\u00e9, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avantage \u00e0 l&rsquo;utiliser non plus en restauration. D&rsquo;abord le cr\u00e9pis de ciment est \u00e9tanche, et l&rsquo;a\u00e9ration du mur n&rsquo;est pas suffisante, provoquant la condensation de l&rsquo;humidit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, comme dans un cir\u00e9 bien \u00e9tanche. De plus, les murs cr\u00e9pis de ciment ont une couleur qui n&rsquo;est pas celle du mortier traditionnel, et l&rsquo;utiliser est une faute de go\u00fbt comme d&rsquo;agrandir les fen\u00eatres, ou de renforcer un fauteuil Louis XV avec des corni\u00e8res apparentes en inox. Le mieux est donc de faire un mortier de chaux sans ciment, avec du sable local afin que le mortier ait la couleur des pierres du pays.<\/p>\n<p>Les murs des chalets \u00e9taient rarement mont\u00e9s avec un peu de mortier comme liant, cela n&rsquo;offre que peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat par rapport au mur mont\u00e9 avec de la terre. De toute fa\u00e7on, c&rsquo;est la stabilit\u00e9 individuelle de chaque pierre qui fait sa solidit\u00e9, surtout pour des murs qui ne font qu&rsquo;un \u00e9tage. Dans 50 ou 70 ans le b\u00e9ton de l&rsquo;arche de la D\u00e9fense ne vaudra plus grand chose mais le mur patiemment construit en pierre bien cal\u00e9es sera encore intact. Le cr\u00e9pis \u00e9tait par contre fr\u00e9quemment utilis\u00e9 en montagne, mais en altitude, seul l&rsquo;int\u00e9rieur de la cuisine est cr\u00e9pis pour \u00e9conomiser le transport.<\/p>\n<h3><a name=\"7\"><\/a>7. Les ouvertures<\/h3>\n<p>Les fen\u00eatres sont petites, la plus grande dimension est inf\u00e9rieure \u00e0 40 ou 50 cm. Il n&rsquo;y a pas de volets, parfois des barreaux.<\/p>\n<p>Les portes sont en planches, simplement clou\u00e9es sur deux ou trois renforts horizontaux, sans assemblage. <a href=\"http:\/\/chanin.net\/images\/Arriere.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/chanin.net\/images\/pArriere.jpg\" alt=\"\" width=\"387\" height=\"279\" align=\"Right\" \/><\/a>La porte d&rsquo;habitation est plus travaill\u00e9e, avec un encadrement clou\u00e9 sur la face ext\u00e9rieure, donnant l&rsquo;apparence d&rsquo;une porte \u00e0 caissons, et les planches ne sont pas simplement dispos\u00e9es bord \u00e0 bord, mais bouvet\u00e9es ce qui les rend plus \u00e9tanches. Il est classique de trouver aujourd&rsquo;hui des ouvertures consolid\u00e9es avec un Z, mais cet artifice est compl\u00e8tement inconnu en montagne. Sans ce soutien indispensable pour renvoyer le poids de la porte vers son support, pratiquement toutes les portes de la r\u00e9gion descendent du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 aux gonds. Au fur et \u00e0 mesure que le bois s\u00e8che et travaille, il faudrait d\u00e9clouer et resserrer les planches pour rattraper le jeux, mais le plus souvent, la partie qui frotte sur le sol est rabot\u00e9e, et un triangle est souvent ajout\u00e9 au sommet de la porte pour rattraper.<\/p>\n<p>Les clous des portes sont forg\u00e9s, avec une t\u00eate carr\u00e9e. Ils sont souvent utilis\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 former un d\u00e9cor. Les gonds sont enfonc\u00e9s \u00e0 la masse comme un gros clou dans le chambranle de la porte, et non pas viss\u00e9s. Les pentures forg\u00e9es sont clou\u00e9es sur la porte au niveau des renforts.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a jamais de chemin\u00e9e, le tuyau de po\u00eale sort d&rsquo;un mur par un trou, et fait un virage pour monter au dessus du toit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Architecture 1. La construction d&rsquo;un chalet 2. La situation du chalet 3. Am\u00e9nagement 4. La charpente 5. La couverture 6. Les murs en pierre 7. Les ouvertures Contact Architecture 1. La construction d&rsquo;un chalet La construction d&rsquo;un chalet en altitude n&rsquo;\u00e9tait pas un mince affaire. Le probl\u00e8me pour les chalets d&rsquo;altitude est bien entendu le &#8230; <a title=\"le chalet d&rsquo;alpage\" class=\"read-more\" href=\"http:\/\/chanin.net\/index.php\/le-chalet-d-alpage\/\" aria-label=\"En savoir plus sur le chalet d&rsquo;alpage\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":3,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-20","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/20","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20"}],"version-history":[{"count":8,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/20\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":262,"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/20\/revisions\/262"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/chanin.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}